Essor de la télémédecine : « Nous sommes à un virage »

Jusqu’à présent expérimentale, la télémédecine est entrée depuis le 15 septembre dans le droit commun des pratiques médicales.

Jusqu’à présent expérimentale, la télémédecine est entrée depuis le 15 septembre dans le droit commun des pratiques médicales.

La télémédecine, un des remèdes à la pénurie de spécialistes ? Déjà déployée en Deux-Sèvres, la pratique est amenée à se développer.

Imaginez une cabine aux allures de capsule spatiale, installée dans votre pharmacie, capable de prendre votre tension, de mesurer votre fréquence cardiaque, de déceler une éventuelle fièvre ou d’effectuer un électrocardiogramme ; le tout en étant connecté avec un médecin à distance. Si ce e-cabinet médical n’a rien de futuriste puisqu’il existe déjà (1), il est loin de refléter la télémédecine telle qu’elle se pratique aujourd’hui en Deux-Sèvres.
Jusqu’à présent expérimentale et financée au coup par coup par l’Agence régionale de santé (ARS), la médecine à distance était essentiellement pratiquée entre hôpitaux.
“ Une révolution ” Mais depuis le 15 septembre, la télémédecine est entrée dans le droit commun des pratiques médicales : une consultation à distance par vidéotransmission entre un médecin et son patient est désormais remboursée par l’Assurance-maladie, et ce au même titre qu’une consultation classique.
« Une véritable révolution pour la télémédecine », estime Laurent Flament, chef de la délégation départementale de l’Agence régionale de santé (ARS Nouvelle-Aquitaine), confiant quant à l’essor de la télémédecine en Deux-Sèvres.

Avoir fait sauter le verrou du paiement de l’acte de télémédecine va favoriser son développement

Laurent Flament, chef de la délégation départementale de l’ARS Deux-Sèvres

« Cela change tout, nous sommes à un virage. Avoir fait sauter ce verrou que représentait le paiement de l’acte de télémédecine va favoriser son développement, c’est certain. Car technologiquement, tout est là. Il n’y a donc plus de frein. Le travail consiste désormais à organiser les soins entre les médecins ou établissements de santé qui réaliseront téléconsultations ou télé-expertises et les personnels d’Ehpad ou les infirmières qui, localement, accompagneront le patient. »
Améliorer l’accès aux soins est l’un des objectifs principaux de la télémédecine : un enjeu d’autant plus important en Deux-Sèvres, où la pénurie de médecins généralistes et spécialistes est particulièrement criante. « La télémédecine fait en effet partie des leviers pour répondre à la démographie médicale, commente Laurent Flament. Dans le sud-est du département particulièrement touché, on peut tout à fait imaginer des lieux de téléconsultation ou de télé-expertise où le spécialiste ne se trouvera ni à Melle ni à Saint-Maixent, mais dans un cabinet de ville, à l’hôpital de Niort, au CHNDS ou encore à Poitiers ou Bordeaux. » Toutefois, cette manière de soigner à distance n’a pas vocation « à remplacer les consultations physiques », précise Johan Malidin, chargé de télémédecine à la délégation départementale de l’ARS. « Il s’agit bien d’une solution complémentaire, qui s’adresse davantage aux spécialistes dans les secteurs tendus qu’aux généralistes. »

(1) La Consult Station a été développée en 2008 par l’entreprise H4D.

6.000. C’est, en euros, le montant de la subvention d’équipement délivrée à chaque Ehpad par l’Agence régionale de santé (ARS) si son projet de télémédecine est retenu. A terme, ce matériel pourrait bénéficier non seulement aux résidants, mais également aux personnes âgées habitant à proximité de l’établissement.

Au 31 juillet 2018, date butoir de dépôt des dossiers, on dénombrait parmi les porteurs de projets de télémédecine en Nouvelle-Aquitaine 430 Ehpad (dont 40 en Deux-Sèvres), 8 maisons de santé (dont 4 en Poitou-Charentes) et 17 prisons (dont celle de Niort). « Un beau potentiel, qui démontre à quel point l’ex-région est mobilisée sur le sujet », estime Jean- Christophe Drapier, chef de projet télémédecine au Gip Esea, à Poitiers.

Déployée de manière expérimentale, la télémédecine pourrait être déployée de manière importante les prochaines années en Deux-Sèvres.Déployée de manière expérimentale, la télémédecine pourrait être déployée de manière importante les prochaines années en Deux-Sèvres.

Source : Essor de la télémédecine : « Nous sommes à un virage »

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La médecine du XXIème siècle est digitale et déployée à tous les usages

Cette médecine nouvelle, stimulante tant pour le professionnel de santé que pour l’usager de la santé, apporte indiscutablement des compétences médicales nouvelles et de nouveaux métiers de la santé. Cette médecine du XXIème siècle est porteuse de formidables espoirs de performance pour prévenir et guérir les maladies et améliorer la santé des populations. La Société Française de Télémédecine s’en réjouit.

Toutefois, l’irruption de la santé connectée et de la télémédecine dans notre système de santé bouscule les organisations professionnelles traditionnelles. Le financement dans le droit commun de la Sécurité sociale de quelques millions de téléconsultations et de téléexpertises a démarré le 15 septembre 2018.
N’est-il donc pas urgent de se préoccuper de la formation des professionnels de santé à ces nouvelles pratiques ?

D’aucuns croient que la télémédecine n’est qu’une question d’outil de communication, « tout le monde sait téléphoner ! » , et qu’au pire les divers fournisseurs sauront bien faire les formations à leur usage. La Société Française de Télémédecine pense que la télémédecine est une question d’organisation professionnelle innovante qui nécessite une formation et un accompagnement au changement.

Pourquoi il est urgent de former aux pratiques de télémédecine :

L’exercice médical s’appuie sur les données acquises de la science médicale et le code de déontologie médicale. Il en est de même pour l’exercice médical avec la télémédecine incluant aussi l’usage de l’intelligence artificielle.
Le CNOM a toujours précisé que le même Code de déontologie médicale s’appliquait aux médecins lorsqu’ils pratiquent ou non la télémédecine. Toutefois, le manque de connaissances et de compétences comme le non recours à l’usage vont mettre en difficultés les médecins et les professionnels de santé.
Pris en tenaille entre improvisation et inexpérience face aux demandes des usagers, il n’est pas certain que tous les médecins, qui ont démarré la téléconsultation depuis le 15 septembre 2018, soient conscients des risques et des enjeux !

Quelles réponses possibles

La formation initiale de tous les aspects de la santé numérique doit être développée dans les tous les cursus des professionnels de santé. L’université est en marche en incluant dans les réformes du 2è et 3è cycles la thématique de la télémédecine et de la e-santé. Selon un sondage réalisé en 2017 par la Société Française de de Télémédecine auprès des doyens de Faculté de Médecine, la grande majorité des facultés ne l’a pas encore inclus dans les programmes de formation initiale.

Dans cette période intermédiaire, et sous l’impulsion de la Société Française de Télémédecine, un Diplôme Inter Universitaire de télémédecine a été organisée avec 7 universités françaises (Besançon, Bordeaux, Caen, Lille, Montpellier, Nantes). D’autres DU de santé connectée ont été créé. Ce DIU et ces DU s’adressent à tous les professionnels de santé et continueront à se développer, mais ils toucheront peu les médecins libéraux généralistes ou spécialistes, voire aucuns autres professionnels de santé en exercice.

La loi de modernisation du système de santé du 26 janvier 2016 l’a pris en compte en créant l’ANDPC (l’agence nationale du développement professionnel continu). La Société Française de Télémédecine souhaite que l’ANDPC puisse reconnaitre un DPC national de télémédecine proposé aux médecins libéraux comme à tous les professionnels de santé.

C’est la raison pour laquelle certains pays comme l’Australie ou les USA, exigent une certification préalable pour les médecins pratiquant la télémédecine. La France ne s’est pas encore engagée dans cette voie. Il faut rattraper le temps perdu, la formation des professionnels de santé à l’utilisation de la télémédecine est un véritable enjeu, il est devenu urgent de former comme de certifier tous les professionnels à la pratique d’une médecine de qualité au service des usagers !

Source : La médecine du XXIème siècle est digitale et déployée à tous les usages

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