Actu des start-up: Multiwave Innovation conçoit des antennes IRM à ultra haut champ

Multiwave Innovation est la seule entreprise française qui conçoit et commercialise des antennes IRM. Elle a mené à bien un projet d’antennes à Ultra Haut Champ avec le concours de l’écosystème scientifique marseillais.

SATT Multiwave

 

C’est à Marseille qu’a été installée, en 2014, la seule modalité d’IRM à ultra-haut champ 7T du Sud de la France, au CEMEREM (Centre d’exploration métabolique par résonance magnétique) qui constitue l’implantation hospitalière du CRMBM (Centre de Résonance Magnétique Biologique et Médicale) à l’hôpital de la Timone.

Des antennes conçues pour les IRM à Ultra Haut Champ

Et c’est également à Marseille qu’est née, en 2016, la filiale française du groupe suisse Multiwave Technologies SA, spécialiste de technologies utilisant des métamatériaux, la société Multiwave Innovation. Cette start-up conçoit et fabrique des antennes IRM Ultra Haut Champ (UHC) grâce à la réussite d’un programme de maturation mené à l’Institut Fresnel, issu de la fusion de 3 laboratoires sur le campus de Marseille Nord, dans les domaines de la photonique, de l’électromagnétisme et de l’image, en collaboration avec la Société d’Accélération du Transfert Technologique du Sus-Est (ASTT Sud-Est).

Un projet de recherche devenu projet industriel

Cette dernière a pour mission de protéger, mâturer et licencier les résultats de recherche issus des laboratoires publics des Régions PACA et Corse. Elle a pour actionnaires les Universités d’Aix- Marseille, Nice Sophia Antipolis, de Toulon, d’Avignon et des Pays de Vaucluse, de Corse, l’Ecole Centrale Marseille, le CNRS, l’Inserm et la Caisse des Dépôts. Elle bénéficie d’autre part du soutien de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Marseille (AP-HM) du CHU de Nice. Elle a permis à Multiwave Innovation de faire éclore son projet et d’exploiter une licence exclusive du brevet d’utilisation, d’antennes de radiofréquence à base de métamatériaux pour l’IRM clinique à Ultra Haut Champ, copropriété du CNRS, d’Aix-Marseille Université, de l’Ecole Centrale Marseille et du Commissariat à l’Energie Atomique (CEA). Ce projet a également été soutenu par l’Institut Carnot STAR et France Life Imaging (FLI).

Rappelons que l’IRM 7T améliore significativement les résolutions spatiales et temporelles des images et donne accès à un diagnostic in vivo plus précis. Les antennes conçues par Multiwave Innovation, les seules fabriquées sur le territoire français, augmenteront encore sa performance.

Source : Actu des start-up: Multiwave Innovation conçoit des antennes IRM à ultra haut champ

Le CHU de Rouen innove pour financer sa nouvelle salle de rythmologie

Le CHU de Rouen a conclu un partenariat avec Medtronic et Philips pour l’achat d’ue salle de rythmologie. Le mode de financement de cette salle est très original pour une installation rédiologique.

Partenariat CHU Rouen

 

Le CHU de Rouen a inauguré, le 12 décembre 2017, une nouvelle salle de cardiologie interventionnelle dédiée aux procédures rithmologie.

Rien de plus normal, me direz-vous. Sauf que cette modalité fait l’objet d’un contrat de cinq ans avec les sociétés Medtronic et Philips, l’une pour le matériel de cardiologie pure, l’autre pour la modalité de radiologie interventionnelle Philips Azurion, une plateforme de dernière génération. Ce partenariat a été conclu afin de développer les prises en charge des patients, améliorer l’efficience des organisations et encourager l’innovation thérapeutique.

Mais cette convention public/privé va plus loin. Le CHU de Rouen n’a en effet pas sorti un centime pour l’achat de cette installation et a institué un système de paiement « à la procédure », un pourcentage étant versé aux deux sociétés partenaires pour tout acte effectué. Il espère ainsi faire des économies directes sur ces achats – on parle de 700 000 à 800 000 € -, mais aussi augmenter les actes réalisés en ambulatoire, grâce notamment à une meilleure gestion du parcours des patients.

Source : Le CHU de Rouen innove pour financer sa nouvelle salle de rythmologie

Oscult, l’échographie portable qui va remplacer le stéthoscope

#MedTech : Oscult, l’échographie portable qui va remplacer le stéthoscope#MedTech : Oscult, l’échographie portable qui va remplacer le stéthoscope#MedTech : Oscult, l’échographie portable qui va remplacer le stéthoscope#MedTech : Oscult, l’échographie portable qui va remplacer le stéthoscope

80% des personnes qui vont aux urgences n’ont pas besoin d’y aller. Avec un diagnostique à distance, le parcours santé serait simplifié et les procédures plus efficaces, explique Olivier Sautron, le président d’Oscadi. Et c’est bien ce que son produit, Oscult, compte faire.

Olivier Sautron est installé à Bras-Panon, à l’est de l’Île de la Réunion. C’est de cette petite commune à l’autre bout du monde qu’il développe et produit son appareil en cours de certification en Europe, agréé par Apple aux États-Unis et en essai clinique en Malaisie.

La distance, c’est le fort d’Oscult, un appareil et logiciel d’échographie miniaturisé sur iPad. L’appareil prend la forme d’une coque pour tablette à laquelle est reliée une sonde. Il est deux fois moins cher que les outils utilisés pour réaliser des échographies et doté de la qualité d’image, des fonctionnalités et des performances de l’iPad. Bienvenue dans le futur de la télémédecine.

De la géolocalisation à la médecine

Il y a quatre ans, Olivier Sautron ne connaissait rien à la médecine. Son truc c’était les téléphones. En 2001, bien avant l’iPhone, Olivier crée une startup qui fait se rencontrer GPS et GSM. Après une startup dans le SaaS, il passe aux accessoires d’iPhone. Il développe notamment un cardiofréquencemètre pour iPhone qui lui permet de travailler directement avec Apple.

En 2010, suite à une mésentente entre associés, il crée une nouvelle startup avec Thierry Payet. Grâce aux prouesses techniques de l’iPad, il peut enfin réaliser leur rêve d’étudiant : développer une caméra astronomique pour regarder les planètes. Faute de financement, ils changent leur fusil d’épaule et mettent leur technologie d’imagerie au service de la santé début 2013.

« Je cherchais quels appareils attacher à un smartphone et, dans la médicine, l’échographie est le seul appareil que l’on peut miniaturiser. Impossible de miniaturiser un IRM, impossible de miniaturiser un scanner » Olivier Sautron.

Cela a pris une dimension bien plus importante que ce à quoi il s’attendait, explique-t-il. « Moi ce qui m’intéressait c’était le défi technologique. Aujourd’hui, on en est à changer la méthode de diagnostique médical. On s’est rendu compte que l’échographie va vraisemblablement à terme remplacer le stéthoscope. »

Le futur de la médecine

Quand ce bon vieux stéthoscope teste deux organes internes – le poumon et le cœur – l’échographie, elle, peut en tester 30.  En suivant le protocole UCI 30 de University of California (UC), on peut ainsi découvrir des pathologies de la tête aux pieds. L’échographie, complète, très simple et ne nécessitant pratiquement aucune formation, va devenir l’outil indispensable pour les premiers diagnostiques, estime Olivier Sautron.

oscult

L’interface d’Oscult est tellement intuitive qu’avec elle, le délai d’examen passe de 30 minutes en moyenne sur un appareil classique à 10 minutes. Mieux, elle ne nécessite qu’une journée de formation.  En devenant portable et facile d’utilisation, l’échographie devient alors parfaitement adaptée à la médecine d’urgence. On peut l’imaginer sur les plateformes pétrolières ou dans les avions de ligne au même titre qu’un défibrillateur.  N’importe quelle personne formée pourrait alors manipuler l’appareil et laisser un ou une spécialiste médicale faire l’analyse et le diagnostique à distance.

Dans une dizaine d’années, Olivier en est convaincu, l’échographie rentrera même dans les bureaux et les maisons, et permettra d’assurer un meilleur suivi médical et de désengorger les urgences.  Aujourd’hui, l’appareil d’Oscadi coûte 15 900 euros. Dans le futur, Oscadi veut se concentrer sur le service – avec un modèle d’abonnement d’une centaine d’euros par mois – et laisser le hardware aux autres. « On a créé un appareil d’échographie parce qu’il n’existait pas d’appareil d’échographie simple, mais ce qui nous intéresse, c’est d’avoir plateforme mainstream qui sera utilisée par General Electrics, Philips et les autres. »

L’heure de vérité

L’entreprise semble bien partie. Grâce à sa présence en finale de TechCrunch Disrupt Europe en  2014, Oscult a été agréé par Apple. « Aujourd’hui, quand on dit qu’on est finaliste TechCrunch, cela nous ouvre toutes les portes et facilite les négociations » explique Olivier Sautron. Une belle opération pour cette startup qui n’a jamais participé à d’autres concours. « Parce qu’on est à l’Île de la Réunion et qu’on est inexistant sur la carte, c’était le seul moyen d’avoir un peu de visibilité et de montrer à l’écosystème startup que ce qu’on avait créé était d’un niveau international » justifie le fondateur. Depuis l’entreprise se concentre sur son développement.

Oscadi n’a pas encore les certifications internationales pour un usage humain mais, il y a déjà un an, la startup a vendu ses premiers prototypes à des cliniques vétérinaires réunionnaises, et un hôpital malaysien, avec qui travaille son partenaire américain Resuscitation Group, s’occupe du test clinique.

Dès que la certification CE médicale sera obtenue, Oscadi pourra vendre son produit aux urgentistes, qui ont besoin de faire des diagnostics dans les ambulances, et aux sage-femmes qui se déplacent beaucoup à domicile, surtout aux États-Unis.  Puis ce sera le tour des médecins généralistes, des professionnels et professionnelles de la santé et progressivement de tous et toutes.

De La Réunion au Monde

Jusqu’à présente, l’entreprise était volontairement isolée. « On est ni dans un technopole, ni dans un incubateur. On voulait aller vite et être autonome » explique Olivier Sautron. C’est à distance que l’équipe – qui compte désormais 7 personnes et 7 consultants et consultants – a vendu, formé et déployé sa solution.

Être à La Réunion a sur de nombreux points était un avantage. Le Crédit Impôt Recherche y est de 50%, contre 30% dans l’Hexagone, et le niveau de formation y est le même. Mais l’entreprise est si gourmande en talent qu’elle va bientôt devoir faire venir des ingénieurs et ingénieures de l’Hexagone.

En revanche, la startup pâtit de la réputation de la Réunion. « Quand on dit Outre-Mer, les gens pensent à la plage et aux cocotiers plus qu’à une entreprise agréé par Apple pour faire du matériel médical » constate Olivier Sautron. Pour palier ces images négatives et gagner en visibilité, l’entreprise sera désormais basée entre la Réunion et Station F à Paris, au sein du programme Outre-Mer network. L’objectif : rassurer les fonds d’investissement et obtenir le financement pour le développement commercial de la société.