Essor de la télémédecine : « Nous sommes à un virage »

Jusqu’à présent expérimentale, la télémédecine est entrée depuis le 15 septembre dans le droit commun des pratiques médicales.

Jusqu’à présent expérimentale, la télémédecine est entrée depuis le 15 septembre dans le droit commun des pratiques médicales.

La télémédecine, un des remèdes à la pénurie de spécialistes ? Déjà déployée en Deux-Sèvres, la pratique est amenée à se développer.

Imaginez une cabine aux allures de capsule spatiale, installée dans votre pharmacie, capable de prendre votre tension, de mesurer votre fréquence cardiaque, de déceler une éventuelle fièvre ou d’effectuer un électrocardiogramme ; le tout en étant connecté avec un médecin à distance. Si ce e-cabinet médical n’a rien de futuriste puisqu’il existe déjà (1), il est loin de refléter la télémédecine telle qu’elle se pratique aujourd’hui en Deux-Sèvres.
Jusqu’à présent expérimentale et financée au coup par coup par l’Agence régionale de santé (ARS), la médecine à distance était essentiellement pratiquée entre hôpitaux.
“ Une révolution ” Mais depuis le 15 septembre, la télémédecine est entrée dans le droit commun des pratiques médicales : une consultation à distance par vidéotransmission entre un médecin et son patient est désormais remboursée par l’Assurance-maladie, et ce au même titre qu’une consultation classique.
« Une véritable révolution pour la télémédecine », estime Laurent Flament, chef de la délégation départementale de l’Agence régionale de santé (ARS Nouvelle-Aquitaine), confiant quant à l’essor de la télémédecine en Deux-Sèvres.

Avoir fait sauter le verrou du paiement de l’acte de télémédecine va favoriser son développement

Laurent Flament, chef de la délégation départementale de l’ARS Deux-Sèvres

« Cela change tout, nous sommes à un virage. Avoir fait sauter ce verrou que représentait le paiement de l’acte de télémédecine va favoriser son développement, c’est certain. Car technologiquement, tout est là. Il n’y a donc plus de frein. Le travail consiste désormais à organiser les soins entre les médecins ou établissements de santé qui réaliseront téléconsultations ou télé-expertises et les personnels d’Ehpad ou les infirmières qui, localement, accompagneront le patient. »
Améliorer l’accès aux soins est l’un des objectifs principaux de la télémédecine : un enjeu d’autant plus important en Deux-Sèvres, où la pénurie de médecins généralistes et spécialistes est particulièrement criante. « La télémédecine fait en effet partie des leviers pour répondre à la démographie médicale, commente Laurent Flament. Dans le sud-est du département particulièrement touché, on peut tout à fait imaginer des lieux de téléconsultation ou de télé-expertise où le spécialiste ne se trouvera ni à Melle ni à Saint-Maixent, mais dans un cabinet de ville, à l’hôpital de Niort, au CHNDS ou encore à Poitiers ou Bordeaux. » Toutefois, cette manière de soigner à distance n’a pas vocation « à remplacer les consultations physiques », précise Johan Malidin, chargé de télémédecine à la délégation départementale de l’ARS. « Il s’agit bien d’une solution complémentaire, qui s’adresse davantage aux spécialistes dans les secteurs tendus qu’aux généralistes. »

(1) La Consult Station a été développée en 2008 par l’entreprise H4D.

6.000. C’est, en euros, le montant de la subvention d’équipement délivrée à chaque Ehpad par l’Agence régionale de santé (ARS) si son projet de télémédecine est retenu. A terme, ce matériel pourrait bénéficier non seulement aux résidants, mais également aux personnes âgées habitant à proximité de l’établissement.

Au 31 juillet 2018, date butoir de dépôt des dossiers, on dénombrait parmi les porteurs de projets de télémédecine en Nouvelle-Aquitaine 430 Ehpad (dont 40 en Deux-Sèvres), 8 maisons de santé (dont 4 en Poitou-Charentes) et 17 prisons (dont celle de Niort). « Un beau potentiel, qui démontre à quel point l’ex-région est mobilisée sur le sujet », estime Jean- Christophe Drapier, chef de projet télémédecine au Gip Esea, à Poitiers.

Déployée de manière expérimentale, la télémédecine pourrait être déployée de manière importante les prochaines années en Deux-Sèvres.Déployée de manière expérimentale, la télémédecine pourrait être déployée de manière importante les prochaines années en Deux-Sèvres.

Source : Essor de la télémédecine : « Nous sommes à un virage »

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La médecine du XXIème siècle est digitale et déployée à tous les usages

Cette médecine nouvelle, stimulante tant pour le professionnel de santé que pour l’usager de la santé, apporte indiscutablement des compétences médicales nouvelles et de nouveaux métiers de la santé. Cette médecine du XXIème siècle est porteuse de formidables espoirs de performance pour prévenir et guérir les maladies et améliorer la santé des populations. La Société Française de Télémédecine s’en réjouit.

Toutefois, l’irruption de la santé connectée et de la télémédecine dans notre système de santé bouscule les organisations professionnelles traditionnelles. Le financement dans le droit commun de la Sécurité sociale de quelques millions de téléconsultations et de téléexpertises a démarré le 15 septembre 2018.
N’est-il donc pas urgent de se préoccuper de la formation des professionnels de santé à ces nouvelles pratiques ?

D’aucuns croient que la télémédecine n’est qu’une question d’outil de communication, « tout le monde sait téléphoner ! » , et qu’au pire les divers fournisseurs sauront bien faire les formations à leur usage. La Société Française de Télémédecine pense que la télémédecine est une question d’organisation professionnelle innovante qui nécessite une formation et un accompagnement au changement.

Pourquoi il est urgent de former aux pratiques de télémédecine :

L’exercice médical s’appuie sur les données acquises de la science médicale et le code de déontologie médicale. Il en est de même pour l’exercice médical avec la télémédecine incluant aussi l’usage de l’intelligence artificielle.
Le CNOM a toujours précisé que le même Code de déontologie médicale s’appliquait aux médecins lorsqu’ils pratiquent ou non la télémédecine. Toutefois, le manque de connaissances et de compétences comme le non recours à l’usage vont mettre en difficultés les médecins et les professionnels de santé.
Pris en tenaille entre improvisation et inexpérience face aux demandes des usagers, il n’est pas certain que tous les médecins, qui ont démarré la téléconsultation depuis le 15 septembre 2018, soient conscients des risques et des enjeux !

Quelles réponses possibles

La formation initiale de tous les aspects de la santé numérique doit être développée dans les tous les cursus des professionnels de santé. L’université est en marche en incluant dans les réformes du 2è et 3è cycles la thématique de la télémédecine et de la e-santé. Selon un sondage réalisé en 2017 par la Société Française de de Télémédecine auprès des doyens de Faculté de Médecine, la grande majorité des facultés ne l’a pas encore inclus dans les programmes de formation initiale.

Dans cette période intermédiaire, et sous l’impulsion de la Société Française de Télémédecine, un Diplôme Inter Universitaire de télémédecine a été organisée avec 7 universités françaises (Besançon, Bordeaux, Caen, Lille, Montpellier, Nantes). D’autres DU de santé connectée ont été créé. Ce DIU et ces DU s’adressent à tous les professionnels de santé et continueront à se développer, mais ils toucheront peu les médecins libéraux généralistes ou spécialistes, voire aucuns autres professionnels de santé en exercice.

La loi de modernisation du système de santé du 26 janvier 2016 l’a pris en compte en créant l’ANDPC (l’agence nationale du développement professionnel continu). La Société Française de Télémédecine souhaite que l’ANDPC puisse reconnaitre un DPC national de télémédecine proposé aux médecins libéraux comme à tous les professionnels de santé.

C’est la raison pour laquelle certains pays comme l’Australie ou les USA, exigent une certification préalable pour les médecins pratiquant la télémédecine. La France ne s’est pas encore engagée dans cette voie. Il faut rattraper le temps perdu, la formation des professionnels de santé à l’utilisation de la télémédecine est un véritable enjeu, il est devenu urgent de former comme de certifier tous les professionnels à la pratique d’une médecine de qualité au service des usagers !

Source : La médecine du XXIème siècle est digitale et déployée à tous les usages

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L’Ehpad de Condé-en-Normandie emploie la télémédecine pour des consultations à distance

L’établissement de Condé-sur-Noireau vient d’équiper une salle avec un lit médicalisé, une caméra et un écran. Les résidents sont connectés à des spécialistes sans se déplacer.

Colette Adam, directrice de l'Ehpad, Christine Chauffray, infirmière coordinatrice, Véronique Foulon, médecin coordinateur et Benoît Paris, infirmier référent.
Colette Adam, directrice de l’Ehpad, Christine Chauffray, infirmière coordinatrice, Véronique Foulon, médecin coordinateur et Benoît Paris, infirmier référent. (©Maxime Turberville / L’Orne combattante)

Grâce aux nouvelles technologies, des consultations médicales sont désormais possibles à distance à l’Ehpad Laurence-de-la-Pierre de Condé-sur-Noireau.

Un lit médicalisé, une caméra et un écran pour voir son médecin ou spécialiste. La télémédecine a fait son arrivée. L’établissement a équipé toute une salle afin de réaliser des consultations distance.

Grâce aux nouvelles technologies, il peut mettre en rapport un professionnel de santé avec un patient sans que celui-ci ne se déplace.

« Nous avons répondu à un appel à projets de l’Agence régionale de santé (ARS) en lien avec le CHU de Caen en 2017. Nous souhaitions avoir des téléconsultations de spécialistes », présente Colette Adam, directrice de l’Ehpad.

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Les objectifs sont de « réduire le déplacement des personnes âgées, avoir des consultations et expertises rapidement, éviter le passage aux urgences ou encore faire face à la pénurie de médecins libéraux », ajoute Véronique Foulon, médecin coordinateur.

À chaque consultation, le patient sera accompagné d’un infirmier.

La télémédecine fait donc ses premiers pas à l’Ehpad et pourrait ensuite évoluer.

Colette Adam s’en félicite :

Nous pourrions mutualiser cette salle avec d’autres établissements comme les Ehpad de Cesny-Bois-Halbout ou de Clécy. On pense aussi au pôle de santé de Condé. »

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Source : L’Ehpad de Condé-en-Normandie emploie la télémédecine pour des consultations à distance

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Deeplink Medical annonce l’acceptation d’une publication dans Radiology et présente ITIS, la première solution de téléradiologie indépendante de tout réseau médical

Lyon, le 20 juin 2018 – Deeplink Medical, une société en e-santé qui propose des solutions numériques et d’intelligence artificielle innovantes en médecine et télémédecine, présente sa première application dédiée à la téléradiologie (ITIS) qui révolutionne la prise en charge des patients, et annonce l’acceptation d’une publication dans la revue internationale à comité de lecture, « Radiology »  (en attente de parution) : « Whole body CT in multi-trauma patients: factors leading to missed injury ».

La télémédecine aujourd’hui

L’essor de la télémédecine n’est plus à démontrer. Désormais remboursés par la sécurité sociale, 500 000 actes de téléconsultation devraient être réalisés dès 2019 et 1,3 million en 2021 (Etude Xerfi 2017 « E-santé : le marché de la médecine connectée, perspectives à l’horizon 2025 »). Le marché du big data dans la santé est, lui aussi, en pleine explosion, affirme une nouvelle étude de Bis Research parue fin mars. Le volume de données de santé récoltées dans le monde va plus que tripler d’ici 2025. L’optimisation de l’utilisation de ces données de santé au service de la médecine, des parcours de soins et d’une meilleure prise en charge des patients est un enjeu clé de la santé de demain. Avec une approche combinée de connaissance fine des enjeux et besoins médicaux « terrain » et des capacités technologiques uniques et démontrées, Deeplink Medical fait partie des acteurs pionniers.

« Nous avons imaginé ITIS pour optimiser la prise en charge des patients, par chaque interlocuteur médical et paramédical, au travers d’un positionnement unique, à l’interface de l’utilisation des données de santé et du parcours de soin. Notre équipe, jeune et complémentaire, s’appuie sur notre compréhension fine des systèmes de santé pour proposer, au travers de notre « fabrique » différentes plateformes, adaptées à chaque verticale de santé. ITIS étant la première d’entre elles en termes de maturité. Elle permet d’emblée, une approche de la pertinence et de l’efficience des procédures, apportant un bénéfice pour les patients, les médecins et enfin le système de soins », soulignent Charles Journé, président co-fondateur et Hugues Lajoie, Directeur général associé.

ITIS, la première solution de téléradiologie indépendante de tout réseau médical

Il s’agit d’une véritable innovation dans la prise en charge des patients puisqu’ITIS permet de contextualiser les demandes d’examens grâce à des questionnaires dynamiques orientant intelligemment la saisie des informations, assurant un suivi en temps réel des demandes d’examens par tous les acteurs de santé et priorisant ces demandes en fonction de leur degré d’urgence.

Pensée par les radiologues fondateurs et mise en production en 2015, c’est une plateforme d’optimisation dans la prise en charge des examens radiologiques.   Cette solution métier centralise les demandes d’examens radiologiques de façon efficiente et sécurisée. À travers un algorithme de prise en charge et des questionnaires médicaux, l’outil permet de décrire précisément le contexte clinique des demandes d’examens tout en facilitant l’intervention des radiologues. ITIS permet en ce sens de travailler dès à présent sur la pertinence des actes dans la filière radiologique.

Grâce à ITIS, le médecin radiologue peut, de façon sécurisée, interagir avec toute la filière médicale radiologique en amont (médecins urgentistes, manipulateurs en électroradiologie médicale…) et en aval (médecins spécialistes, neurochirurgiens…) de l’examen. À partir d’une base documentaire médicale éprouvée disponible sur ITIS, le médecin radiologue prescrit un protocole radiologique adapté à chaque demande et rédige un compte-rendu dans des conditions optimales, grâce à un outil de rédaction de compte-rendu intelligent.

Cette solution logicielle permet d’encadrer la demande d’examens radiologiques entre professionnels de santé dans le cadre d’une interprétation à distance (téléradiologie), au sein d’un Groupement Hospitalier de Territoire (GHT) ou interservices au sein d’un même établissement de santé. ITIS couvre aussi bien les demandes d’examens initiées dans le cadre de l’urgence 24/24 que dans le cadre des vacations programmées au travers d’un chemin clinique balisé.

Publication dans Radiology acceptée et en attente de parution

Afin de valoriser l’usage des données en santé, une publication a été soumise puis acceptée par Radiology (en attente de parution). « Whole body CT in multi-trauma patients: factors leading to missed injury ». Les jeunes radiologues lyonnais de l’équipe IMADIS, aidés par les universitaires du CHU de Montpellier, publient une étude sur une procédure de relecture systématique de scanners complexes dits « corps entier » (utilisés dans le bilan des traumatisés graves – accidents de la route, sports extrêmes à haute vélocité…). Cette étude permet de valider cette relecture dite « à froid », d’augmenter le niveau de pertinence et de sécurité de la prise en charge de patients traumatisés graves. L’équipe radiologique d’IMADIS téléradiologie, ayant calqué son organisation sur celle du SAMU, utilise et teste en permanence de nouvelles procédures d’organisation dans la gestion des soins radiologiques. La qualification et la structuration des « DATA » médicales, a été permise, par la plateforme ITIS de Deeplink Medical.

« Le comité de lecture de la revue Radiology, en acceptant cette étude, met en avant, l’intérêt de la communauté radiologique, quant d’une part aux nouvelles organisations de soins et d’autre quant à l’usage d’outils innovants de gestion de la DATA en Santé », termine Hugues Lajoie.

À propos de Radiology

Fondée en 1923. Radiology est reconnu depuis longtemps comme la référence en radiologie, à la fois en recherche et dans son application clinique. Radiology est le premier journal au monde pour la mise en avant des découvertes dans le domaine de l’imagerie médicale au service des patients.

À propos de Deeplink Medical

Deeplink Medical est une société créée en 2014 et basée à Lyon, née de la conjonction de la compréhension d’un besoin médical (radiologie, oncologie…) et de la nécessité d’une vision transversale. Fondée sur une technologie solide, et appuyée par des équipes pluridisciplinaires en interne, Deeplink Medical s’est spécialisée dans la création rapide et sûre de plateformes adaptées à chaque spécialité de santé.  En effet, la cardiologie et l’oncologie, par exemple, ne peuvent pas être abordées et encadrées de la même manière.

C’est à la suite de ce constat, qu’ITIS, la première solution de Deeplink Medical dédiée à la radiologie est née. Elle est aujourd’hui déployée dans plus d’une cinquantaine d’établissements hospitaliers et utilisée par près de 9000 utilisateurs médicaux actifs.

Deeplink Medical c’est également une offre de prestation à 360 ° allant de l’accompagnement de l’équipe médicale à la conception de solutions techniques en passant par le pilotage de l’activité et la formation aux outils. Là où d’autres proposent une solution généraliste, Deeplink Medical apporte des solutions spécifiques validées et éprouvées par chaque filière de soin. Ce sont aujourd’hui une trentaine de collaborateurs qui travaillent dans ce sens.

Pour plus de renseignements, rendez-vous sur notre site internet : www.deeplink-medical.com

Source : Deeplink Medical annonce l’acceptation d’une publication dans Radiology et présente ITIS, la première solution de téléradiologie indépendante de tout réseau médical

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Téléconsultation : flou entre les droits français et européen

Lors d’un atelier dédié à l’éthique et au droit en e-santé, le Dr Pierre Simon, ex-président de la Société française de télémédecine (SFT), a pointé les contradictions entre les droits français et européen en matière de téléconsultation, défavorables selon lui aux patients.
  • teleconsultation

Le premier décret sur la télémédecine a beau dater de 2010, il aura fallu attendre huit ans pour que les syndicats de médecins libéraux et l’assurance-maladie travaillent à l’élaboration d’un cadre réglementaire fixe. Ce vide juridique a contribué à l’émergence de services de télémédecine immédiats pour les patients, moyennant finances. Un marché parallèle hérissant le poil des syndicats de praticiens. Mais, légalement, ces sociétés sont-elles vraiment en dehors des clous ?

Pour le Dr Pierre Simon, ex-président de la Société française de télémédecine (SFT) ET auteur du livre « Télémédecine : enjeux et pratiques » (2015), le débat est « ouvert ». Selon l’expert, les sociétés sont dans les clous mais uniquement parce qu’elles bénéficient par défaut d’une opposition entre le droit national et le droit européen.

Une directive européenne de 2000 relative au commerce électronique rappelle la définition de la « notion de service ». « Comme exemple de services couverts par la directive, il y a les sites d’informations en ligne comme les journaux, la vente de produits mais aussi de services professionnels d’avocats, de médecins, etc. », explique-t-il. « Pour la Commission européenne, les services des médecins relèvent du e-commerce. Et comme la télémédecine est une prestation de service dans le langage européen, délivrée contre rémunération à distance, on reste dans le cadre du e-commerce. Le service de télémédecine est donc du e-commerce », résume-t-il.

Une jurisprudence attendue par l’Ordre 

Aujourd’hui, le marché des téléconsultations immédiates et non médicales a fleuri car les sociétés se sont appuyées sur cette directive européenne. « Or, elles sont aussi confrontées au droit national qui n’est pas compatible », ajoute le Dr Simon. Un article du code de déontologie précise que la médecine ne doit pas être pratiquée comme un commerce. « Sont interdits tous procédés directs ou indirects de publicité ou de signalisation donnant une apparence commerciale », clarifie-t-il. Récemment en novembre 2017, l’Ordre a déposé une plainte contre la mutuelle Eovi Mcd pour distorsion de concurrence devant le tribunal de grande instance de Paris après la diffusion sur les médias nationaux d’une campagne publicitaire réalisée par la complémentaire santé. « On attend la jurisprudence de cette action pour clarifier le débat », ajoute-t-il.

Autre problème soulevé : l’éthique. « Nous avons en France une loi fondamentale qui dit que tout citoyen doit avoir accès à une offre de soins et le droit à la protection de la santé, conclut le Dr Simon. La loi Kouchner de 2002 précise que le premier droit de la personne malade est d’accéder aux soins que son état nécessite, quel que soit son revenu. C’est en totale contradiction avec ces plateformes de téléconsultations immédiates rémunérées et ces organismes privés qui nous expliquent qu’il existe un véritable marché ». 

Source : Téléconsultation : flou entre les droits français et européen

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La CSMF retourne dans la convention médicale et dit oui à l’avenant télémédecine

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Après trois heures de débats, les cadres de la CSMF, réunis en assemblée générale extraordinaire, ont voté massivement ce samedi en faveur de la signature de l’avenant conventionnel sur la télémédecine avec l’assurance-maladie. Sur l’ensemble des syndicalistes départementaux votants, 95,2 % ont voté pour et 4,8 % contre. « Il y a eu beaucoup de discussions, déclare le Dr Jean-Paul Ortiz au « Quotidien », car les tarifs de la télé-expertise sont indignes de la profession. »

Ce feu vert des cadres est à marquer d’une pierre blanche. Il confirme le retour du premier syndicat représentatif des médecins libéraux, non-signataire de la convention médicale en 2016, dans la vie conventionnelle. Mais ce retour n’est pas sans conditions. Lors de l’assemblée générale, une motion a été proposée et adoptée à une large majorité pour poser les conditions de ce retour. « Nous souhaitons que le gouvernement s’engage à supprimer l’article 99, qui autorise l’assurance-maladie à revoir les tarifs de scanner et d’IRM de façon unilatérale », martèle le patron de la CSMF.

La décision du premier syndicat représentatif des médecins libéraux de revenir dans le jeu conventionnel n’est qu’une demi-surprise. Lors de sa 32e université d’été à Giens en septembre 2017, la question d’une adhésion à la convention a été déjà évoquée. Ce choix stratégique est alors essentiel pour certains cadres, qui souhaitent faire entendre la voix de leur syndicat à l’aube de chantiers majeurs : organisation territoriale des soins, télémédecine, prévention et nouveaux modes de rémunération.

À l’époque, les échanges ont opposé la branche généraliste (Les Généralistes) à celle des spécialistes (ex-UMESPE). Les premiers ont toujours plébiscité cette adhésion sans tarder alors que les seconds étaient plutôt réticents. Mais depuis, l’alternance politique oblige. Exit Marisol Touraine et nomination d’Agnès Buzyn. « Le dialogue, indiscutablement, est revenu » a reconnu le Dr Jean-Paul Ortiz, président de la CSMF.

Reconstruire la convention

Élu pour un second mandat en avril 2018, le néphrologue de Cabestany n’a pas cédé pour autant aux sirènes conventionnistes. Il a de nouveau rappelé les conditions de ce retour : suppression du tiers payant généralisé, suppression de l’article 99 de la loi de financement de la Sécurité sociale 2 017 qui permet à la Sécu de baisser de façon unilatérale les tarifs de scanners et d’IRM, modification de certaines dispositions conventionnelles comme l’élargissement des consultations complexes et très complexes.

Toutes ces demandes ont été finalement satisfaites. En novembre 2017, Agnès Buzyn a transformé le tiers payant généralisé en tiers payant généralisable lors du vote du PLFSS 2 018. Lors des négociations sur l’avenant de télémédecine, la Sécu a accepté d’y introduire la modification de certaines dispositions conventionnelles comme l’élargissement des consultations complexes et très complexes à certaines spécialités. Enfin, l‘accord conclu en avril entre les radiologues et la CNAM sur la pertinence des actes d’imagerie a sans doute pesé dans ce vote, la Sécu ayant renoncé à utiliser l’article 99.

Autre signe annonciateur du retour de la CSMF : la décision la veille de l’assemblée générale de la branche spécialiste de la Conf’, réunis en comité directeur (35 membres), de donner à une large majorité (70 %) le feu vert au président de la CSMF pour signer l’avenant télémédecine. « C’est une décision politique forte. Il va falloir reconstruire une nouvelle convention qui tient compte de la médecine spécialisée », a déclaré au « Quotidien » le Dr Patrick Gasser, président des Spé-CSMF.

Source : La CSMF retourne dans la convention médicale et dit oui à l’avenant télémédecine

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Les Français frileux face à la santé numérique

Les Français frileux face à la santé numérique

Les Français sont plutôt réticents à utiliser la télémédecine.

Objets connectés, télémédecine, données de santé… Les Français sont loin d’avoir intégré la santé connectée à leur quotidien. C’est ce qui ressort de l’étude « Les Français et la santé » publiée aujourd’hui par OpinionWay avec le cabinet Deloitte.

« Parmi les enjeux que doit relever le système de santé, les maladies chroniques, la formation des professionnels ou l’organisation des soins sont toutes citées à plus de 80% comme une orientation prioritaire du gouvernement« , explique Michel Sebbane, responsable de la santé publique chez Deloitte. Le virage numérique n’est important qu’aux yeux de 58% des sondés. « C’est le seul qui se détache dans l’opinion. »

La télémédecine, pourtant poussée par le gouvernement, n’a que peu de succès auprès de l’opinion publique. Seuls 29% des Français se disent prêts à l’utiliser. « C’est pourtant un moyen de désengorger les urgences et de pallier aux problèmes de l’accessibilité géographique aux soins. »

Les résultats montrent aussi une perte de confiance sur plusieurs plans, en particulier concernant les sites internet ou les forums dédiés à la santé. De 45% d’utilisation en 2016, ils ne sont plus qu’à 17% en 2017. « On constate qu’une défiance s’est installée. Ces sites doivent aujourd’hui se poser la question de la viabilité de leur modèle« , explique Michel Sebbane.

Les objets connectés, de simples gadgets

Les objets connectés accusent également un recul, passant de 19% à 12%. « Ils sont plutôt considérés comme des gadgets et ne servent globalement que pour les activités sportives. » Conséquence directe, les appareils électroniques, comme les tensiomètres ou les détecteurs de chute, n’apparaissent pas comme des outils pertinents en matière de prévention. 53% des Français ne cherchent pas à suivre cette mesure de prévention. En comparaison, ils ne sont que 13% à ne pas chercher à se faire vacciner, ce qui montre la faible adhésion pour ces objets.

Les sites de prise de rendez-vous en ligne sont les seuls outils en progression et sont maintenant utilisés par un tiers des Français (32%, contre 28% en 2016). « On constate que c’est une habitude qui s’est vraiment installée. »

Le médecin, un interlocuteur privilégié

Plusieurs freins expliquent cette frilosité, avec en première position, la diminution d’interactions humaines (43%). « Parler à son médecin sur Skype, c’est oui. Mais se faire examiner par un robot, c’est non« , résume Michel Sebbane. Ajouté à cela, les craintes quant à la confidentialité des données personnelles restent fortes (38%). « Et pourtant, cette étude a été réalisée avant la récente affaire Facebook. »

C’est pourquoi le médecin traitant reste imbattablement la personne à laquelle les Français consentent à communiquer leurs données personnelles. Il est plebiscité à 90%, loin devant le pharmacien (68%). « Les GAFAM, eux, restent loin derrière, à 11%. » Ces nouveaux acteurs, comme Google, Apple, ou IBM n’ont pas la cote. 3% des sondés disent leur faire totalement confiance. A l’inverse, les Français sont 24% à ne pas leur faire confiance du tout.

« Leur crainte majeure: que les données personnelles liées à la santé ne soient pas utilisées dans le cadre de la prévention mais à des fins mercantiles« , analyse Thomas Croisier, associé chez Deloitte. Une tendance qui pourrait évoluer au fil des mois, après l’entrée en vigueur du Règlement général sur la protection des données (RGPD) le 25 mai prochain, auquel toutes ces entreprises devront se plier.

Source : Les Français frileux face à la santé numérique

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Téléconsultation, assistance robotique, partage de données… Des Français prêts à sauter le pas

Pour une majorité de Français, les évolutions en big data, santé connectée, robotique ou intelligence artificielle vont constituer des éléments majeurs de l’innovation en santé des prochaines décennies, indique une enquête CSA Research menée pour le laboratoire Roche. Si les patients s’imaginent déjà téléconsulter demain leur médecin en routine ou participer activement à leur diagnostic par le biais d’applications, beaucoup craignent aussi une inégalité d’accès à ces innovations.

Près de six Français sur dix en sont convaincus : dans moins de trente ans, la santé connectée fera pleinement partie du quotidien des patients.

Réalisée fin 2017 auprès d’un échantillon national de 1 004 individus, l’enquête de l’observatoire Roche/CSA Research sur « la recherche en santé de demain » témoigne des attentes des Français en matière d’innovation numérique. À l’horizon 2045, 81 % des personnes interrogées estiment ainsi qu’il sera tout à fait possible de se connecter via son ordinateur pour une visite médicale virtuelle avec le premier praticien disponible. Afin de rester en bonne santé, plus de quatre Français sur dix seraient déjà prêts à vivre avec un robot assistant à leur domicile. Pour 78 % des personnes interrogées, le patient participera également au diagnostic de son propre état de santé par le biais d’applications ou de logiciels, 70 % considérant par ailleurs qu’il sera davantage acteur de la recherche en rejoignant des études et essais cliniques menés sous l’égide de communautés de patients.

Données de santé

Les Français sont par ailleurs tout à fait conscients du potentiel de la e-santé pour faire avancer la recherche. « Une grande majorité d’entre eux pensent que les évolutions en big data (81 %), santé connectée (74 %), robotique (74 %) ou intelligence artificielle (71 %) vont être des éléments majeurs de la recherche en santé des trente prochaines années », souligne Christelle Fumey, directrice du pôle society de l’Institut CSA Research. En matière de données de santé, leur partage à des fins de recherche relèvera alors pleinement en 2045 de l’acte citoyen aux yeux de 78 % des Français, 82 % estimant que leurs données s’avèrent d’ores et déjà utilisées à leur insu. Si 69 % des sondés jugent les décennies à venir comme une période « révolutionnaire » pour l’innovation en santé, 85 % doutent que ces progrès parviennent à réduire in fine les inégalités d’accès aux soins en France.

Source : Téléconsultation, assistance robotique, partage de données… Des Français prêts à sauter le pas

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Imagerie, télémédecine, dossier partagé Cartographie de la e-santé francilienne

Bras armé depuis dix ans de l’agence régionale de santé (ARS) Île-de-France sur les projets en e-santé, le groupement de coopération sanitaire (GCS) Sesan (pour services numériques de santé) a présenté un bilan de son action.

80 salariés, 188 établissements ou groupements de professionnels de santé adhérents, 51 projets dans le domaine de la santé numérique.

Le GCS-Sesan assure la maîtrise d’ouvrage des projets de e-santé pour l’agence régionale de santé Île-de-France. Pourtant, cette organisation reste méconnue de la majorité des soignants.

C’est sans doute ce déficit de notoriété qui l’a poussé à célébrer son dixième anniversaire à grand renfort de communication, le 29 mars dernier.

« Notre mission centrale, c’est d’apporter des solutions et des services qui améliorent la santé des Franciliens », explique Pierre Boiron, directeur de Sesan. Exemple avec les services régionaux partagés en imagerie médicale (S-PRIM) : 40 hôpitaux et cabinets de radiologie y ont stocké, archivé ou partagé un million d’examens d’imagerie en 2017. L’objectif est de doubler ce chiffre en 2018. « Grâce à ce service, les patients ont un avis d’expert immédiatement, ce qui permet de les prendre en charge plus rapidement », estime le Dr François Dolveck, conseiller médical du GCS et directeur des urgences de l’hôpital de Melun.

Autre réalisation : l’outil régional de télémédecine d’Île-de-France (Ortif) dédié à la téléconsultation, la télé-expertise ou la télésurveillance, notamment en neurologie, en ophtalmologie, en oncologie, et en dermatologie. 6 000 soignants dans 320 établissements de la région utilisent Ortif pour 60 000 patients pris en charge.

Services à gogo

Le GCS-Sesan mène également des projets de recensement des acteurs de santé (répertoire opérationnel des ressources, ou ROR, qui liste 99 % de l’offre sanitaire francilienne), d’identitovigilance (serveur de rapprochement des identités) ou d’amélioration du parcours de soins. Ainsi, depuis 2012, 80% des séjours hospitaliers impliquant une prise en charge à domicile (HAD) ou dans une unité de soins de suite et de réadaptation se font par l’application ViaTrajectoire, plateforme qui aide les établissements et les médecins généralistes et spécialistes à mieux orienter les patients dans les diverses structures sanitaires et médico-sociales.

Terr-eSanté est le dernier projet phare du GCS. Cette plateforme multi-usage permet aux professionnels de partager entre eux les informations sur le patient : dossier médical, résultats d’examens, prescriptions, gestion de rendez-vous, etc. Expérimenté par 200 professionnels de santé (et concernant 900 patients) depuis fin 2015, l’outil doit être prochainement étendu à l’ensemble de la région.

Source : Imagerie, télémédecine, dossier partagé Cartographie de la e-santé francilienne

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Innovation en santé : un think tank propose des pistes pour réduire les inégalités

Mobiliser l’ensemble des acteurs de santé porteurs d’innovations au service de la réduction des inégalités – économiques, géographiques mais aussi face à l’information en santé. Tel est l’objectif du groupe de réflexion « Économie santé » qui vient de présenter sa recommandation 2018 en ce sens.

Le think tank, qui réunit une cinquantaine d’acteurs* du secteur (médecins, fédérations hospitalières, laboratoires, usagers, start-up, etc.), souhaite inscrire de manière explicite la lutte contre les inégalités de santé dans toutes les politiques publiques d’innovation en santé.

Cela suppose d’abord un meilleur accompagnement des porteurs de projet pour repérer les innovations, un accès facilité au marché, une simplification du financement, de l’expérimentation et de l’évaluation. Parce que les innovateurs sont souvent perdus dans le maquis des instances et institutions qui peuvent les aider, « un guide pour mieux les orienter pourrait être mis en place prochainement », a affirmé Anne-Françoise Berthon, chargée de mission au sein de la délégation ministérielle à l’innovation en santé.

Autre préconisation : se servir davantage des données de santé et du big data pour recueillir des informations mesurables sur les inégalités de santé. « Les données de santé sont un élément majeur, nous savons les conserver, entre le SNIIRAM et l’Institut des données de santé mais il faudrait y avoir un meilleur accès », plaide le Dr Élisabeth Hubert, présidente de la Fédération nationale des établissements d’hospitalisation à domicile (FNEHAD).

Seuils d’activité

Le groupe fixe comme objectif la réduction des écarts de pratique et de prise en charge des patients, une inégalité majeure entre les « informés » et les « non informés ». Cela commande des informations « simples, claires et lisibles » sur les pathologies et les traitements (bénéfices/risques) et une transparence totale sur les données en particulier de morbidité et de mortalité. « Les autorisations dans certaines spécialités en cancérologie doivent revoir à la hausse les seuils d’activité et mieux cibler certaines pathologies rares nécessitant des centres de référence », lit-on dans la reco 2018.

« La réduction de ces différences de pratique demande aussi une évolution culturelle », souligne le Dr Michel Ballereau, délégué général de la Fédération de l’hospitalisation privée (FHP). Il propose de réfléchir à la rémunération de certaines pathologies – qui valorise trop la course à l’activité – pour faire baisser ces hétérogénéités de pratique.

Dispositifs innovants

Enfin le cercle « Économie santé » veut accompagner les personnes les plus éloignées de la prévention (tabac, alcool, sédentarité, alimentation) grâce aux nouvelles technologies (applications, objets connectés), ce qui implique de « réduire la fracture numérique ».

Plusieurs exemples sont cités dans les recos, comme l’appli MoovCare, qui permet de détecter les rechutes du cancer du poumon (33 000 décès par an). Toutes les semaines, le malade renseigne 11 symptômes compilés dans un logiciel. En fonction des réponses, le médecin est alerté par e-mail.

Le dispositif de télémédecine Capri, coordonné à l’Institut Gustave-Roussy par le Pr Étienne Minvielle, améliore le suivi à distance des patients traités par chimiothérapie orale. Le chatbot Memoquest (robot conversationnel) est utilisé pour un suivi automatisé des patients hospitalisés en ambulatoire avant et après leur séjour.

* Étaient présents lors de la présentation de la reco 2018 : Benoît Péricard (KPMG), Christian Anastasy (IGAS), le Dr Michel Ballereau (FHP), Sandrine Boucher (UNICANCER), Laurence Comte-Arassus (Medtronics), le Pr Étienne Minvielle (IGR), Anne-Françoise Berthon (ministère), le Dr Élisabeth Hubert (FNEHAD) et David Corcos (Philips France).

Source : Innovation en santé : un think tank propose des pistes pour réduire les inégalités

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Télémédecine : quelques timides avancées

Un premier projet d’avenant à la convention des médecins libéraux dédié à la télémédecine a été dévoilé il y a quelques semaines et n’avait guère soulevé d’enthousiasme.

Hier, se tenait une nouvelle réunion entre l’UNCAM et les syndicats de médecins libéraux sur ce sujet, mais rien n’est venu révolutionner les annonces précédentes. Ainsi retrouve-t-on dans la dernière version du projet une rémunération des téléconsultations à hauteur des autres consultations et l’établissement de différents niveaux de télé-expertises.

Les nouveautés concernent l’annonce de sa date d’entrée en vigueur, le 1er janvier 2020, et la mise en place d’une rémunération forfaitaire pour le requérant d’une télé-expertise au-delà de 10 demandes par an.

Entre 10 et 30 demandes par an, le médecin bénéficiera d’un forfait de 75 euros ; entre 31 et 60 de 170 euros et entre 61 et 100 télé-expertises le forfait s’élèvera à 300 euros. Enfin, au-delà de 100 télé-expertises demandées, le forfait atteindra 375 euros.

Face à ces nouvelles propositions, les syndicats représentatifs, à l’unisson, ont d’ores et déjà dénoncé des tarifs de télé-expertise au rabais.

X.B.

Source : Télémédecine : quelques timides avancées

Verso suit l’actualité de la télémédecine.

Télémédecine et CSG : un début d’année musclé pour l’Assurance maladie et les syndicats

 

Paris, le jeudi 18 janvier 2018 – L’Assurance maladie retrouve les syndicats de médecins libéraux aujourd’hui pour aborder deux sujets complexes et attendus : la rémunération des actes de télémédecine et la compensation de la hausse de la CSG.

Télémédecine : des espoirs voués à être déçus ?

Considérée comme un atout phare pour répondre notamment aux problèmes posés par l’inégale répartition des médecins sur le territoire, la télémédecine n’a cependant toujours pas connu son heure de gloire dans notre pays. En septembre dernier, la Cour des Comptes dressait un bilan assez catastrophique de l’expérience française en la matière, déplorant notamment des « expérimentations engagées sans ordre ni méthode» dont les résultats n’ont été pour l’heure que « très modestes ».

Pour faire évoluer cette situation, le gouvernement semble avoir admis que la première des missions était de répondre aux questions financières soulevées depuis de nombreuses années par les représentants des médecins libéraux. Aussi, l’Assurance maladie convie-t-elle aujourd’hui tous les syndicats représentatifs (y compris ceux non signataires de la convention) pour évoquer la fixation d’un tarif pour la consultation médicale à distance et la télé-expertise. On ne connait pas pour l’heure l’enveloppe dont bénéfice l’Assurance maladie pour mener à bien ces discussions. Cependant, le patron de la CNAM, Nicolas Revel a déjà prévenu qu’une « téléconsultation a vocation à être rémunérée comme une consultation classique ». Voilà qui restreint d’emblée les appétits des syndicats, dont certains espéraient peut-être davantage. La Confédération des syndicats médicaux français (CSMF) défend ainsi par exemple qu’un tarif supérieur à celui de la consultation de base pourrait être envisagé « pour un examen approfondi sur la base d’un dossier complet ». Mais outre la question du tarif, il faudra également s’accorder sur la définition de l’acte. MG France par exemple s’interroge sur la possibilité de considérer les « coups de fil » passés par les médecins aux patients comme des actes de télémédecine. Face à de telles suggestions, Nicolas Revel estime nécessaire de fixer « quelques éléments de repères ». Enfin, outre les honoraires, les syndicats souhaitent tous évoquer la question d’aides à l’équipement et à la formation.

Compensation de la hausse de la CSG : une réponse simple à un problème compliqué ?

Parallèlement à ces discussions qui pourraient durer trois mois dans l’idéal, l’Assurance maladie rencontre les partenaires conventionnels (soit tous les syndicats représentatifs à l’exception encore pour l’heure de la CSMF) autour de la question de la compensation de la hausse de la CSG. On le sait, il s’agit d’un sujet très complexe qui a déjà donné lieu à quelques crispations au mois de septembre au moment de la présentation générale du projet par le gouvernement, qui avait nécessité quelques ajustements concernant les professionnels de santé libéraux, notamment ceux installés en secteur 1. Aujourd’hui, au-delà du schéma général, les syndicats doivent se concentrer sur les applications techniques. Aux yeux de la Fédération des médecins de France (FMF) qui a formulé des propositions détaillées sur le sujet, la complexité de ces discussions illustre bien la nécessité dans l’avenir d’ « éviter de mêler le fiscal au conventionnel ». Par ailleurs, le FMF insiste sur son objectif « d’obtenir une compensation individuelle de la hausse de CSG, à l’euro près ». L’organisation remarque qu’en vertu du système retenu, les médecins exerçant en secteur 1 ou adhérant à l’Option de pratique tarifaire maîtrisée (OPTAM) « devront récupérer pour neutralité l’intégralité de 1,7 point de CSG. La part de cotisation payée par eux-mêmes sur cette somme disparaissant, il leur restera à récupérer l’équivalent de la part conventionnelle (…) qui était payée par les caisses (…). Cette somme est à restituer au médecin sous une forme ou une autre » résume la FMF. Pour ce faire, le syndicat propose simplement que « calculée par les services de l’URSSAF », elle soit directement virée sur le compte professionnel du médecin. « Il s’agit d’un mécanisme simple, individuel, juste et transparent » et sans coût pour la CNAM remarque la FMF. Reste à savoir si cette option séduira les autres partenaires conventionnels et l’Assurance maladie.

Aurélie Haroche

Source : Télémédecine et CSG : un début d’année musclé pour l’Assurance maladie et les syndicats