Étude multicentrique sur un protocole rapide d’IRM mammaire

En décembre 2017, le Dr Guillaume Oldrini, praticien spécialiste à l’Institut de Cancérologie de Lorraine, a obtenu un Programme Hospitalier de Recherche Clinique national pour l’étude « Breast01, Validation de l’utilisation du protocole abrégé en IRM mammaire ». Cette étude multicentrique sur 1 400 patientes vise à optimiser l’occupation des unités d’IRM mammaire tout en préservant les capacités diagnostiques de l’examen.

IRM mammaire
IRM mammaire

Si l’on se réfère aux recommandations de bonnes pratiques de la Société européenne des spécialistes du cancer du sein (EUSOMA), les examens d’IRM mammaire durent 30 minutes.

Un protocole FAST d’IRM mammaire préservant la sensibilité et la spécificité de l’examen

Ainsi, l’IRM mammaire a des coûts directs et indirects élevés qui limitent son utilisation plus large, d’autant plus que les protocoles actuels d’IRM mammaire nécessitent un temps considérable pour l’acquisition et l’interprétation. En outre, comme c’est particulièrement le cas dans certains pays européens comme la France, le nombre d’IRM est actuellement insuffisant pour répondre à ses indications croissantes. Kuhl et al. ont été les premiers à montrer que l’utilisation d’un protocole abrégé (le protocole « FAST ») est réalisable sans compromettre la sensibilité et la spécificité par rapport au protocole conventionnel (le protocole « FULL »), dans une population de femmes dépistées par IRM.

Des temps d’acquisition divisés par cinq

Le protocole « FAST » correspond au protocole « FULL » qui s’arrête après la première série après injection. Alors que le protocole « FULL » comprend plusieurs acquisitions pondérées T2 et T1 avant injection et 3D tardives qui nécessitent 12 min 49 secondes d’acquisition, le protocole ‘FAST’ est limité au masque 3DT1 avant injection et à un 3DT1 après injection qui permet de diminuer fortement le temps d’acquisition à 2 min 52 secondes. L’utilisation d’un protocole « FAST » permet non seulement un temps d’examen plus court, mais aussi une interprétation plus rapide par le radiologue. Il promet d’avoir un impact considérable sur l’interprétation et peut devenir le standard pour le dépistage du cancer du sein dans un proche avenir.

Une étude par suivi systématique pour éviter les biais de sélection

Plusieurs publications concernant cette question importante ont souligné la capacité d’un protocole abrégé à détecter les cancers dans certaines indications particulières comme le bilan local de cancer, la discordance mammo-échographique ou le dépistage des patientes à haut risque. Il y a peu d’études sur le protocole abrégé pour les indications d’IRM mammaire habituelles. En outre, dans les études publiées rétrospectivement, le gold-standard est basé uniquement sur les lésions prouvées histologiquement, ce qui conduit à un biais de sélection. Le suivi systématique prospectif évitera un tel biais. Cette étude faisant l’objet d’un Programme Hospitalier de Recherche Clinique national (PHRC-K 2017), va tenter de démontrer une non-infériorité de la sensibilité du protocole « FAST » par rapport au protocole « FULL ». Les reproductibilités intra et inter-lecteurs seront évaluées pour les deux protocoles.

Des praticiens confirmés dans chaque centre pour comparer les protocoles FAST et FULL

Il s’agit d’une étude multicentrique prospective sur 1400 patientes dans les centres spécialisés français d’IRM mammaire. Chaque centre est un centre expert en France en IRM mammaire et les radiologues sont membres de la société française d’imagerie de la femme (SIFEM). Chaque IRM sera effectuée dans chaque centre selon le protocole « FULL ». Les soins aux patientes ne seront pas modifiés par l’étude puisque la lecture de l’IRM mammaire, pour l’étude, se fera en dehors des soins standard. Les patientes seront surveillées selon la pratique clinique habituelle. La lecture des deux protocoles « FULL » et « FAST » sera effectuée dans chaque centre par un radiologue expérimenté, de manière indépendante et dans un ordre aléatoire avec au moins un délai de deux mois entre les deux lectures. Toutes les patientes seront contactées par téléphone à 12 et 24 mois après la réalisation de l’IRM par une infirmière de recherche clinique pour déterminer si les patientes ont réalisé d’autre(s) imagerie(s) mammaire(s), quels en étaient les résultats et si elles présentent des pathologies mammaires.

Composante médico-économique et évaluation de l’augmentation du workflow

Une composante médico-économique évaluera les avantages d’un protocole abrégé s’il était appliqué dans la pratique réelle. Un modèle d’événements discrets sera également développé pour évaluer l’augmentation du workflow d’IRM due au protocole « FAST » dans les centres de cancérologie. Les informations recueillies seront également utiles pour effectuer un calcul des coûts du protocole ‘FAST’ par rapport à l’IRM classique. Cette étude clinique doit débuter courant 2018, avec une durée d’inclusion de 18 mois. Elle fait suite à une thèse de Doctorat de l’Université de Lorraine obtenue par le Docteur Guillaume Oldrini en décembre 2017 après 3 ans de recherches sur le dépistage en IRM mammaire au sein du CRAN (Centre de Recherche en Automatique de Lorraine, CNRS UMR 7039). Financée par l’INCa et la Direction Générale de l’Offre de Soins, l’étude est également soutenue par la Société Française d’Imagerie de la Femme.

Dr Guillaume Oldrini

Source : Étude multicentrique sur un protocole rapide d’IRM mammaire

Verso suit les praticiens vers une optimisation des unités d’IRM mammaire.

Les patients américains mal informés sur les examens d’imagerie qu’ils doivent subir

Les patients américains ont besoin d’informations sur les examens d’imagerie mais ne trouvent pas toujours des données pertinentes. Selon une nouvelle étude publiée en ligne dans la revue Radiology, les chercheurs ont constaté que la moitié des patients finissent par chercher eux-mêmes des informations alors que les sociétés savantes ont créé des sites dédiés.

RSNA

Pour répondre au besoin d’une médecine qui évolue vers une ère de soins centrés sur le patient, les efforts des acteurs de la radiologie se sont concentrés dernièrement sur la communication des résultats des examens d’imagerie aux patients.

Comment les patients américains s’informent-ils avant leurs examens d’imagerie ?

Mais, selon l’auteur principal d’une étude sur ce sujet et publiée dans la revue Radiology, le Dr Jay K. Pahade, professeur agrégé de radiologie à la Yale School of Medicine de New Haven (Connecticut), nous acoordons moins d’attention à la participation des patients avant et pendant l’examen. Au début de 2015, le Dr Pahade et ses collègues ont interrogé des patients dans trois hôpitaux pédiatriques et trois hôpitaux pour adultes américains. Les questions portaient sur leurs préférences à recevoir des informations relatives aux examens d’imagerie avant leur réalisation et quel type d’information ils trouvaient les plus utiles.

Au total, 1 117 des 1 438 répondants, soit 78%, ont déclaré avoir reçu des informations sur leur examen. « Cela signifie qu’une personne sur cinq se présente à l’examen sans aucune information sur l’exploration dont ils feront l’objet », a déclaré le Dr Pahade. « C’est une découverte importante dans le système de soins de santé d’aujourd’hui, car nous souhaitons plus d’engagement et de participation des patients. »

Les patients américains accordent moins d’importance à l’irradiation qu’à la préparation d’un examen

Les prescripteurs se sont révélés la source prédominante et préférée d’informations liées aux examens. Pour les informations préalables à l’examen, les personnes interrogées accordaient la plus haute importance à l’information sur la préparation à l’examen et le moins d’intérêt à une éventuelle alternative d’exploration non irradiante. Dans les hôpitaux pédiatriques, les répondants – généralement les parents – accordent une valeur encore plus élevée aux informations préalables à l’examen.

« Ces résultats montrent que ce que nous, radiologistes, pensons important pour les patients n’est pas nécessairement ce qu’ils expriment », a commenté le Dr Pahade. « Notre étude a révélé que les patients accordent plus d’importance aux informations de base liées à l’examen lui-même qu’à l’information relative à la dose de rayonnement. Nous devrions donc probablement nous concentrer sur ce point. »

Des recherches d’informations pas toujours pertinentes

Le Dr. Pahade a noté d’autre part qu’un manque d’information peut avoir un effet dramatiquement négatif sur l’expérience du patient. « L’anxiété est connue pour être plus élevée chez les patients non informés, a-t-il dit. Dans le domaine de la radiologie, nous devons prendre davantage la responsabilité de communiquer sur l’ensemble du processus d’imagerie ». Il existe une lacune importante au début de ce processus et les données montrent que nous avons du travail à faire pour combler ce fossé.

« La moitié des répondants a en effet déclaré chercher eux-mêmes de l’information, poursuit-il. Relier les patients aux ressources déjà existantes est un moyen facile et économique de s’assurer qu’ils sont bien informés. À Yale, les rappels de rendez-vous envoyés aux patients comprennent maintenant, avec l’heure et le lieu de l’examen, des liens vers des informations pertinentes sur RadiologyInfo.org, une ressource en ligne pour l’imagerie médicale, parrainée conjointement par la RSNA et l’American College of Radiology (ACR).

Augmenter la visibilité des sites d’information issus des sociétés savantes

Le Dr Pahade s’est joint au comité chargé d’examiner le site après la fin de l’étude. RadiologyInfo.org informe les patients sur les diverses techniques utilisées en radiographie, scanner, IRM, échographie, radiothérapie et autres. Et sur la manière de s’y préparer. Le site contient plus de 230 descriptions de procédures et de maladies couvrant la radiologie diagnostique et interventionnelle, la médecine nucléaire, la radiothérapie et la radioprotection, en anglais et en espagnol. Il propose également des vidéos de radiologues expliquant les examens d’imagerie communs.

« Nous devons augmenter la visibilité des sites qui fournissent une partie de cette information, conclut le Dr Pahade. La moitié de notre population étudiée a déclaré qu’elle essayait de trouver des informations par elle-même, mais qu’il y avait très peu d’usages de sites créés par les acteurs de la discipline, comme RadiologyInfo.org. »

Bruno Benque avec RSNA

Source : Les patients américains mal informés sur les examens d’imagerie qu’ils doivent subir

Verso accompagne les patients vers une information plus visible sur les examens d’imagerie.

Au plus profond des déterminants physiques de l’image scanographique

C’est une session d’un haut niveau scientifique qui nous a été proposée pour évoquer les nouvelles formes de reconstruction itérative nécessaires à une amélioration sensible des images scanographiques, à l’occasion du MDCT 2018. Le Pr Régent, le Pr Bricault et le Dr Pasquier ont exploré pour nous les déterminants physiques d’obtention d’une image de qualité.

MDCT 2018
MDCT 2018

Le symposium Scanner volumique (MDCT) 2018 a fait l’objet, le 30 janvier 2018 à Nancy, d’une session très pertinente sur les fondamentaux pour une meilleure pratique en scanographie.

Un niveau de dose minimum nécessaire pour une bonne appréciation des lésions de petite taille

Le Pr Denis Régent a tout d’abord fait un retour sur les constituants d’un bon rapport signal sur bruit. Il a rappelé en préambule que le contraste apparent perçu par l’œil humain était dépendant de la tonalité du fond de l’image, ce qui rend si important l’utilisation d’un fenêtrage dynamique. Il s’est ensuite attardé sur les deux composantes, propre et apparent, du bruit polluant les images radiologiques. Le bruit propre est quantique et ne peut pas être modifié alors que le bruit apparent est issu des différents effets de bords et pouvait faire l’objet d’un maquillage par changement de fenêtre ou intégration d’un algorithme. Il a toutefois souligné que la qualité diagnostique pour les structures de petite taille ne pouvait pas se satisfaire d’une dose d’acquisition trop basse.

Les différents facteurs de déformation du faisceau incident

Puis ce fut au tour du Pr Yvan Bricault d’aborder la crédibilité des valeurs de densité proposées par les constructeurs sur leurs machines. Il a tout d’abord rétabli une erreur communément faite dans la pratique: le scanner ne mesure pas une densité mais une atténuation du faisceau incident. Il a également confirmé les dires du Pr Régent sur les limites des reconstructions itératives pour la réduction du bruit. Ces reconstructions, a-t-il déclaré, traitent l’information reçue par chaque voxel, mais des facteurs géométriques liés à l’obliquité des rayons ainsi qu’au diffusé durcissent le faisceau. À cet égard, il a présenté comme pertinente l’utilisation d’un algorithme de type Model-based, qui prend en compte l’ensemble de ces contraintes.

Des paramètres très complexes pour améliorer sensiblement la qualité image

Enfin, le Dr Hugo Pasquier nous a orientés sur l’utilisation de ces nouveaux algorithmes de reconstruction des images scanographiqiues. Les technologies conventionnelles ne sont, selon lui, plus adaptées pour obtenir une qualité d’image pertinente. Il objective ainsi une répartition du bruit selon un spectre de fréquence (Noise Power Spectrum – NPS), qu’il a présenté en une équation mettant en jeu la région d’intérêt à étudier (ROI), leur nombre et la Transformée de Fourier. La qualité de l’image et la résolution spatiale sont ensuite déterminées par le niveau de dose et le niveau de contraste propre à chaque situation clinique. Pour optimiser les protocoles à partir de ces données, il est nécessaire d’utiliser la méthode « Model observer » pour obtenir un indice de détectabilité dépendant des données d’acquisition, de l’œil du radiologue et de l’adaptation clinique relative à la région à explorer.

Nous espérons identifier, à moyen terme, les applications pratiques de ces données hautement scientifiques pour les rendre concrètes et les voir utilisées au quotidien…

Bruno Benque

Source : Au plus profond des déterminants physiques de l’image scanographique

Verso accompagne les experts de l’imagerie vers une amélioration de l’imagerie scanographique.

 

 

Édouard Philippe : « On n’avancera pas sans les médecins » 1/2

« La santé est au cœur des priorités du gouvernement », assure Édouard Philippe qui maintient « toute sa confiance » à Agnès Buzyn et se défend de réduire son leadership. Dans un entretien exclusif au « Quotidien », le Premier ministre juge « essentiel » de « transformer en profondeur » notre système de santé « en ville comme à l’hôpital ». Tout est au programme : évolution des modes de rémunération, réforme des études médicales, nouvelle régulation des dépenses de soins de ville et virage numérique !

Crédit Photo : JOEL SAGET

LE QUOTIDIEN : Après avoir lancé le plan « déserts médicaux » en octobre, vous êtes intervenu le 13 février pour annoncer un plan de transformation du système de santé. Cette implication personnelle signifie-t-elle que la réforme de la santé est une priorité pour le gouvernement ? Votre initiative ne risque-t-elle pas de réduire le leadership d’Agnès Buzyn sur ce dossier ?

EDOUARD PHILIPPE : C’est mal me connaître. Agnès Buzyn a toute ma confiance et elle est aux avant-postes de cette réforme. Mon implication signifie que la santé est au cœur des priorités du gouvernement.

Notre pays a la chance d’avoir un système de santé doté de professionnels de très grande valeur qui nous permet d’avoir l’une des meilleures espérances de vie au monde. Mais ce système n’est pas parfait, quand on voit par exemple la trop faible place de la prévention ou les difficultés d’accès aux soins que rencontrent certains de nos concitoyens. Il est donc essentiel de le transformer en profondeur en faisant évoluer les organisations, en ville comme à l’hôpital. C’est la mission d’Agnès Buzyn, qui a déjà en quelques mois su prendre plusieurs décisions courageuses, comme sur les vaccins ou sur le tabac.

Quel jugement portez-vous sur l’action réalisée sous le quinquennat Hollande ? Des erreurs, des retards sont-ils imputables à la précédente équipe gouvernementale ?

Ces dernières années, on a vu se développer la chirurgie ambulatoire ou des modes d’exercice pluri-professionnels en ville par exemple. Mais les règles qui régissent le système de santé ont, elles, assez peu changé : les modes de rémunération, par exemple, n’ont connu que quelques ajustements à la marge. C’est ce décalage entre des aspirations au changement des professionnels et un système qui reste rigide qui crée aujourd’hui des tensions et des difficultés.

C’est tout cela qu’il faut transformer en profondeur et c’est le sens des cinq chantiers structurants que nous avons lancés : remettre au cœur de l’exercice la qualité et la pertinence, repenser le financement, accélérer le virage numérique, et mieux adapter nos ressources humaines et notre organisation territoriale des soins.

À Eaubonne, vous avez fait le constat de médecins épuisés. Comment redonner du sens à ce métier de soignant ?

Ce constat est effectivement partagé et nous devons y remédier. Le sens qui doit prévaloir est celui de l’intérêt du patient. En luttant contre les actes inutiles grâce à la pertinence ou en facilitant la coordination entre professionnels via les outils numériques et des modes de rémunération innovants, nous redonnons du temps aux soignants et du sens à leur engagement. Ce doit être notre seule boussole. Cela prendra un peu de temps bien sûr, mais je sais que tous les professionnels sont prêts à avancer rapidement.

Votre réforme « en profondeur » du financement des soins pourrait-elle déboucher sur une remise en cause des modes de rémunération actuels : T2A à l’hôpital et paiement à l’acte en ville ?

Les modes de rémunération doivent évoluer. La T2A à l’hôpital ne doit pas être supprimée mais doit être complétée : d’autres rémunérations prenant mieux en compte les parcours, la qualité, les missions de service public, la prévention, doivent être créées. C’est du reste le chemin qu’ont emprunté de nombreux pays qui étaient également à la T2A. Les rémunérations en ville doivent également évoluer selon les mêmes principes, en les adaptant.

Vous avez estimé la semaine dernière que « l’acte médical est toujours un acte important, jamais anodin ». Quel serait pour vous le juste prix d’une consultation ?

Justement, à l’avenir on ne raisonnera plus seulement avec cette grille de lecture. Les actes médicaux ne disparaîtront pas, naturellement. Mais selon qu’il s’agisse d’un suivi de maladie chronique, d’une consultation ponctuelle, ou d’une action de prévention, la façon dont on le rémunère ne sera pas nécessairement la même.

L’accent mis par le gouvernement sur la régulation des dépenses de ville fait craindre à certaines organisations de médecins libéraux un retour de la maîtrise comptable, voire l’avènement d’une médecine fonctionnarisée. Que leur répondez-vous ?

Il faut dire la vérité : maîtriser la croissance des dépenses de santé reste une nécessité. Depuis 2010, l’ONDAM a toujours été respecté. Pour autant, quand on y regarde de plus près, on constate que les dépenses de l’ONDAM « soins de ville », qui, soit dit en passant, ne contiennent pas uniquement les rémunérations des professionnels libéraux, mais aussi les prescriptions de médicaments, les arrêts de travail, ont plutôt eu tendance à dépasser leurs objectifs ces dernières années. Cela justifie donc que l’on réfléchisse, sereinement et collectivement, avec les professionnels, à de nouveaux outils. Quand nous parlons qualité et pertinence des soins avec la ministre, je crois qu’on est très loin de la maîtrise comptable.

Le « virage ambulatoire » semble plus que jamais dans les objectifs du gouvernement. Jusqu’où comptez-vous aller ? Nos hôpitaux sont-ils prêts ? Et la collaboration ville hôpital est-elle à la hauteur ?

Le développement de la chirurgie ambulatoire ces dernières années démontre, s’il en était besoin, que nos hôpitaux et nos cliniques savent s’adapter et mettre en œuvre de grands changements organisationnels. La prochaine étape concerne la médecine ambulatoire : dès cette année les tarifs T2A commenceront à inciter à son développement. Le défi est grand, pour les hôpitaux comme pour la ville ; il nous faut développer encore plus les liens ville hôpital, c’est un enjeu important pour le bon déroulement du parcours du patient. Mais je ne doute pas un seul instant qu’il sera relevé.

Vous avez confirmé une baisse imminente des tarifs hospitaliers. N’est-ce pas contradictoire avec les louanges que vous adressez au secteur ?

Le système fondé exclusivement sur l’acte, ou l’activité, amène mécaniquement à ce type de régulation. C’est aussi pour cela qu’il faut sortir de cette logique. La transformation proposée doit nous y aider. Et parce qu’il faut accompagner les professionnels qui vont conduire ces changements, nous avons dégagé 100 millions d’euros de ressources nouvelles par an, hors ONDAM, pour conduire le plan de transformation du système de santé. Ce changement est indispensable et nous voulons nous donner les moyens de le réussir, pour les patients, pour les soignants.

Dans votre ambition réformatrice, misez-vous particulièrement sur la nouvelle génération médicale ?

Les jeunes professionnels, qui sont d’ailleurs souvent des professionnelles, que j’ai pu rencontrer ont une envie de changement qui, me semble-t-il, est parfaitement en adéquation avec les lignes que nous avons tracées, qu’il s’agisse des modes d’exercice ou de l’organisation du système. Je compte bien sur leur implication et leurs talents pour aider à la transformation.

Vous ouvrez une réflexion « sans tabou » sur le numerus clausus, d’une part, et sur l’avenir des ECN, d’autre part. Faut-il supprimer ces modalités de sélection, emblématiques des études de médecine ?

Vous le rappelez vous-même : une réflexion sans tabou. Nous avons ouvert le temps de la concertation, il faut qu’elle aille à son terme. Puis nous déciderons. Mais à l’évidence, le fonctionnement actuel des études de médecine mérite une profonde évolution.

On entend souvent dire qu’on ne peut pas réformer la santé contre les médecins. Est-ce aussi votre analyse ?

C’est ma conviction. Les médecins sont au cœur de notre système de santé, il est évident que l’on n’avancera pas sans eux ! Mais tous ceux avec qui j’échange me disent la même chose : il faut profondément changer le système dans toutes ses dimensions. Je sais qu’ils y sont prêts.

Sur les questions de fin de vie et d’assistance médicale à la procréation, le gouvernement compte-t-il bouger ? Allez-vous calquer votre position sur les résultats des états généraux de la bioéthique ?

Les états généraux de la bioéthique se déroulent de janvier à avril, sous l’égide du comité consultatif national d’éthique, qui publiera ensuite un avis avant l’été. Laissons le débat se dérouler, un débat que je souhaite large et apaisé. Les décisions viendront ensuite. Sur la fin de vie, la priorité est d’évaluer la mise en œuvre de la loi Claeys-Leonetti, qui est encore très récente. L’IGAS remettra un rapport à la ministre de la santé en mars.

Le gouvernement penche pour la contraventionnalisation de l’usage du cannabis. Cela signifie-t-il que le débat sur la dépénalisation est clos ?

Le gouvernement n’est pas favorable à la dépénalisation de l’usage des produits stupéfiants dont fait partie le cannabis. Par contre nous considérons que la prison n’est pas la réponse adaptée. Il nous faut également mettre l’accent sur la prévention avant tout chez les plus jeunes.

Source : Édouard Philippe : « On n’avancera pas sans les médecins »

Verso Healthcare accompagne les professionnels de santé dans leur transition numérique

Lyon: La réalité virtuelle au service des patients pour les aider à réduire leur stress

TECHNOLOGIE Le centre anti-cancéreux Léon-Bérard de Lyon est l’un des premiers à avoir utilisé des casques de réalité virtuelle pour réduire l’angoisse de ses patients avant une lourde opération…

Au centre anti-cancéreux Léon Bérard de Lyon, les patients utilisent un programme d’auto-hypnose avant de se faire opérer, pour réduire leur anxiété. — Centre Léon Bérard

– Entre mai 2016 et mars 2017, plus de 500 patients du centre Léon-Bérard ont expérimenté la réalité virtuelle avant une lourde opération.

– 60 % d’entre eux reconnaissent que leur stress a diminué.

Encore ensuqué, Maxime confesse d’une voix lente qu’il a « piqué du nez ». Le jeune homme de 32 ans, soigné au centre anti-cancéreux Léon Bérard (CLB) de Lyon, s’apprête à passer sur la table d’opération d’ici quelques minutes. En attendant, le patient a bénéficié d’une séance de réalité virtuelle.

Le CLB est le premier centre en France à avoir eu recours à cette technologie pour réduire l’anxiété de ses malades avant de passer au bloc opératoire. Entre mai 2016 et mars 2017, plus de 500 patients l’ont expérimenté. Allongé sur un fauteuil, casque sur les yeux, Maxime s’est endormi au bout d’une dizaine de minutes. Les images plus vraies que nature en trois dimensions et à 360 degrés lui ont permis de s’immerger sereinement dans les fonds marins. Une alternative à la prémédication et aux médicaments sédatifs et anxiolytiques.

Programme d’auto-hypnose

« La bande sonore explique comment se détendre, comment relâcher ses jambes et se concentrer sur sa respiration sans chercher à la modifier », explique le jeune homme. Pendant ce temps, ses yeux suivent une baleine au fond de l’océan. Les mouvements de queue du cétacé vont rapidement lui faire lâcher prise.

« L’innovation n’est pas dans l’utilisation du casque, elle concerne l’application car il s’agit d’un programme d’auto-hypnose, note le professeur Hervé Rosay, à l’origine de ce projet, élaboré avec la start-up belgo-américaine Oncomfort. En temps normal, l’hypnose est prodiguée par un médecin ou une infirmière. Mais ils ne sont pas toujours disponibles au moment où l’on a besoin d’eux ». A Léon-Bérard, qui reçoit en moyenne 30.000 patients en hospitalisation par an, 30 à 40 salariés sont formés à l’hypnose. Ce qui reste malgré tout insuffisant.

Des séances de vingt minutes

« Cette pratique nécessite également d’être en forme et épuise le praticien. Elle demande de se plonger dans un état de transe ou du moins dans une phase analogue au sommeil. Les personnes habilitées à recourir à l’hypnose ne peuvent pas faire plus de deux séances par jour », poursuit le professeur. Et d’ajouter : « L’avantage de la méthode virtuelle est de pouvoir soulager le personnel soignant et traiter un plus grand nombre de patients ». Les séances durent en moyenne 20 minutes et peuvent aller jusqu’à 50 minutes pour les personnes les plus anxieuses.

Isabelle, infirmière, a été formée à l’hypnose il y a quelques mois. Elle salue cette initiative qui apporte selon elle « que du positif ». « C’est un petit geste supplémentaire, une façon d’apporter aux patients de la bienveillance. La plupart du temps, leur anxiété diminue grandement ». 60 % des patients affirment être trois ou quatre fois moins angoissés à l’issue de la séance et 30 % en moyenne finissent même par s’endormir.

« Meilleur vécu pour le patient »

« On sait qu’il y a un meilleur vécu pour le malade. Si on arrive à réduire son angoisse avant une opération, on va de fait diminuer la douleur pendant une intervention mais aussi après. Le patient sera moins hypersensible », rapporte Hervé Rosay.

D’abord utilisée en chirurgie ambulatoire, la réalité virtuelle est aussi préconisée dans les soins intensifs des grands malades. « On commence à s’en servir pour la gestion de la douleur, avant par exemple de faire des pansements douloureux sans anesthésie ou avant certaines biopsies, » poursuit le professeur.

« Ce sont des solutions onéreuses mais qui apporte un vrai plus dans les traitements. » Le centre Léon-Bérard possède actuellement deux casques, d’une valeur de 1.500 euros, auxquels il faut rajouter entre 60.000 et 100.000 euros pour la licence de l’application. « Ça ne va pas guérir un cancer mais cela participe grandement au bien-être des malades », conclut Hervé Rosay.

Source : Lyon: La réalité virtuelle au service des patients pour les aider à réduire leur stress

Verso Healthcare accompagne les hôpitaux dans la mise en oeuvre de solutions pour un meilleur parcours patients

Interview: « L’impression 3D fait de la dentisterie numérique une réalité »

Au cours des dernières années, la technologie d’impression 3-D a progressé à un rythme effréné et ses applications dans l’ingénierie de la santé ont augmenté en conséquence. L’étude de marché de la société Industry ARC prévoit que l’impression 3-D dans la santé globale continuera à croître de 18,3 pour cent par an jusqu’en 2020. Dental Tribune International s’est entretenu avec Stephan Winterlik, directeur des ventes des imprimantes de production dentaires de la société 3D Systems, sur la manière dont cette technologie peut être intégrée dans les cabinets dentaires et pour connaitre son avis sur l’avenir de l’impression 3D.

Stephan Winterlik est le directeur des ventes des imprimantes de production dentaire chez 3D Systems. (Photo : Systèmes 3D)

Quels avantages l’impression 3D offre-t-elle dans le domaine de la dentisterie ?
Actuellement, la majorité des appareils dentaires sont produits manuellement, un processus qui prend beaucoup de temps et qui n’est pas exempt d’erreur. L’impression 3D fait de la dentisterie numérique une réalité. Ainsi, l’impression 3D est de plus en plus utilisée pour les pièces d’utilisation finale. Par exemple, nous pouvons créer et imprimer directement une couronne numérique, un bridge ou des prothèses sans étape supplémentaire – Nous réalisons donc une pièce qui peut immédiatement être utilisée dans la bouche.

La vitesse et la précision qui peuvent être atteintes avec l’impression 3D sont très impressionnantes. Notre objectif est d’imprimer des couronnes en 15 minutes et d’obtenir des résultats immédiatement. C’est un gain de temps en évitant des processus lourds et grâce à la numérisation, l’appareil ou le dispositif est personnalisé et donc susceptible de s’adapter plus facilement dès la première fois, améliorant les résultats et la satisfaction des patients.

Les fournisseurs de soins dentaires commencent à proposer des solutions plus spécifiques et des gammes plus larges pour les laboratoires dentaires, ce qui pourrait mener, par exemple, à une solution « Plug & Play » pour l’impression en métal basée sur un flux de travail certifié qui inclut l’assemblage automatiques, la création du support et des solutions de démontage plus faciles pour les supports métalliques, ainsi que l’utilisation de poudre de cobalt-chrome ( CoCr ) certifiée CE pour les appareils médicaux .

Dans le marché européen, trouvez-vous que les services de CAO / FAO numériques sont plus courants en orthodontie ou dans les laboratoires de service complet ?
Chaque marché, pays et système d’assurance est différent. A mon avis le marché actuel de l’orthodontie pour aligners est plus adapté à la création de solutions au sein du cabinet dentaire. Certainement, les grosses entreprises d’aligneurs ont connu une croissance dans ce domaine, mais nous sommes loin de la saturation, de sorte que l’opportunité de croissance pour ce marché existe encore.

De grands laboratoires complets sont toujours en développement et s’adaptent au marché et la mondialisation et la numérisation sont des tendances clés.

Quelle sont les plus grands marchés nationaux pour l’ impression dentaire 3D en Europe?Certains pays adoptent-ils ces technologies à un rythme plus élevé ?
Nous considérons l’Allemagne, l’Autriche, la France, les Pays-Bas, l’Italie , la Grande- Bretagne et la Scandinavie comme des pionniers et des moteurs de la croissance en Europe. Cependant, d’autres pays suivent de près. Les principaux moteurs de développement de l’impression 3D incluent une économie prospère, une législation adaptée et la proximité entre laboratoire, cabinet dentaire et patient. Ces facteurs aident à déterminer la vitesse à laquelle un marché pourrait adopter des solutions d’impression numérique 3D.

Quels ont été jusqu’à présent les retours des professionnels dentaires qui utilisent latechnologie d’impression de 3D Systems?
Nos clients nous disent que les solutions 3D Systems offrent une vitesse d’impression, une qualité de surface et de précision supérieures ainsi qu’une large gamme de matériaux. Chaque jour, notre objectif est d’améliorer notre offre sur le marché dentaire et de créer des solutions d’impression 3D qui répondent parfaitement aux besoins des laboratoires, des dentistes et des patients. 3D Systems a investi des considérables ressources pour garantir des matériaux idéalement adaptés à l’industrie dentaire. Ainsi, l’année dernière , nous avons acquis NextDent, une entreprise qui développe des matériaux dentaires depuis une quarantaine d’années.

Comment voyez-vous l’avenir du marché européen de l’impression 3-D en dentisterie ?
Nous sommes enthousiastes à l’idée de participer à la croissance de la technologie d’impression 3D dans l’industrie dentaire. Si l’on réfléchit, il y a 7 milliards de personnes dans le monde et chaque personne a environ 32 dents. Cela équivaut à 210 milliards de dispositifs dentaires personnalisés qui pourraient être imprimés en 3D.

Cependant, cela prendra un certain temps pour développer la parfaite chaine logistique homologuée d’une imprimante adaptée au marché. L’impression 3D est encore à ses débuts sur le marché dentaire et au fil du temps, de nouvelles opportunités se présenteront d’elles-mêmes.

Dans un délai de 2 à 7 ans, je prédis que l’impression 3D va devenir composante classique de l’environnement dentaire et débouchera sur un nouveau flux du travail optimisé qui offrira de nouvelles possibilités. A terme, la combinaison de l’impression et du fraisage 3D sera la clé pour réussir l’intégration de cette technologie.

Enfin, pour nous, le sujet n’est pas la technologie en soi, mais ce que la technologie offre à nos clients, à savoir la vitesse, la précision et la personnalisation.

Merci beaucoup pour cette interview.

Source : Interview: « L’impression 3D fait de la dentisterie numérique une réalité »

Verso Dental est une offre de location financière permettant plus de souplesse dans les investissements des dentistes

Développement de la réalité virtuelle dans la formation des chirurgiens-dentistes

HUDDERSFIELSD, Royaume-Uni : Un chercheur de l’Université de Huddersfield a mis au point un système utilisant les innovations de la technologie de réalité virtuelle dans le cadre de l’enseignement et notamment de travaux pratiques de chirurgie dentaire orale et maxilo-faciale. Son projet vise à fournir des visualisations 3D précises de l’anatomie humaine et des interventions chirurgicales à l’aide de l’Oculus Rift, un affichage 360 ° de réalité virtuelle.

D’origine indienne, Yeshwanth Pulijala est un chirurgien-dentiste qualifié. Au cours de sa formation, il a été confronté au problème de mauvaise visualisation des procédures dentaires au bloc opératoire. Passionné de technologie et de design 3D il est convaincu de leurs bénéfices pour pallier aux éventuels déficits de structures et d’enseignement (éclairage, matériel, conditions…) et permettre aux étudiants et chirurgiens de parfaire et d’améliorer leurs gestes sur des opérations particulières. Aussi, il a déménagé en Angleterre pour poursuivre ses recherches sur l’utilisation de ces technologies de pointe.

Le Dr Y Pulijala a suivi un master 3-D medical visualisation à l’Université de Glasgow au cours duquel il a créé une application mobile appelée SurFace adapté à la rééducation des patients en chirurgie réparatrice orthognathique. Ceci l’a incité à exploiter, à l’aide de l’Oculus Rift, le potentiel de la réalité virtuelle dans le cadre de l’enseignement chirurgical. La commercialisation de l’appareil étant prévue pour le premier trimestre 2016, Y Pulijala actuellement étudiant en doctorat à l’Université de Huddersfield, a pu obtenir la version développeur dans le cadre de ses recherches.

Dans le cursus d’apprentissage des actes chirurgicaux, l’observation et les travaux pratiques sont des éléments importants pour les stagiaires et étudiants en médecine et en dentisterie. « Au cours de ces séances, les stagiaires apprennent en observant les procédures en temps réel. Toutefois tous les participants ne peuvent pas toujours suivre le déroulement de l’opération. Certaines fois, les salles sont bondées et dans le cas particuliers de la chirurgie buccale et maxillo-faciale les zones d’interventions comportent une densité importante de structures complexes confinées dans un espace limité. Tout ceci rend l’observation et l’apprentissage difficile. En outre, une réduction des heures de formation en chirurgie affecte sévèrement la formation des chirurgiens, » a déclaré le Dr Pulijala.

En conséquence, a-t-il poursuivi, « quatre stagiaires en chirurgie sur dix sont hésitants lors de l’exécution d’actes chirurgicaux. » Par conséquent, Y Pulijala a souhaité développé un outil qui puisse leur permettre de participer virtuellement à une opération. Son projet de thèse a pour objectif de fournir aux chirurgiens stagiaires la possibilité de voir, sans restriction, en gros plan et à 360 ° une intervention chirurgicale, ce qui pourrait améliorer considérablement la formation. Selon Y Pulijala, « si vous êtes un chirurgien stagiaire, portant un Oculus Rift, vous vous trouverez dans un environnement de salle d’opération chirurgicale et pourrez aussi « toucher » le crâne du patient et interagir avec lui ».

Y Pulijala s’attelle actuellement au développement du concept de ce projet et à la production de prototypes fonctionnels. A plus long terme, il envisage un système qui permettra aux chirurgiens stagiaires de pratiquer et d’effectuer des opérations virtuelles. « Mais pour le moment, il s’agit de créer une visualisation de haute qualité, d’interagir avec les données du patient et de voir leur anatomie dans les moindres détails », a-t-il conclu.

Si la réalité virtuelle pour la formation en chirurgie dentaire en est encore à ses balbutiements, pour d’autres spécialités médicales cette technologie a démontré son énorme potentiel. Ainsi récemment en France, une première opération dans le domaine orthopédique a été filmée en 3D et visualisable en réalité virtuelle grâce aux Oculus Rift. Grâce au financement de la fondation MOVEO, l’équipe du Docteur Thomas Grégory, chirurgien orthopédiste, enseignant à l’université de Paris Descartes et diplômé de science à l’Imperial College, a réalisé en 2014 à l’Hôpital Européen Georges Pompidou une opération de prothèse totale de hanche filmée en 3D grâce à deux caméras fixées juste au-dessus de ses yeux.

Avec l’apport de l’interactivité cette technologie servira aux étudiants mais également aux professionnels souhaitant réaliser plusieurs fois une opération virtuelle afin d’affiner leur geste chirurgical. Les travaux du Dr Pulijala, et d’autres chercheurs, permettra d’enrichir l’enseignement pratique de la chirurgie dentaire et l’aidera à prendre le virage de la réalité virtuelle.

Source : Développement de la réalité virtuelle dans la formation des chirurgiens-dentistes

Google veut utiliser l’IA pour détecter les maladies cardiaques

Grâce à l’analyse du scanner rétinien d’un patient, Google souhaite que son système détecte facilement les maladies cardiovasculaires.

Les équipes de Google et de Verily, une filiale d’alphabet, travaillent sur une intelligence artificielle capable de détecter les maladies cardiaques et ainsi prévenir les risques. En analysant un scanner rétinien, l’IA pourrait déterminer plusieurs données sur le patient, à l’exemple de son âge, son sexe, sa tension artérielle et le fait qu’il soit ou non fumeur. De fait, ces données peuvent être directement exploitées pour établir un potentiel risque. Ce système serait aussi précis que les méthodes médicales actuelles.

Pour entraîner le système, les chercheurs ont utilisé le machine learning : l’IA a analysé les données d’un total d’environ 30 000 patients. Les données contenaient des informations générales ainsi que des scanners ophtalmologiques. Par la suite, les réseaux neuronaux ont exploité ces informations pour établir des modèles permettant d’associer les signes d’un risque d’accident cardiaque.

Si Google a publié l’avancée de son travail dans la revue médicale Nature Biomedical Engineering, il faudra encore du temps avant qu’un tel outil soit fiable. Néanmoins, la méthode permettrait de détecter un risque plus vite et plus facilement.

De plus, la mise en service d’un outil médical basé sur l’intelligence artificielle serait le symbole du passage d’un réel cap. De fait, l’algorithmie serait en charge d’établir un pourcentage de risque pour le patient. Ce type de projets pourraient être l’origine d’une toute nouvelle vision médicale dans laquelle les machines, et surtout l’IA auraient beaucoup plus de marge de manoeuvre.

Bien que l’IA ne soit pas prête à être mise en service -Google n’a pas donné de date-, il serait un jour possible d’imaginer de tels systèmes travailler aux côtés des médecins. En tout cas, l’idée n’est pas si folle pour la filiale d’Alphabet.

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Google veut utiliser l’IA pour détecter les maladies cardiaques

 

Source :  Google veut utiliser l’IA pour détecter les maladies cardiaques

Verso Healthcare est expert en accompagnement des cardiologues

Comment l’assurance maladie veut rembourser les soins dentaires

L’assurance maladie veut moduler les remboursements des prothèses et réclame de fortes baisses de tarifs aux dentistes.

La ministre de la Santé Agnès Buzyn l’a promis pour la fin de l’année: on pourra soigner ses dents sans débourser un euro. Pour mettre en œuvre cette promesse du « reste à charge zéro », Nicolas Revel, le directeur de la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam) a dévoilé le 16 février son projet de convention tarifaire aux représentants des dentistes.

Dans ce document que nous avons pu consulter, la Cnam propose pour les soins prothétiques (inlay, prothèses, couronnes…), qui ne sont pas remboursés à 100 %, trois modes de prise en charge différents.

Le premier « panier de soins » couvrirait les besoins prothétiques essentiels — soit 46,6 % des actes — et éviterait toute dépense au patient. Les chirurgiens-dentistes devront faire un effort en baissant leurs tarifs de 388 millions d’euros (M€). Pour le deuxième panier, les dentistes devront réduire leurs prix de 174 M€ afin d’aboutir à un « reste à charge modéré ». Et, enfin, les tarifs resteraient libres pour les actes du troisième panier, plutôt haut de gamme et donc non remboursés.

Les soins sur les dents visibles mieux remboursés

Les niveaux de remboursement varieront en fonction de deux critères : la localisation de la dent et la nature du matériau utilisé. En clair, les soins sur les dents visibles (incisives et canines) seront mieux remboursés que ceux sur les dents intermédiaires (prémolaires) et les dents arrières (molaires).

L’objectif affiché est de « garantir l’accès de tous à des matériaux dont la qualité esthétique soit adaptée à la localisation de la dent concernée ». S’il faut soigner une dent du fond, on fera moins beau donc moins cher. Attention au sourire trop large : « Le dentiste posera des prothèses en céramique jusqu’à la première prémolaire, au-delà ce sera du métal, comme dans les années 1970 », expliquent les docteurs Olivier André et Stéphane Zenou, du think tank Agir pour la santé dentaire.

(ILLUSTRATION) Les dentistes sont invités à baisser leurs tarifs sur la pose des prothèses dentaires. LP/Gérald Moruzzi

Objectif prévention

Pour parvenir au « zéro reste à charge », la Cnam mise aussi sur la prévention (détection des caries, détartrage…), notamment pour les enfants de moins de 6 ans. « Il n’y a aucune mesure vraiment incitative à la prévention, regrette toutefois Stéphane Zenou. Il faut un vrai plan prévention sur dix ans pour rejoindre le Danemark, où l’on ne pose quasiment plus de prothèses », ajoute Olivier André.

Pour arriver au « reste à charge zéro », Nicolas Revel exige donc des dentistes 562 M€ de baisse de prix. En contrepartie, il relèvera le tarif de prise en charge des soins de base de 627 M€. Mais « seuls 400 millions finiront dans la poche des dentistes. Le reste sert à réduire le reste à charge des patients et compense une hausse de nos cotisations sociales », assure le président du think tank, pour qui « le compte n’y est donc pas ». Prochaine étape, la Cnam doit obtenir la signature des syndicats de chirurgiens-dentistes. Une nouvelle réunion est prévue mi-mars.

Source :  Comment l’assurance maladie veut rembourser les soins dentaires

Verso Dental finance les équipements pour les dentistes

PETRUS : une nouvelle technique hybride d’imagerie médicale non invasive ultra performante

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Actuellement en pleine ébullition, l’imagerie médicale pourrait bien avoir trouvé une technique inédite permettant d’observer de multiples facettes du vivant en temps réel et de manière non invasive.

Des équipes de l’Institut Langevin (ESPCI Paris – Université PSL / CNRS), de l’Accélérateur de Recherche Technologique (A.R.T. Inserm) en Ultrasons biomédicaux et du centre de recherche cardiovasculaire de Paris (Inserm / Université Paris Descartes) ont mis au point un nouvel instrument d’imagerie médicale associant la tomographie par émission de positons – « Pet-scan* » – avec l’imagerie ultrasonore ultrarapide, baptisé PETRUS pour Positron Emission Tomography Registered Ultrafast Sonography. Elles ont obtenu des images en trois dimensions où l’anatomie, le métabolisme, la fonctionnalité et même l’élasticité des organes sont parfaitement superposés.

Les chercheurs ont pu tester leur méthode à partir d’instruments commercialisés et assemblés sans modification majeure. Ils ont notamment imagé des tumeurs cancéreuses chez la souris, ou encore l’activité cardiaque chez le rat afin de tester la synchronisation des deux méthodes et la complémentarité des paramètres observés. Parce qu’elle permet de visualiser simultanément plusieurs paramètres biologiques fondamentaux sous forme de cartes paramétriques quantitatives, cette nouvelle imagerie reflète encore plus finement la complexité de la topologie du vivant.

Cette technique totalement a-traumatique d’observation du vivant en temps réel offre de nombreuses perspectives : explorer le lien entre le métabolisme et la vascularisation d’organes comme le cœur, le rein ou encore le foie, suivre de manière plus précise l’effet des nouveaux traitements sur le cancer, caractériser les suites d’un infarctus, etc. Développée dans un contexte préclinique, PETRUS est une technologie performante aisément traduisible cliniquement pour la recherche biomédicale.

Source : PETRUS : une nouvelle technique hybride d’imagerie médicale non invasive ultra performante

Verso est le spécialiste du financement des équipements médicaux pour l’imagerie médicale

Le gouvernement va généraliser le dossier médical partagé : de quoi parle-t-on ?

Le gouvernement inscrira la généralisation du dossier médical partagé (DMP), déjà expérimenté depuis un an dans neuf départements, dans sa réforme du système de santé. Le dispositif sera déployé à partir de la fin de l’année. L’occasion de revenir sur cet outil censé améliorer la prévention tout en réduisant les coûts.

Le « carnet de santé numérique » remplacera bientôt notre bon vieux carnet de papier écorné par le temps. Le Premier ministre Edouard Philippe et la ministre de la Santé Agnès Buzyn ont confirmé mardi que la généralisation du « dossier médical partagé » (DMP) serait inscrite parmi les mesures pour « transformer le système de santé », dont la feuille de route sera détaillée cet été.

Déjà expérimenté depuis un an dans neuf départements pilotes, dont la Haute-Garonne et les Côtes d’Armor, où 32.000 dossiers ont été ouverts, le DMP, facultatif, devrait être ainsi généralisé à partir de la fin de l’année 2018. Dans ces territoires, les assurés peuvent déjà, munis de leur carte vitale, créer rapidement (et gratuitement) leur dossier, en ligne, auprès de la CPAM ou d’un professionnel de santé.

Outil de partage et d’alerte

Le « carnet de santé numérique », à l’image du carnet traditionnel, comprend ainsi toutes les informations relatives à l’état de santé du patient, et peut être partagé avec l’ensemble des soignants intervenant dans son parcours de soins. Il est confidentiel, son accès est sécurisé, et il peut être fermé à la demande du patient.

Il mentionne donc les antécédents éventuels, les allergies possibles, les médicaments utilisés, les comptes rendus d’hospitalisation et de consultation ainsi que les résultats d’examens. Un gain de temps pour les soignants réguliers, mais aussi en cas d’urgence, selon ses promoteurs. Le patient, de son côté, peut aussi paramétrer une alerte email ou par SMS afin de bénéficier d’un rappel en cas de vaccination.

Enjeu financier

Dans son rapport public annuel 2018 publié la semaine dernière, la Cour des comptes a rappelé « l’attentisme coûteux » de la France en la matière. Une première mouture du DMP avait été suspendue en 2012, seuls 158.000 dossiers ayant été créés dans cette première phase pour un investissement de 210 millions d’euros. Interrompu entre 2012 et 2017, le système a coûté, pour son seul « maintien en conditions opérationnelles », 35 millions d’euros aux finances publiques.

La nouvelle version expérimentales, relancée au 1er janvier 2017 en association plus étroitement les professionnels de santé au sein des neuf départements, a connu plus de succès, selon la Cour des comptes, avec « environ 10.000 dossiers créés chaque semaine » dans les neuf départements d’expérimentation.

Un bémol toutefois : malgré la hausse du nombre de dossiers créés, la consultation des documents par les professionnels de santé « reste stable ». « Cette stagnation », conclut la Cour des comptes, « met en évidence le fait que l’entrée du DMP dans les usages des professionnels de santé reste le principal enjeu ».

Source : Le gouvernement va généraliser le dossier médical partagé : de quoi parle-t-on ?

Verso accompagne les professionnels de santé dans l’acquisition de nouveaux équipements permettant de répondre aux exigences réglementaires

« Le temps des rafistolages est révolu », lance Édouard Philippe qui ouvre cinq chantiers sur la santé

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C’était un grand « discours de la méthode », selon plusieurs responsables syndicaux. Sans citer Descartes – mais Maylis de Kerangal, auteure de « Réparer les vivants » – le premier ministre Édouard Philippe a annoncé ce mardi, à l’hôpital Simone Veil d’Eaubonne (Val d’Oise), les grands axes et l’agenda de « la stratégie de transformation du système de santé », sans dévoiler à ce stade de mesures très concrètes.

Aux côtés de la ministre de la Santé Agnès Buzyn, qui n’a pas pris la parole, Édouard Philippe a égrené les « faiblesses » du système de santé français avant de décliner cinq grands chantiers « pour passer d’un système cloisonné, fondé sur les soins curatifs tarifés à l’acte, une course aux volumes et une régulation budgétaire à un système tourné vers la prévention, la coordination, la qualité, l’accès aux soins ».

Miser sur la qualité des parcours

Première pierre de ce chantier, la qualité des soins et la pertinence des actes, priorité déjà évoquée par Agnès Buzyn. « Pourquoi fait-on deux fois plus de césariennes dans les Alpes-de-Haute-Provence ou en Lozère, que dans l’Yonne ou le Loir-et-Cher ? », interroge le chef du gouvernement, soulignant « des variations qui coûtent cher ». D’ici à cet été, les conseils nationaux professionnels (CNP) des différentes spécialités et le Collège de médecine générale devront proposer des actions pour améliorer la pertinence des soins.

Dans la même veine, la Haute autorité de santé (HAS) proposera dès cette année des indicateurs de « qualité des parcours » portant sur les dix pathologies les plus fréquentes, qui seront systématisés en 2019, et intégrés aux travaux sur les modèles de financement. La satisfaction des patients devra être systématiquement mesurée.

Une task force du financement

Si l’acte médical est un acte « important, jamais anodin », son financement a atteint ses limites, trop cloisonné, valorisant la quantité et non la qualité, tranche Edouard Philippe. À l’hôpital, l’enjeu n’est pas de supprimer la T2A mais de « rééquilibrer » le financement, indique Matignon, en y intégrant des objectifs plus collectifs et de nouvelles pratiques de soins ambulatoires et d’hospitalisation à domicile. Des expérimentations de financements innovants interviendront en ce sens, à la faveur de l’article 51 de la loi Sécu 2018.

Au-delà, le Premier ministre annonce « une réforme en profondeur du financement des soins » en France. Une « task force » pilotée par Jean-Marc Aubert, actuel directeur de la DREES, proposera des modèles de financement nouveaux d’ici à la fin 2019. Objectif : la fin de la logique inflationniste et la valorisation des logiques de parcours et de prévention, en ville comme à l’hôpital.

Le financement des soins reposera à 50 % maximum de tarification à l’activité. « On doit travailler pour trouver les 50 % restants », souligne l’ex-maire du Havre. La médecine de ville devra faire ce travail, ce qui commande un vaste chantier de diversification des modes de rémunération (à décliner dans la convention). Enfin, la ministre de la Santé devra formuler des propositions d’ici à cet été pour « améliorer la régulation de l’ONDAM », et notamment celui des soins de ville.

Au passage, le Premier ministre a précisé que les tarifs hospitaliers – à nouveau annoncés à la baisse au grand dam des fédérations hospitalières – intégreraient dès cette année une « forte incitation » à la médecine ambulatoire, au-delà de la seule chirurgie.

Cap sur numérique

Le numérique est le troisième chantier. Alors que la tarification de la télémédecine est actuellement négociée entre l’assurance-maladie et la profession, le chef du gouvernement fixe trois objectifs supplémentaires : « l’accessibilité en ligne pour chaque patient de ses données médicales », la « dématérialisation de l’intégralité des prescriptions » et la simplification du partage de l’information entre les professionnels de santé d’ici à 2022.

Pour y parvenir, une mission désormais unique « E-santé » sera créée au sein du ministère de la Santé. Cette mission coordonnera le pilotage des programmes soutenus par le Grand plan d’investissement, et veillera à la cohérence des projets comme le déploiement du dossier médical partagé (DMP) à l’automne 2018.

Réfléchir sans tabou au numerus clausus

Le quatrième chantier concerne les ressources humaines. Peu de nouveautés ont été dévoilées quant à la formation des futurs médecins. Outre le développement déjà annoncé des pratiques avancées en soins infirmiers, Édouard Philippe a rappelé la mise en place prochaine du service sanitaire des étudiants en santé, qui fera l’objet d’un rapport « ciselé », rendu très prochainement.

Les dysfonctionnements des études de santé devront, en parallèle, être corrigés indique Edouard Philippe, notamment « l’effroyable gâchis de la première année ». Des réflexions seront menées « sans tabou » sur le numerus clausus. Suppression, augmentation, variation : tout est ouvert.

La réflexion se poursuit aussi sur la réforme du deuxième cycle et l’avenir des épreuves classantes nationales (ECN). Des mesures législatives sont attendues au début de l’année 2019.

Améliorer la qualité de vie au travail

Le locataire de Matignon – qui reconnaît la souffrance, le découragement et parfois l’épuisement des soignants à l’hôpital comme en ville – veut redonner du sens à « l’engagement » des personnels hospitaliers. « Un travail doit être mené sur la gestion du changement et des organisations de travail au sein des établissements publics et privés », précise Édouard Philippe.

Un observatoire national de la qualité de vie au travail des professionnels de santé sera installé afin de dresser un état des lieux et de « traiter le mal à la racine ». Objectif : que les drames « qui ont concerné aussi bien des médecins à l’hôpital ou en ville, des internes ou des personnels soignants »ne se reproduisent plus.

Des expérimentations pionnières exemplaires

Dernier chantier : l’organisation territoriale. Au menu, la structuration des soins de ville… par les professionnels eux mêmes, « et non par l’État ». L’exercice isolé doit devenir « l’exception », prévient Edouard Philippe. La méthode proposée est assez originale. D’ici à fin 2018, un appel à projets sera lancé pour identifier « trois à cinq territoires » avec des modèles d’organisation « totalement nouveaux, qui prennent en charge la santé de toute une population ». 

La règle est de pouvoir accéder « très vite » aux soins du quotidien, mais aussi, quand c’est nécessaire, aux soins pointus. « Les groupements hospitaliers de territoire constituent une première étape, mais il y aurait beaucoup à dire sur la façon dont ils se mettent en place », assène le premier ministre.

La méthode ? Trois mois de concertation 

Place désormais à une concertation (territoriale et nationale) de mars à mai 2018, soit trois mois. Un brainstorming numérique est également prévu. Quant au financement de ces chantiers de transformation du système de santé, 100 millions d’euros y seront alloués annuellement en plus de l’ONDAM (objectif national de dépenses d’assurance-maladie). Ces moyens doivent permettre de mettre fin « au temps des rafistolages »… 

Source : « Le temps des rafistolages est révolu », lance Édouard Philippe qui ouvre cinq chantiers sur la santé

5 conseils à prendre en compte avant d’acheter un compresseur dentaire

Le compresseur dentaire est une machine à laquelle les praticiens portent généralement peu d’attention. Et pourtant, il est indispensable à votre pratique. Une panne de compresseur le matin et vous êtes bon pour annuler tous vos rendez-vous de la journée. C’est la raison pour laquelle plusieurs facteurs doivent être pris en compte avant d’acheter un compresseur. Dynamique Dentaire fait le point.

 

  1. Achetez un compresseur DENTAIRE et non « classique » 

Les forums de dentiste regorgent de questions et de commentaires sur les compresseurs dentaires. Vous trouverez toujours un praticien satisfait d’avoir trouvé son compresseur dans un magasin de bricolage pour un tiers du prix. Mais est-ce vraiment convenable pour un cabinet dentaire ? La réponse est NON ! La production d’air comprimé engendre de la condensation et entraine un fort taux d’humidité. Les compresseurs dentaires permettent une alimentation en air comprimé exempt d’huile, sec et parfaitement hygiénique, ce qui n’est pas le cas des compresseurs non réservés au domaine médical.Utiliser un compresseur lubrifié et non équipé d’un système de séchage de l’air fait courir un risque à vos patients en raison de la prolifération des germes mais aussi à vos équipements à cause de la corrosion précoce.

 

  1. Anticipez vos futurs besoins en air

Aujourd’hui, vous ne disposez peut-être que d’une unique salle de soin. Mais qu’en sera-t-il de demain ? Un collaborateur rejoindra peut-être votre équipe. Vous investirez probablement dans de nouveaux équipements gourmands en air. N’oubliez pas que d’autres machines en dehors du fauteuil, consomment aussi de l’air comprimé comme les systèmes de nettoyage des instruments dynamiques par exemple. Le choix de votre compresseur doit tenir compte de l’évolution de votre cabinet dentaire. Dans certains cas, il est même conseillé de s’équiper de plusieurs compresseurs avec un système de bypass.

 

  1. Prévoyez son emplacement en tenant compte du bruit

Il est conseillé de prévoir une salle technique dédiée à l’accueil de vos systèmes d’aspiration et d’air comprimé. Le compresseur dentaire doit être en effet installé, dans un local sec et ventilé, exempt de poussière. La température ambiante ne doit pas tomber en-dessous de +10 °C, car de l’eau de condensation risquerait de se former dans l’appareil et son fonctionnement ne pourrai plus être garanti. En cas de températures ambiantes supérieures à 40°C, il convient de prévoir une ventilation supplémentaire car attention, les cylindres et les culasses peuvent s’échauffer à plus de 110°C et provoquer un incendie !

Le compresseur dentaire doit toujours rester accessible pour son utilisation et sa maintenance. Certains équipements sur le marché sont d’ailleurs très compacts et peuvent s’installer dans de petites pièces.

Si possible, le local technique sera suffisamment éloigné de la salle de soins pour ne pas gêner l’équipe soignante et les patients. Un compresseur reste bruyant même si les fabricants dentaires ont beaucoup travaillé sur l’atténuation de leurs nuisances sonores ces dernières années, notamment en proposant des caissons d’insonorisation.

 

  1. Comparez ce qui est comparable

Inutile de comparer un compresseur classique à un compresseur dentaire : le premier sera évidemment bien moins cher que le second mais cela reviendrait à comparer des carottes et des poireaux ! En revanche, n’hésitez pas à vous attarder sur les différentes propositions qui s’offrent à vous : niveau sonore, pression de fonctionnement, encombrement, avec ou sans capot d’insonorisation, durée de garantie… autant de caractéristiques techniques et commerciales qu’il convient d’étudier avant de s’engager.

Interrogez votre distributeur sur son service après-vente

Le fonctionnement de certains compresseurs dentaires sont aujourd’hui contrôlés à distance par des logiciels, permettant une efficacité maximale et un diagnostic simplifié pour le technicien.  Il n’en reste pas moins qu’une panne de compresseur est bloquante pour votre activité. Avant d’acheter un compresseur dentaire, nous vous conseillons de prendre quelques renseignements auprès de votre revendeur. Demandez-lui quelle durée de garantie est associée à la machine et si des conditions de maintenance sont à prévoir pour la maintenir dans le temps. Vous pouvez également l’interroger sur ses délais d’intervention et sur le matériel de prêt dont il dispose pour ses clients en cas de panne.

Source : 5 conseils à prendre en compte avant d’acheter un compresseur dentaire

Verso accompagne les dentistes dans leurs investissements avec l’offre dédiée Verso Dental

Pr Alain Bernard: « Comment bien évaluer les innovations en matière de santé? »

En matière de santé, l’innovation doit être évaluée à l’aune d’essais cliniques, selon le professeur Alain Bernard.

L’innovation pour l’innovation n’a pas de sens en matière de santé. Son évaluation, lors notamment d’essais cliniques de qualité, est indispensable, rappelle le Pr Bernard, chef de pôle au CHU de Dijon.

La France aurait pris du retard dans la mise à la disposition des patients des innovations en matière de santé. Les raisons ont été identifiées dans différents articles. Le système de santé pourrait être l’une des raisons de ce retard, du fait de ses lourdeurs et contraintes administratives. Le principe de précaution peut parfois inhiber les acteurs et bloquer certaines décisions. Parmi les autres facteurs invoqués, les méthodes d’évaluation, notamment les études cliniques. Certains n’ont pas hésité à écrire que les études cliniques, comme l’essai contrôlé randomisé, sont dépassées et ne sont plus adaptées à l’évaluation de toutes ces innovations. Sans vouloir être provocateur, nous avons l’impression que cela ne les dérangeraient pas de proposer aux patients des technologies de santé sans avoir apporté la moindre démonstration de leur efficacité et de leur innocuité.

L’avènement des méthodes numériques dans le monde de la santé va obliger à faire évoluer les méthodes d’évaluation, tout en gardant la même finalité, qui est de prouver que ces nouvelles technologies de santé sont utiles aux patients. La réalisation d’études cliniques de qualité ne devrait plus être considérée comme une contrainte réglementaire. Bien au contraire, la seule façon de valoriser une innovation en santé dans l’intérêt du patient est de réaliser une étude clinique probante.

Récemment, une revue a classé les 10 meilleures innovations médicales de l’année 2017. L’une d’elles, qui a attiré notre attention, concerne un dispositif médical implantable censé traiter les symptômes de l’apnée du sommeil. Cette maladie est de plus en plus fréquente dans nos sociétés occidentales. Non traitée, elle peut avoir des conséquences graves pour le patient – elle peut notamment être responsable de maladies cardiovasculaires. De fait, cette technologie parait potentiellement très intéressante pour les patients. Elle a fait l’objet d’une étude clinique publiée dans une grande revue scientifique.

Innovation technologique ou innovation de santé?

Malheureusement, cette étude ne permet pas de savoir si ce dispositif médical fait mieux que les autres traitements qui sont proposés au remboursement actuellement. On attend d’un dispositif considéré comme innovant qu’il soit plus efficace que les autres traitements, sur la réduction des symptômes de l’apnée du sommeil, et prévienne la survenue des accidents cardiovasculaires.

Cette étude publiée dans une grand journal scientifique nous laisse sur notre faim. Elle ne contribue pas à valoriser à sa juste valeur ce soit disant dispositif innovant. L’innovation thérapeutique aurait eu tout son sens si, en comparant ce dispositif aux autres traitements, cette étude avait démontré une amélioration significative de l’état de santé des patients atteints d’apnée du sommeil. Elle nous interroge sur la nécessité de faire le distinguo entre une innovation technologique et une véritable innovation de santé, qui ait un impact favorable sur la maladie des patients par rapport aux thérapeutiques existantes.

Une réflexion doit toutefois être menée sur la méthodologie des études en fonction du contexte. Un accompagnement, mais surtout une anticipation pour la mise en oeuvre d’études cliniques probantes s’impose, devant le développement de la robotique et du numérique par exemple. Des pays comme les États-Unis ont mis en place des groupes de travail sur les données en condition de vie réelle. Les agences d’évaluation constatent que les sources de données cliniques en condition de vie réelle sont nombreuses et variées, les fameuses « big data », qui pourraient être utilisées pour l’évaluation de certaines thérapeutiques.

Mesurer la qualité de vie des patients

Il y a besoin de simplifier l’accès à toutes ces données, sans pour autant remettre en cause le dogme essentiel de la qualité des données. Cependant, pour ces mêmes auteurs, ces données ne remettent pas à cause les études cliniques que nous qualifierons de conventionnelles. Le choix du type d’étude doit être adapté à la problématique de la technologie de santé que l’on souhaite évaluer.

Des groupes de recherche se sont intéressés aux méthodes qui mesurent la qualité de vie des patients, qui est vraisemblablement insuffisamment prise en compte au cours des évaluations des produits de santé. L’e-santé va s’intéresser bien souvent aux parcours de soins des patients atteints de maladies chroniques, et l’évaluation de la qualité de vie devient essentielle, tout comme la préférence des patients. Ce rapide tour d’horizon des nouveaux enjeux montre que les études cliniques seront non seulement utiles mais indispensables. On ne fera pas l’économie des données sur la qualité de vie pour l’évaluation des nouvelles technologies.

La vraie difficulté, ce n’est pas l’étude en elle-même mais l’environnement réglementaire, qui peut décourager de mener à bien une étude clinique. Les nouvelles dispositions réglementaires vont-elles réellement simplifier et faciliter la mise en place des études cliniques?

Autre source de difficultés, la recherche de financements pour mener à bien une étude clinique. Dans notre pays, les sources de financement sont nombreuses mais souvent peu lisibles. Pour les petites entreprises, lever des fonds est un parcours du combattant.

En conclusion, les études cliniques conventionnelles sont toujours nécessaires pour l’évaluation des nouvelles technologies. Les études cliniques ne sont pas un frein au développement des innovations en santé. En revanche, la nécessité de mener une réflexion sur l’accès à des données de qualité doit s’imposer en France, comme c’est le cas dans d’autres pays. Chaque fois que c’est possible, une étude du plus haut niveau de preuve devra être proposée. Enfin, la mesure de la qualité de vie et de la préférence des patients devra faire partie des méthodes d’évaluation des nouvelles technologies impliquées dans des parcours de soins.

Le professeur Alain Bernard est chef de pôle au CHU de Dijon et ancien vice-président de la CNEDIMTS (Commission nationale d’évaluation des dispositifs médicaux et des technologies de santé) à la Haute autorité de santé.

Source : Pr Alain Bernard: « Comment bien évaluer les innovations en matière de santé? »

Verso conseil les professions de santé dans la mise en place de leurs projets en matière d’innovation technologiques

La santé numérique taclée

 

La grande machine du numérique en santé est relancée, mais elle est encore poussive, selon la Cour des comptes  qui a rendu son rapport sur le sujet le 7 février dernier. Premier point, la messagerie sécurisée de santé observe une avancée encore limitée. En avril 2017, environ 900 établissements de santé et 53 000 boîtes aux lettres ont été raccordés. L’objectif de généralisation pour 2017 n’a pas été atteint.

Relance du DMP, encore un effort !

Deuxième dossier chaud, la relance du dossier médical personnel. En juillet 2012, seuls 158 000 DMP avaient été créés, d’où la décision de le suspendre. Relancé le 1er janvier 2017, le nouveau dossier médical partagé atteint une vitesse de croisière, mais pas suffisante pour la Cour : 10 000 DMP sont créés chaque semaine, soit 40 % de créations de plus qu’en 2012. Le hic, les créations par les professionnels de santé ont diminué. Elles sont heureusement compensées par les hausses de créations sur Internet et en CPAM. Un autre obstacle relevé est le retard pris par la mise en place de la facturation individuelle des établissements de santé (Fides).

Un établissement sur six n’a pas de politique de sécurité des SI

Autre enjeu d’envergure pour ces derniers, la sécurité : un établissement sur six ne dispose d’ailleurs toujours pas de politique de sécurité des systèmes d’information. Surtout, insiste la Cour, l’effort financier pour maintenir la sécurité à un niveau « conforme au nécessaire » dans les établissements devra être encore plus important que maintenant. Enfin, dernière pierre lancée par la Cour dans le jardin des pouvoirs publics, alors que la loi du 26/01/2016 a rendu les normes d’interopérabilité opposables, aucune d’entre elles n’a été rendue opposable pour l’instant, ni aucun calendrier fixé.

Source : La santé numérique taclée

Verso accompagne les professionnels de santé dans leurs projets d’innovations technologiques

Cathétérisme robotisé: Robocath forme un comité d’experts

De grands noms de l’imagerie interventionnelle vont se pencher sur la stratégie thérapeutique à mettre en place pour l’utilisation des matériels de cathétérisme artériel robotisée. Ils feront partie du comité d’expert formé par la société Robocath.

Robocath, qui conçoit et développe des matériels de cathétérisme artériel robotisés, a annoncé le 30 janvier 2018 la formation d’un Comité Médical d’experts reconnus dans le domaine de la cardiologie interventionnelle. Le but de ce comité est de définir une stratégie clinique pour ce type de dispositif et de contribuer au développement des futures générations de matériels pour cette spécialité.

De grands noms de l’imagerie interventionnelle seront impliqués dans ce comité, comme le Dr Jean Fajadet,Co-Directeur de l’Unité de Cardiologie Interventionnelle de la Clinique Pasteur à Toulouse et Co-Directeur de l’EuroPCR, le Pr Alain Cribier, ancien Chef du Service de Cardiologie du Centre Hospitalier Universitaire de Rouen et inventeur du TAVI, ou le Pr Gregg W. Stone, Directeur de la Recherche et de la Formation pour le centre de thérapie interventionnelle du centre médical de l’Université de Columbia (New-York) et Directeur du TCT.

Paco Carmine

Source : Cathétérisme robotisé: Robocath forme un comité d’experts

Verso accompagne les experts en matériels robotisés.

MyLab™9 : Des capacités étendues en imagerie diagnostique et interventionnelle

Le nouvel échographe Esaote MyLab9, déploie une approche multimodale performante. Il permet la fusion d’images échographiques avec d’autres modalités. Sa technologie microV détecte les flux sanguins lents et la microvascularisation. Son interface tactile unique « easyMode » facilite l’optimisation des images en temps réel.

Esaote

Aujourd’hui, l’imagerie joue un rôle incontournable dans la médecine moderne et parmi les nombreuses modalités qui la composent, l’échographie occupe une place importante dans les pratiques médicales.

En tenant compte des nouvelles évolutions et exigences du radiologue et de son patient, ESAOTE a intégré dans sa nouvelle plateforme MyLab9 – de nouvelles normes en termes de clarté d’images, de flux de travail et de performances.

Une nouvelle approche multimodale !

MyLab™9 intègre des technologies qui présentent un impact clinique réel. Elles améliorent l’acquisition des images, la fiabilité des diagnostics et la prise en charge des patients.

Son approche multimodale permet un accès rapide à d’autres modalités d’imagerie et systèmes PACS, pour un suivi clinique et une fusion d’images immédiats.

Une interface utilisateur simplifiée !

« Dans la pratique clinique quotidienne, il est essentiel d’être à la fois précis et sûr de son diagnostic. La technologie‘’easyMode’’permet aux opérateurs de pratiquer les examens en se concentrant sur le patient, sans distractions ou paramétrages complexes du système. » Carlo Biagini, Docteur en Médecine, Radiologue, Florence, Italie.

« En pratique clinique, un échographe doit répondre à 2 objectifs : la qualité d’image et la simplicité d’utilisation…La simplicité d’utilisation, la qualité d’image, le workflow et d’autres technologies avancées ont été essentielles lors d’une ablation délicate à laquelle notre équipe a été confronté récemment. » déclare Alberto Martegani, Chef du département Ultrasons – Hôpital Valduce de Como, Italie.

La Fusion d’images – « Virtual Navigator »

L’une des technologies majeures du MyLab™9 est la fusion d’images multimodalités. Spécifiquement développée pour l’imagerie interventionnelle, la technologie de fusion d’images « Virtual Navigator » fournit une clarté et une précision additionnelles, notamment lors de procédures échoguidées. L’urologie est d’ailleurs une des applications qui s’appuient sur cette technologie.

À propos d’Esaote

Avec un chiffre d’affaires consolidé de 270 millions d’euros en 2016, le groupe Esaote est leader dans le secteur des équipements biomédicaux, notamment dans les domaines de l’échographie, de l’IRM dédiée et des logiciels de gestion des processus de diagnostic. Le groupe emploie actuellement 1 250 salariés. Grâce à ses propres unités de recherche et de production, situées en Italie et aux Pays-Bas, Esaote est reconnu comme l’une des dix plus importantes sociétés d’imagerie diagnostique dans le monde. Les informations sur Esaote et ses produits sont disponibles à l’adresse http://www.esaote.com.

© Copyright Esaote 2017

La technologie et les caractéristiques dépendent du système/de la configuration. Les spécifications peuvent changer sans préavis. Les informations peuvent porter sur des produits ou modalités qui ne sont pas encore approuvés dans tous les pays. Pour plus de détails, veuillez contacter votre représentant commercial chez Esaote. MyLab™9 est un dispositif médical de classe IIa à destination des professionnels de santé. Il intervient dans la pratique diagnostique. L’examen médical doit être réalisé par un médecin ayant compétence pour la pratique et la réalisation de ces actes. Celui-ci doit au préalable prendre connaissance et respecter les conditions et recommandations d’utilisation figurant dans la notice fournie avec le DM. Ce dispositif est un produit de santé réglementé qui porte au titre de cette réglementation le marquage CE0123.

Thema Radiologie avec Esaote

Source : MyLab™9 : Des capacités étendues en imagerie diagnostique et interventionnelle

Verso accompagne

 

Parc de modalités d’imagerie: l’INCa confirme les retards sur objectifs

Le Rapport de l’INCA relatif au Plan Cancer 2014-2019 fait état de réelles avancées quant à l’organisation de la prise en charge des patients. Mais sur les thèmes relatifs à l’imagerie médicale, des retards sur les objectifs fixés sont encore à déplorer.

INCa
INCa

L’Institut National du Cancer (INCa) a adressé au Président de la république son 4ème Rapport d’étape relatif au pilotage du Plan Cancer 2014-2019. Parmi les 208 actions prévues, plusieurs concernent, de près ou de loin, aux activités de l’imagerie diagnostique et thérapeutique.

Des progrès significatifs sur la dématérialisation et le partage des données de Santé

L’Institut a lancé notamment une dynamique d’expérimentation de dématérialisation des mammographies de dépistage dès 2016, afin de poursuivre l’amélioration de la qualité et de l’efficience du programme. Dans ce contexte, deux projets, en Alsace et en Île-de-France (départements 94-93-78), ont été retenus, auxquels s’ajouteront la Normandie et La Réunion. Sur le champ du numérique également, le Dossier Communicant de Cancérologie
(DCC), qui
permet l’échange, notamment entre la
ville et l’hôpital, des documents supports
de la coordination des soins et devient le socle des Réunions de Concertation Pluridisciplinaires (RCP), fait de plus en plus d’adeptes. Et le Dossier
Médical partagé (DMP), quant à lui, se déploie de façon significative puisque près de 1 000 000 de dossiers ont pu être créés fin 2017. Il permet aux praticiens d’échanger les données médicales du DCC de façon dématérialisée et sécuritaire.

Un nouveau mode de financement de la radiothérapie en cours d’évaluation

Concernant les parcs de modalités d’imagerie, le rapport stipule que le maillage territorial en appareils d’IRM/TEP est globalement satisfaisant, alors que les acteurs eux-mêmes, FNMR en tête, appellent à une augmentation des autorisations pour l’acquisition de ces modalités. Il reconnaît toutefois des disparités régionales et interrégionales et déclare que des mesures ont été prises pour le déploiement de nouveaux appareils d’IRM et de TEP, avec une augmentation prévue de 35% pour l’IRM et de 11% pour le scanner en Ile-de-France.

D’autres mesures sont prévues afin d’adapter le
modèle de financement de la radiothérapie, pour une meilleure prise en
compte de l’approche globale du parcours
des patients, adaptée à l’enjeu de maîtrise
des coûts. En 2016, une proposition de nouveau
modèle de financement, indexé sur la technique de radiothérapie utilisée, a été imaginée. Des centres volontaires, en hôpital public et privé ainsi qu’en cabinet de radiothérapie, ont participé à une phase de pré-test en 2017, préalable au lancement à plus grande échelle, en 2018, où sera évalué l’impact de la forfaitisation avant le déploiement effectif du nouveau modèle. D’autre part, l’INCa a lancé, en 2017, un autre appel à candidatures pour soutenir la formation d’un réseau national de recherche préclinique en radiothérapie pour créer une synergie pluridisciplinaire susceptible de renforcer l’innovation dans la conduite de projets précliniques.

De nouvelles professions pour la gestion du risque ionisant

L’INCa rappelle également, dans son nouveau rapport, l’intégration, par ordonnance du Gouvernement, de la profession de physicien médical aux professions de santé. Il rappelle que celui-ci apporte son expertise pour toute question relative à la physique des rayonnement, qu’il est chargé de la qualité d’image, de la dosimétrie et de l’exposition aux autres agents physiques qu’il s’assure que les équipements, les données et procédés de calcul utilisés pour déterminer et délivrer les doses et les activités des substances radioactives administrées au patient sont appropriés et concourent à une optimisation de l’exposition aux rayonnements ionisants. Sur le champ des ressources humaines également, l’Institut revient sur le nouveau décret d’actes du manipulateur (MERM), qui a la possibilité désormais d’exercer sans la présence d’un médecin ou de préparer, au sein d’une Pharmacie à Usage Intérieur (PUI), les substances destinées à la pratique de la médecine nucléaire.

Des retards conséquents sur certains objectifs fixés

La fin du rapport recense enfin les objectifs ayant plus de 9 mois de retard sur la feuille de route. Sans surprise, et nous l’avons évoqué plus haut, la réduction des inégalités territoriales et l’harmonisation les délais d’accès à l’IRM et à la TEP en font partie. La lisibilité de l’offre de radiologie interventionnelle n’a également pas évolué significativement, de même que la réflexion sur les évolutions nécessaires du dispositif réglementaire et tarifaire spécifique à cette discipline. L’équilibrage de l’offre en équipements de radiothérapie sur le territoire pour en réduire les délais d’accès fait également l’objet d’un retard, de même que. La régulation, au niveau national, de l’offre en équipement lourd. Enfin, la reconnaissance de la profession de dosimétriste en tant que profession de santé et l’intégration du radiophysicien dans le code de la santé publique se font également attendre.

Bruno Benque

Source : Parc de modalités d’imagerie: l’INCa confirme les retards sur objectifs

Verso accompagne les acteurs de la lutte contre le cancer pour atteindre leurs objectifs sur les modalités de l’imagerie médicale.

Bientôt de la perfusion quantitative et de l’imagerie moléculaire froide par scanner

Parmi les sujets présentés lors du MDCT 2018, le scanner spectral a été l’un des plus suivis. Les applications que cette technologie désormais mature peut encore faire émerger devraient faire évoluer significativement les pratiques radiologiques, selon le Pr Philippe Douek.

MDCT 2018
MDCT 2018

Le Symposium Scanner volumique (MDCT) 2018, qui s’est tenu les 29 et 30 janvier 2018 à Nancy, a permis aux nombreux acteurs de l’imagerie médicale présents de découvrir l’évolution d’une technologie d’avenir, le scanner spectral à comptage photonique.

Le Pr Douek, pionnier français du scanner à comptage photonique

Plusieurs présentations y étaient consacrées, signe d’une maturité naissante et d’un intérêt grandissant au sein de la communauté. Le Pr Philippe Douek, qui travaille sur un projet de développement de cette technologie depuis quelques années au Cermep, le centre d’imagerie multimodale in vivo lyonnais dédié à la recherche fondamentale et clinique, est revenu sur les bases physiques de ce système d’acquisition d’images qui cumule l’effet photoélectrique et l’effet Compton. « Les détecteurs du scanner spectral sont capables de transformer directement les photons en énergie et d’obtenir une densité différente selon le niveau d’énergie atteint », a-t-il annoncé en préambule. Ainsi, en une seule acquisition, il est possible d’obtenir différentes visions d’une même coupe, selon le niveau d’énergie, entre 40KeV et 120KeV, qui nous intéresse.

Obtenir des informations essentielles à bas kilovoltage

Cette technologie permet de réaliser également des reconstructions et des recombinaisons itératives, afin de distinguer les images à densité iodée et aqueuse ou de supprimer les densités calciques ainsi que les artéfacts créés par les matériels implantés. « Une des applications les plus intéressante est par exemple le défaut de perfusion pulmonaire, à l’occasion d’une embolie, que l’on visualise parfaitement avec un très bas kilovoltage (40kV) par une coloration noire du vaisseau pulmonaire, a-t-il poursuivi. Mais ce n’est pas tout ! Nous travaillons actuellement sur un prototype utilisant les informations relatives au K-edge, le pic d’absorption présent dans les courbes caractéristiques à chaque énergie. Il peut classer les voxels en niveaux d’énergie atteints. »

Perfusion quantitative et imagerie moléculaire froide

Ce nouveau champ de recherche ouvre la voie vers la discrimination des agents de contraste et la découverte de nouveaux niveaux d’opacification selon l’énergie considérée. Un projet européen accompagné par Philips et Bracco se propose ainsi, à l’horizon 2020, de développer des produits de contraste ostéo-articulaires, des procédures d’analyse de stent ou de la quantification de contraste. « Des expériences menées pour réaliser du contraste de lésion cérébrales avec des particules d’or, a annoncé le Pr Douek. On peut ainsi imaginer de nouvelles applications pour des agents de contraste à identifier pour obtenir une perfusion rénale ou réaliser un coroscan au gadolinium ! »

Le scanner spectral nous fournira donc bientôt trois niveaux d’informations: photoélectrique, Compton et K-edge, pour une nouvelle réduction des doses de rayons, une résolution encore améliorée et la possibilité de décomposer les matériaux. « Nous pourrons demain, grâce à cette technologie, faire de la perfusion quantitative ou de l’imagerie moléculaire froide, a conclu le Pr Douek. La seule contrainte, s’il y en une, est le volume de données généré par le scanner spectral à comptage photonique, de l’ordre d’1To par acquisition. »

Bruno Benque

Source : Bientôt de la perfusion quantitative et de l’imagerie moléculaire froide par scanner

Verso accompagne les acteurs de l’imagerie médicale vers l’évolution de nouvelles technologies.

Quelques réflexions acides sur la pratique radiologique

Dans un article expliquant pourquoi l’imagerie médicale est impliquée fortement par l’avènement de l’Intelligence Artificielle, le Pr Marius Fieschi assène quelques réflexions sur la compréhension des radiologues sur les pathologies de leurs patients ou sur leur passivité devant l’identification d’une anomalie par un outil d’aide à la décision. Les radiologues apprécieront…

Intelligence Artificielle
Intelligence Artificielle

Dans une tribune publiée dans www.dsih.fr, le Pr Marius Fieschi, professeur honoraire de santé publique à la faculté de médecine de Marseille, créateur du laboratoire d’enseignement et de recherche sur le traitement de l’information médicale (LERTIM), explique pourquoi l’imagerie médicale est en première ligne pour les usages de l’aide à la décision faisant intervenir l’Intelligence Artificielle (IA).

Des outils matures et une culture numérique acquise au fil des années

Il pointe tout d’abord la place importante prise par l’outil informatique dans la pratique des radiologues et de la culture numérique qu’ils ont acquise au fil des années. Cela se vérifie depuis l’acquisition des images, notamment pour l’imagerie en coupe, jusqu’à la gestion des comptes rendus en passant par le post-traitement des examens. Il objective également la maturité des processus de stockage et de partage des données, qui sont ainsi disponibles et standardisées en DICOM depuis longtemps.

Le Pr Fieschi revient enfin sur les raisons qui font que les autres spécialités médicales ne sont pas aussi impliquées dans les processus d’aide à la décision. La télémedecine est susceptible, selon lui, de les engager à intégrer plus souvent dans leur pratique les outils numériques, si les infrastructures évoluent pour notamment rendre les outils interopérables et les données facilement accessibles.

La compréhension d’une pathologie ne serait pas nécessaire pour interpréter une image

Mais une partie de son propos risque de faire grincer quelques dents dans la communauté radiologique. Il y annonce en effet que « l’activité courante de radiologie, la compréhension profonde du phénomène n’est pas nécessaire pour interpréter une image, identifier une anomalie ou une structure radiologique particulière » ou que lorsqu’un outil d’aide à la décision radiologique identifie une anomalie, « on est plus dans le constat, dans l’observation, qui sera immédiatement perçue par le professionnel sans besoin d’explication ».

Le Pr Fieschi a sans doute oublié que les radiologues sont susceptibles, de temps en temps, de faire des annonces à leurs patients et qu’ils ne le font pas à la légère, sans avoir au préalable étudié leur dossier et l’historique de leur maladie. Il a également mis sous silence leur participation de plus en plus active aux RCP, toutes spécialités confondues notamment. Les radiologues apprécieront…

Bruno Benque

Source : Quelques réflexions acides sur la pratique radiologique

Verso accompagne les professionnels de la radiologie et l’importance toujours aussi croissante de la culture numérique dans l’aide à la décision.