Intelligence artificielle et santé, les propositions d’Ethik-IA

La France a-t-elle un message en matière d’intelligence artificielle (IA) ? Alors que ses chercheurs participent activement à la recherche fondamentale, elle serait distancée sur les applications industrielles. En attendant un éventuel rattrapage, l’Hexagone peut tracer la voie en matière d’encadrement éthique et juridique sur les ruptures technologiques en cours. C’est en tout cas l’objectif que s’est assigné Ethik-IA, une initiative qui marque le retour de David Gruson (photo) dans le secteur de la santé après son départ en septembre dernier de la Fédération hospitalière de France. Le créneau est en fait étroit, entre la dérégulation totale et le supra-précautionisme, attitude naturelle en France avec le risque de voir se développer l’IA ailleurs. Ethik-IA qui s’est entourée d’une équipe pluridisciplinaire (médecin, juriste, spécialistes en géopolitique…) souhaite introduire en réponse à ces deux dangers le principe de « garantie humaine » de l’IA. En cas de recours aux algorithmes pour le diagnostic médical, le patient par exemple doit être informé. Ce concept sera décliné dans les prochaines semaines en articulation avec la Société française de télémédecine via la présentation du dispositif de « télémédecine de garantie humaine ». La publication de notes de cadrages est également annoncée. Autant de thématiques qui seront également déployées dans la réflexion lors de la révision des lois de bioéthique.

Source : Intelligence artificielle et santé, les propositions d’Ethik-IA

Verso accompagne les enseignants, chercheurs en droit numérique, en technologies de l’information, experts en communication et en sciences humaines et sociales au service de la santé.

Inauguration du premier centre de santé départemental en France

Première en France, la Saône-et-Loire a inauguré ce jeudi le premier site de son centre de santé départemental.

Trois autres ouvriront dans les semaines à venir, à Autun, Chalon-sur-Saône et Montceau-les-Mines, pour compléter le dispositif de lutte contre la désertification médicale.

Matériel médical, magazines et jouets d’enfants, coin accueil : à l’intérieur du bâtiment jaune aux volets bleus situé en plein centre de Digoin, ville de quelque 8 000 habitants, tout est prêt pour accueillir, à partir du 6 février, patients et professionnels.

Dans ce département qui compte 110 médecins généraliste pour 100 000 habitants, contre 132 en moyenne dans le pays, 10 médecins généralistes ont été embauchés en décembre par le département qui espère en recruter une trentaine en tout d’ici à la fin de 2018. Sous contrats de 35 heures par semaine annualisées, pour une rémunération mensuelle entre 4 500 et 6 000 euros nets, ils seront répartis sur les 4 sites du centre de santé.

Certains d’entre eux sont de jeunes médecins, d’autres sont plus expérimentés, mais fatigués d’exercer en libéral. « Je vais diviser mon temps de travail par deux. Je suis très fier de participer à ce projet novateur », se félicite André Buttner, 61 ans, qui était jusqu’ici médecin rural dans l’Yonne. Quant au généraliste parisien Gérard Delafond, « son souhait est de faire moins de comptabilité et de (se) recentrer sur les soins médicaux »« C’est un vrai signe d’espoir » pour le maire de la ville, Fabien Genet.

Ce centre, dont le budget de départ s’élève à 2 millions d’euros « pour mettre en route la machine », ne vient pas « en concurrence avec la médecine libérale, au contraire. On souhaite la soulager en apportant une offre complémentaire », indique le président du conseil départemental, André Accary.

Source : Inauguration du premier centre de santé départemental en France

Verso accompagne les professionnels de la santé vers le développement des centres de santé.

3 089 établissements, 910 maisons de santé, 20 millions de passages aux urgences… : le système de santé déchiffré par la DGOS

dgos

La Direction générale de l’offre de soins (DGOS, ministère de la Santé) vient de dresser un panorama exhaustif et actualisé du système de santé français dans ses « chiffres clés », publiés cette semaine.

Plus d’hôpitaux, plus de séjours

On recense exactement 3 089 établissements hospitaliers en France : 1 389 sont publics (45 %), 1 009 privés à but lucratif (33 %) et 691 privés d’intérêt collectif (ESPIC, 22 %). Le parc hospitalier dispose de 408 245 lits (dont 253 364 dans le public) et de 72 789 places.

La DGOS comptabilise donc près de 400 hôpitaux de plus que dans son panorama 2015, où elle recensait 2 694 établissements – dont 947 structures publiques (35 %), 1047 cliniques et 700 ESPIC.

Autre nouveauté : le déploiement de 135 groupements hospitaliers de territoire (GHT) regroupant 891 établissements.

L’activité est en augmentation avec 18,6 millions de séjours MCO comptabilisés en 2016 (pour 12,2 millions de patients), soit un demi-million de plus qu’en 2015.

Les 645 services d’urgence ont enregistré 20,3 millions de passages et les services d’aide médicale urgente (SAMU) reçu 28 millions d’appels. Le ministère recense aussi 339 maisons médicales de garde (MMG) et 580 médecins correspondants du SAMU.

Le boom de l’ambulatoire

Depuis 2014 et le croisement des courbes de chirurgies conventionnelle et ambulatoire, la prise en charge en moins de 12 heures poursuit sa progression. Agnès Buzyn a fixé à 70 % le nouvel objectif de taux de recours pour 2022 (56,8 % aujourd’hui).

L’hospitalisation à domicile (HAD) a réalisé 4,9 millions de journées en 2016 pour 110 000 patients avec une moyenne de 27,6 jours d’hospitalisation. Une activité en progression mais encore minoritaire dans le paysage sanitaire français.

Davantage de médecins salariés

Tous modes d’exercice confondus, on recense 223 571 praticiens. Un peu moins d’un sur deux (105 872) travaille exclusivement en ville et 24 134 ont un exercice mixte. Le reste des effectifs se répartit entre 66 596 praticiens hospitaliers (30 % du total) et 26 969 autres salariés (12 %). Le nombre de salariés est en légère augmentation quand le nombre de libéraux stagne. La DGOS comptabilise également 28 737 internes et 42 800 étudiants en médecine.

Les maisons de santé pluridisciplinaires ont connu un essor rapide en cinq ans. En 2017, on dénombre 910 MSP contre seulement 174 en 2012… 1 933 centres de santé sont en fonctionnement.

La tutelle recense 30 plateformes territoriales d’appui (PTA, censées accompagner les professionnels lorsqu’ils se trouvent en difficulté dans la gestion d’une situation complexe) et 65 communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS).

Les aides et dispositifs de lutte contre les déserts médicaux montent en puissance. Depuis le lancement du dispositif en 2013, les jeunes médecins ont signé 2 281 contrats d’engagement de service public (CESP, permettant aux étudiants en médecine et odontologie de percevoir 1 200 euros par mois s’ils s’engagent à s’installer dans une zone sous-dotée pour une durée équivalente). C’est près de 500 de plus qu’en 2016.

Quelque 800 contrats de praticiens territoriaux de médecine générale (PTMG) ont été signés. Le contrat de PTMG vise à apporter une garantie de revenus pendant 2 ans à des jeunes médecins en contrepartie d’une installation dans une zone fragile (6 900 euros brut par mois) et une protection sociale améliorée en cas de maternité ou paternité. Le dispositif a été décliné en contrats de praticien territorial de médecine ambulatoire (PTMA).

2,5 millions de patients ont été pris en charge en télémédecine via les expérimentations ETAPES. Les négociations conventionnelles doivent faire entrer les téléconsultations et la télé-expertise dans le droit commun. 195 projets de télémédecine ont été financés par les agences régionales de santé (ARS), dont 80 % impliquent au moins un établissement et 42 % la médecine de ville.

Source : 3 089 établissements, 910 maisons de santé, 20 millions de passages aux urgences… : le système de santé déchiffré par la DGOS

Verso accompagne les professionnels de la santé vers le développement des centres de santé.

Des lentilles de contact connectées pour mesurer la glycémie

Lentilles Connectées
Lentilles Connectées

Un nouvel objet connecté entre dans le monde de la médecine, et il va améliorer la vie des personnes atteintes de diabète. Elles pourront ainsi contrôler leur taux de sucre dans le sang sans avoir besoin de se piquer le doigt pour analyser une goutte de sang.

Les innovations dans le secteur médical sont de plus en plus nombreuses. Il y a quelques semaines seulement, des chercheurs mettaient au point un patch qui permet de mesurer la glycémie d’une personne sans avoir besoin de prélever du sang. Aujourd’hui, une autre équipe de chercheurs vient de mettre au point un autre processus non intrusif pour réaliser cette tâche particulièrement récurrente et désagréable pour les personnes atteintes de diabète.

Ils ont mis au point des lentilles de contact extensibles et capables de surveiller le glucose sans déformer la vision du porteur. Cette lentille contient tous les composants électroniques nécessaires pour recevoir de l’énergie sans alimentation externe. Une fois le taux de sucre mesuré, les résultats sont transmis à la personne par le biais d’un affichage LED. Gregory Herman, l’un des chimistes ayant travaillé sur le projet s’exprime à ce sujet : « cela se rapproche d’une solution imaginable pour un patient ».

Pendant la conception de lentilles, ils ont également ajouté une fonctionnalité permettant aux porteurs de prendre des photos. Selon leur rapport, la qualité des images serait ‘correcte’. Ces chercheurs ne sont pas les seuls à s’intéresser aux lentilles connectées. En effet, une équipe basée en Corée du Sud aurait développé des lentilles de contact alimentées et contrôlées par des lunettes. Dans ce cas, les lunettes analysent directement le glucose et et les lentilles peuvent administrer les médicaments.

Pour le moment, les spécialistes précisent que le prototype devra subir de nombreuses modifications avant de pouvoir être proposé au grand public. Il s’agit tout de même d’un beau pas en avant dans le domaine médical.

Source : Des lentilles de contact connectées pour mesurer la glycémie

Verso suit les nouvelles innovations médicales, les lentilles connectées.