L’imagerie médicale s’installe dans les blocs opératoires.

La chirurgie mini-invasive et la radiologie interventionelle permettent de réduire la durée d’hospitalisation : 5 jours en interventionnel contre 15 jours pour une opération chirurgicale classique. – Philips

La montée en puissance des équipements d’imagerie permet de multiplier les interventions chirurgicales sans « ouvrir » le patient.

L’imagerie vient de plus en plus au secours de la chirurgie. Ce mardi, le CHU de Rouen a inauguré une salle dédiée au traitement des troubles du rythme cardiaque d’un nouveau genre. Equipée de quatre outils de « cartographie » reconstituant une image 3D de la cavité cardiaque, cette salle permet de détruire les tissus cardiaques malades en s’appuyant sur les images du système combinées à celles d’IRM, de scanner et d’échographie. Elle a été conçue par Medtronic et Philips.

Dans le même hôpital, Siemens Healthineers a installé, il y a trois ans, une salle de chirurgie cardiaque dite « hybride », c’est-à-dire pouvant être utilisée à la fois pour la chirurgie classique et pour les interventions percutanée (sans « ouvrir » le patient), comme la dilatation des artères coronaires ou le remplacement de valves cardiaques. A la clinique Pasteur de Toulouse ou à l’hôpital Marie Lannelongue du Plessis-Robinson, un des leaders mondiaux dans le traitement des maladies cardiovasculaires et pulmonaires graves, c’est General Electric Healthcare qui a fourni le matériel.

Des avantages en termes de sécurité

Les grands de l’imagerie ont tous créé leur division spécialisée pour se positionner sur ce marché de 17 milliards de dollars en forte croissance, où il n’est pas tant question de vendre du matériel que «  d’apporter au client une solution complète répondant aux problématiques spécifiques de son site  », explique Olivier de Deuille, qui dirige l’activité « Advanced Therapies de Siemens Healthineers en France.

Or, « le recours à la chirurgie mini-invasive – réalisée par les chirurgiens – ou à la radiologie interventionnelle – exercée par les radiologues – est une tendance de fond promise à un fort développement », explique-t-on chez GE Healthcare. A Marie Lannelongue, on observe une progression de 30 % par an des procédures mini-invasives. Elles présentent des avantages en termes de sécurité (moins de risques d’infection) et de confort, qui autorisent à traiter des patients jusque-là inopérables avec la chirurgie conventionnelle.

Mais ces approches permettent aussi de réduire la durée d’hospitalisation : 5 jours en interventionnel contre 15 jours pour une opération chirurgicale classique, estime-t-on à Marie Lannelongue

Les yeux du chirurgien

Ce changement n’est possible que grâce à l’imagerie. « Lors des procédures percutanées, les équipements d’imagerie interventionnelle sont les yeux du chirurgien », explique-t-on chez GE Healthcare. Ce sont eux qui permettent au praticien de visualiser l’impact de leurs gestes sur la lésion.

S’agissant de cardiologie, domaine le plus en pointe en radiologie interventionnelle, ces équipements comprennent généralement un appareil de visualisation des vaisseaux, qui fournit des images dynamiques, un scanner qui fournit des images 3D plus précises et, un échographe, voire une IRM, pour une meilleure exploration des tissus mous. Toutes les images qui en résultent peuvent être visualisées en parallèle et enrichies grâce à d’autres images préalablement acquises, voire fusionnées entre elles.

Ultime amélioration présentée par GE et Siemens lors de la conférence 2017 du secteur à Chicago : un matelas conçu pour pouvoir passer d’un type d’imagerie à l’autre sans qu’il soit nécessaire de déplacer le patient. La sécurité du malade, dont on ne change pas la position, se trouve encore améliorée par ce dispositif adapté aux salles qui disposent des différents types d’imagerie (exceptée l’IRM). Une configuration qui se développe de plus en plus.

Source : L’imagerie médicale s’installe dans les blocs opératoires.

Médecine connectée : les données c’est la santé

Le premier médicament connecté est en passe de commercialisation aux Etats Unis. Cette nouvelle nous fait-elle entrer dans médecine connectée ? Qu’est ce que la médecine connectée ou télémédecine ? Et l’e-santé ? De quelles technologies parle-t-on, dans quels domaines et pour quelles maladies ?

La santé connectée

Il y a un mois, le 14 novembre dernier, la FDA, la Food and Drug Administration aux Etats-Unis a autorisé la vente du premier médicament connecté : une pilule neuroleptique qui agit sur plusieurs troubles psychotiques, l’objectif étant de recueillir des données pour s’assurer de sa prise par les patients. Et c’est là tout le paradoxe que pose aujourd’hui la e-médecine, ou médecine connectée. Entre d’une part le spectre d’une surveillance médicale incompatible avec la liberté d’observance individuelle et de l’autre l’utopie d’une médecine pour tous, totalement individualisée et enfin libérée du dictat du monde médical.

Médecine connectée : les données c’est la santé. C’est le problème qui va occuper La Méthode scientifique dans l’heure qui vient

Et pour évoquer ces questions et la promesse d’une médecine numérique accessible à tous, nous avons le plaisir d’accueillir aujourd’hui Cécile Monteil, médecin aux urgences pédiatriques de l’hôpital Robert Debré, directrice médicale d’AdScientiam, start-up qui allie recherche médicale, santé mobile et objets connectés, rattachée à la Pitié Salpêtrière et Nicolas Postel-Vinay, médecin dans l’unité hypertension artérielle de l’hôpital Georges Pompidou en charge de télémédecine et d’éducation thérapeutique et fondateur du site automesure.com.

Le reportage du jour

En quoi la télécardiologie facilite-t-elle le le suivi du médecin et la vie du patient à risque de troubles cardiaques ? Reportage à l’Institut de Cardiologie de l’hôpital de la Pitié Salpêtrière avec le Dt Caroline Himbert. Par Céline Loozen :

Écouter le reportage :

La France achève la numérisation de son parc d’imagerie

Le passage au numérique avec, ici, l’appareil de Philips- apporte une sensibilité accrue qui permet de détecter des lésions actives encore plus petites mais aussi de déterminer plus tôt si un traitement est efficace – Carl Fowler

Les CHU de Dijon et Nancy viennent de changer les derniers types d’appareils d’imagerie, qui n’étaient pas encore au numérique.

Qu’il s’agisse de scanner, d’IRM ou de mammographie, les centres français d’imagerie publics et privés ont basculé progressivement vers le numérique au cours des vingt dernières années, au gré du renouvellement des équipements. A une exception près, les TEP- Scan. Apparus au début des années 2000, ces appareils combinent deux types d’imagerie : le scanner qui donne des images précises des organes après reconstruction en trois dimensions et la Tomographie à émission de positons (TEP) qui apporte des informations sur le fonctionnement des organes au niveau moléculaire après injection d’un radiotraceur . « Le TEP Scan est devenu un outil de choix pour diagnostic de maladies comme les cancers ou les démences mais aussi pour suivre l’effet des traitements », explique Gilles Karcher, responsable du service de médecine nucléaire du CHU de Nancy.

Des équipements 2 à 4 millions d’euros l’unité

Mais depuis cet automne, la France amorce aussi le virage numérique pour ses TEP-Scan, maintenant que deux constructeurs, Philips et General Electric, en proposent à 2 à 4 millions d’euros l’unité. Le centre de lutte contre le cancer Georges-François Leclerc et le CHU de Dijon ont choisi celui de GE tandis que le CHU de Nancy a opté pour Philips.

Troisième grand acteur de l’imagerie, Siemens n’a pas encore de TEP Scan numérique mais les performances de ses machines restent très bonnes car le constructeur se distingue par la qualité d’un autre des composants du TEP Scan : les cristaux chargés de capter le rayonnement émis par le radiotraceur (la substance radioactive injectée).

Qu’apporte ce passage au numérique ? « Une sensibilité accrue qui permet de détecter des lésions actives encore plus petites avant même l’apparition de symptômes, explique-t-on chez General Electric. Cela permet aussi de déterminer plus tôt si un traitement est efficace en identifiant des changements dans le métabolisme des cellules avant même que la taille de la tumeur ne diminue ». A l’inverse, en l’absence de tels changements, on pourra plus rapidement opter pour un autre traitement.

La durée de l’examen diminue

Mais au-delà du bénéfice clinique , le patient y trouve son compte de deux autres manières. « Tout d’abord, la durée de l’examen diminue d’un facteur 10 avec notre équipement », explique-t-on chez Philips. D’où une moindre exposition du patient aux rayons X. En outre, la dose de radiotraceur peut elle aussi être divisée par 2 dans le cas de Philips. Enfin, dernière conséquence, « la possibilité d’observer en temps réel la fixation du radiotraceur et d’obtenir ainsi des informations dynamiques là où on n’avait jusque-là que des informations quantitatives [plus ou moins de produit radiotraceur fixé NDLR] » se réjouit Gilles Karcher.

Source : la France achève la numérisation de son parc d’imagerie

Le Prix Galien sur les dispositifs médicaux revient à EOS® en 2017

La Prix Galien a récompensé, en 2017 pour la catégorie « Dispositif médical », la société EOS® pour son apport dans les pratiques de la chirurgie orthopédique et pour promouvoir cette success story à la française.

Le Prix Galien récompense, chaque année, des innovations thérapeutiques récentes mises à la disposition du public, des travaux de recherche pharmaceutique, ainsi que des innovations d’exception dans tous les domaines de la santé : médicament, dispositif médical, dermatologie esthétique, e-santé ou accompagnement du patient.

La catégorie « Dispositif médical » a promu, le 6 décembre 2017, la société EOS®, pour son système d’acquisition d’images stéréo-radiographiques du corps entier d’un patient, en position fonctionnelle qui permet notamment de réduire la dose patient de 50 à 85 % par rapport à la radiologie standard, avec un système de reconstruction en 2D et 3D du squelette. La firme a également développé les EOSapps, une suite logicielle en ligne pour la simulation, la planification chirurgicale et le contrôle, en 3D, de la chirurgie de la hanche, du genou et du rachis.

Le Prix Galien a voulu récompenser à la fois son apport dans les pratiques de la chirurgie orthopédique, où il est devenu un standard de référence, et la success story française, qui illustre la réussite d’une coopération entre recherche fondamentale, recherche clinique et expertise industrielle, ainsi que la réussite du déploiement clinique et commercial d’une innovation.

Bruno Benque

Source : Le Prix Galien sur les dispositifs médicaux revient à EOS® en 2017