Le gouvernement va généraliser le dossier médical partagé : de quoi parle-t-on ?

Le gouvernement inscrira la généralisation du dossier médical partagé (DMP), déjà expérimenté depuis un an dans neuf départements, dans sa réforme du système de santé. Le dispositif sera déployé à partir de la fin de l’année. L’occasion de revenir sur cet outil censé améliorer la prévention tout en réduisant les coûts.

Le « carnet de santé numérique » remplacera bientôt notre bon vieux carnet de papier écorné par le temps. Le Premier ministre Edouard Philippe et la ministre de la Santé Agnès Buzyn ont confirmé mardi que la généralisation du « dossier médical partagé » (DMP) serait inscrite parmi les mesures pour « transformer le système de santé », dont la feuille de route sera détaillée cet été.

Déjà expérimenté depuis un an dans neuf départements pilotes, dont la Haute-Garonne et les Côtes d’Armor, où 32.000 dossiers ont été ouverts, le DMP, facultatif, devrait être ainsi généralisé à partir de la fin de l’année 2018. Dans ces territoires, les assurés peuvent déjà, munis de leur carte vitale, créer rapidement (et gratuitement) leur dossier, en ligne, auprès de la CPAM ou d’un professionnel de santé.

Outil de partage et d’alerte

Le « carnet de santé numérique », à l’image du carnet traditionnel, comprend ainsi toutes les informations relatives à l’état de santé du patient, et peut être partagé avec l’ensemble des soignants intervenant dans son parcours de soins. Il est confidentiel, son accès est sécurisé, et il peut être fermé à la demande du patient.

Il mentionne donc les antécédents éventuels, les allergies possibles, les médicaments utilisés, les comptes rendus d’hospitalisation et de consultation ainsi que les résultats d’examens. Un gain de temps pour les soignants réguliers, mais aussi en cas d’urgence, selon ses promoteurs. Le patient, de son côté, peut aussi paramétrer une alerte email ou par SMS afin de bénéficier d’un rappel en cas de vaccination.

Enjeu financier

Dans son rapport public annuel 2018 publié la semaine dernière, la Cour des comptes a rappelé « l’attentisme coûteux » de la France en la matière. Une première mouture du DMP avait été suspendue en 2012, seuls 158.000 dossiers ayant été créés dans cette première phase pour un investissement de 210 millions d’euros. Interrompu entre 2012 et 2017, le système a coûté, pour son seul « maintien en conditions opérationnelles », 35 millions d’euros aux finances publiques.

La nouvelle version expérimentales, relancée au 1er janvier 2017 en association plus étroitement les professionnels de santé au sein des neuf départements, a connu plus de succès, selon la Cour des comptes, avec « environ 10.000 dossiers créés chaque semaine » dans les neuf départements d’expérimentation.

Un bémol toutefois : malgré la hausse du nombre de dossiers créés, la consultation des documents par les professionnels de santé « reste stable ». « Cette stagnation », conclut la Cour des comptes, « met en évidence le fait que l’entrée du DMP dans les usages des professionnels de santé reste le principal enjeu ».

Source : Le gouvernement va généraliser le dossier médical partagé : de quoi parle-t-on ?

Verso accompagne les professionnels de santé dans l’acquisition de nouveaux équipements permettant de répondre aux exigences réglementaires

« Le temps des rafistolages est révolu », lance Édouard Philippe qui ouvre cinq chantiers sur la santé

eaubonne

C’était un grand « discours de la méthode », selon plusieurs responsables syndicaux. Sans citer Descartes – mais Maylis de Kerangal, auteure de « Réparer les vivants » – le premier ministre Édouard Philippe a annoncé ce mardi, à l’hôpital Simone Veil d’Eaubonne (Val d’Oise), les grands axes et l’agenda de « la stratégie de transformation du système de santé », sans dévoiler à ce stade de mesures très concrètes.

Aux côtés de la ministre de la Santé Agnès Buzyn, qui n’a pas pris la parole, Édouard Philippe a égrené les « faiblesses » du système de santé français avant de décliner cinq grands chantiers « pour passer d’un système cloisonné, fondé sur les soins curatifs tarifés à l’acte, une course aux volumes et une régulation budgétaire à un système tourné vers la prévention, la coordination, la qualité, l’accès aux soins ».

Miser sur la qualité des parcours

Première pierre de ce chantier, la qualité des soins et la pertinence des actes, priorité déjà évoquée par Agnès Buzyn. « Pourquoi fait-on deux fois plus de césariennes dans les Alpes-de-Haute-Provence ou en Lozère, que dans l’Yonne ou le Loir-et-Cher ? », interroge le chef du gouvernement, soulignant « des variations qui coûtent cher ». D’ici à cet été, les conseils nationaux professionnels (CNP) des différentes spécialités et le Collège de médecine générale devront proposer des actions pour améliorer la pertinence des soins.

Dans la même veine, la Haute autorité de santé (HAS) proposera dès cette année des indicateurs de « qualité des parcours » portant sur les dix pathologies les plus fréquentes, qui seront systématisés en 2019, et intégrés aux travaux sur les modèles de financement. La satisfaction des patients devra être systématiquement mesurée.

Une task force du financement

Si l’acte médical est un acte « important, jamais anodin », son financement a atteint ses limites, trop cloisonné, valorisant la quantité et non la qualité, tranche Edouard Philippe. À l’hôpital, l’enjeu n’est pas de supprimer la T2A mais de « rééquilibrer » le financement, indique Matignon, en y intégrant des objectifs plus collectifs et de nouvelles pratiques de soins ambulatoires et d’hospitalisation à domicile. Des expérimentations de financements innovants interviendront en ce sens, à la faveur de l’article 51 de la loi Sécu 2018.

Au-delà, le Premier ministre annonce « une réforme en profondeur du financement des soins » en France. Une « task force » pilotée par Jean-Marc Aubert, actuel directeur de la DREES, proposera des modèles de financement nouveaux d’ici à la fin 2019. Objectif : la fin de la logique inflationniste et la valorisation des logiques de parcours et de prévention, en ville comme à l’hôpital.

Le financement des soins reposera à 50 % maximum de tarification à l’activité. « On doit travailler pour trouver les 50 % restants », souligne l’ex-maire du Havre. La médecine de ville devra faire ce travail, ce qui commande un vaste chantier de diversification des modes de rémunération (à décliner dans la convention). Enfin, la ministre de la Santé devra formuler des propositions d’ici à cet été pour « améliorer la régulation de l’ONDAM », et notamment celui des soins de ville.

Au passage, le Premier ministre a précisé que les tarifs hospitaliers – à nouveau annoncés à la baisse au grand dam des fédérations hospitalières – intégreraient dès cette année une « forte incitation » à la médecine ambulatoire, au-delà de la seule chirurgie.

Cap sur numérique

Le numérique est le troisième chantier. Alors que la tarification de la télémédecine est actuellement négociée entre l’assurance-maladie et la profession, le chef du gouvernement fixe trois objectifs supplémentaires : « l’accessibilité en ligne pour chaque patient de ses données médicales », la « dématérialisation de l’intégralité des prescriptions » et la simplification du partage de l’information entre les professionnels de santé d’ici à 2022.

Pour y parvenir, une mission désormais unique « E-santé » sera créée au sein du ministère de la Santé. Cette mission coordonnera le pilotage des programmes soutenus par le Grand plan d’investissement, et veillera à la cohérence des projets comme le déploiement du dossier médical partagé (DMP) à l’automne 2018.

Réfléchir sans tabou au numerus clausus

Le quatrième chantier concerne les ressources humaines. Peu de nouveautés ont été dévoilées quant à la formation des futurs médecins. Outre le développement déjà annoncé des pratiques avancées en soins infirmiers, Édouard Philippe a rappelé la mise en place prochaine du service sanitaire des étudiants en santé, qui fera l’objet d’un rapport « ciselé », rendu très prochainement.

Les dysfonctionnements des études de santé devront, en parallèle, être corrigés indique Edouard Philippe, notamment « l’effroyable gâchis de la première année ». Des réflexions seront menées « sans tabou » sur le numerus clausus. Suppression, augmentation, variation : tout est ouvert.

La réflexion se poursuit aussi sur la réforme du deuxième cycle et l’avenir des épreuves classantes nationales (ECN). Des mesures législatives sont attendues au début de l’année 2019.

Améliorer la qualité de vie au travail

Le locataire de Matignon – qui reconnaît la souffrance, le découragement et parfois l’épuisement des soignants à l’hôpital comme en ville – veut redonner du sens à « l’engagement » des personnels hospitaliers. « Un travail doit être mené sur la gestion du changement et des organisations de travail au sein des établissements publics et privés », précise Édouard Philippe.

Un observatoire national de la qualité de vie au travail des professionnels de santé sera installé afin de dresser un état des lieux et de « traiter le mal à la racine ». Objectif : que les drames « qui ont concerné aussi bien des médecins à l’hôpital ou en ville, des internes ou des personnels soignants »ne se reproduisent plus.

Des expérimentations pionnières exemplaires

Dernier chantier : l’organisation territoriale. Au menu, la structuration des soins de ville… par les professionnels eux mêmes, « et non par l’État ». L’exercice isolé doit devenir « l’exception », prévient Edouard Philippe. La méthode proposée est assez originale. D’ici à fin 2018, un appel à projets sera lancé pour identifier « trois à cinq territoires » avec des modèles d’organisation « totalement nouveaux, qui prennent en charge la santé de toute une population ». 

La règle est de pouvoir accéder « très vite » aux soins du quotidien, mais aussi, quand c’est nécessaire, aux soins pointus. « Les groupements hospitaliers de territoire constituent une première étape, mais il y aurait beaucoup à dire sur la façon dont ils se mettent en place », assène le premier ministre.

La méthode ? Trois mois de concertation 

Place désormais à une concertation (territoriale et nationale) de mars à mai 2018, soit trois mois. Un brainstorming numérique est également prévu. Quant au financement de ces chantiers de transformation du système de santé, 100 millions d’euros y seront alloués annuellement en plus de l’ONDAM (objectif national de dépenses d’assurance-maladie). Ces moyens doivent permettre de mettre fin « au temps des rafistolages »… 

Source : « Le temps des rafistolages est révolu », lance Édouard Philippe qui ouvre cinq chantiers sur la santé

Pr Alain Bernard: « Comment bien évaluer les innovations en matière de santé? »

En matière de santé, l’innovation doit être évaluée à l’aune d’essais cliniques, selon le professeur Alain Bernard.

L’innovation pour l’innovation n’a pas de sens en matière de santé. Son évaluation, lors notamment d’essais cliniques de qualité, est indispensable, rappelle le Pr Bernard, chef de pôle au CHU de Dijon.

La France aurait pris du retard dans la mise à la disposition des patients des innovations en matière de santé. Les raisons ont été identifiées dans différents articles. Le système de santé pourrait être l’une des raisons de ce retard, du fait de ses lourdeurs et contraintes administratives. Le principe de précaution peut parfois inhiber les acteurs et bloquer certaines décisions. Parmi les autres facteurs invoqués, les méthodes d’évaluation, notamment les études cliniques. Certains n’ont pas hésité à écrire que les études cliniques, comme l’essai contrôlé randomisé, sont dépassées et ne sont plus adaptées à l’évaluation de toutes ces innovations. Sans vouloir être provocateur, nous avons l’impression que cela ne les dérangeraient pas de proposer aux patients des technologies de santé sans avoir apporté la moindre démonstration de leur efficacité et de leur innocuité.

L’avènement des méthodes numériques dans le monde de la santé va obliger à faire évoluer les méthodes d’évaluation, tout en gardant la même finalité, qui est de prouver que ces nouvelles technologies de santé sont utiles aux patients. La réalisation d’études cliniques de qualité ne devrait plus être considérée comme une contrainte réglementaire. Bien au contraire, la seule façon de valoriser une innovation en santé dans l’intérêt du patient est de réaliser une étude clinique probante.

Récemment, une revue a classé les 10 meilleures innovations médicales de l’année 2017. L’une d’elles, qui a attiré notre attention, concerne un dispositif médical implantable censé traiter les symptômes de l’apnée du sommeil. Cette maladie est de plus en plus fréquente dans nos sociétés occidentales. Non traitée, elle peut avoir des conséquences graves pour le patient – elle peut notamment être responsable de maladies cardiovasculaires. De fait, cette technologie parait potentiellement très intéressante pour les patients. Elle a fait l’objet d’une étude clinique publiée dans une grande revue scientifique.

Innovation technologique ou innovation de santé?

Malheureusement, cette étude ne permet pas de savoir si ce dispositif médical fait mieux que les autres traitements qui sont proposés au remboursement actuellement. On attend d’un dispositif considéré comme innovant qu’il soit plus efficace que les autres traitements, sur la réduction des symptômes de l’apnée du sommeil, et prévienne la survenue des accidents cardiovasculaires.

Cette étude publiée dans une grand journal scientifique nous laisse sur notre faim. Elle ne contribue pas à valoriser à sa juste valeur ce soit disant dispositif innovant. L’innovation thérapeutique aurait eu tout son sens si, en comparant ce dispositif aux autres traitements, cette étude avait démontré une amélioration significative de l’état de santé des patients atteints d’apnée du sommeil. Elle nous interroge sur la nécessité de faire le distinguo entre une innovation technologique et une véritable innovation de santé, qui ait un impact favorable sur la maladie des patients par rapport aux thérapeutiques existantes.

Une réflexion doit toutefois être menée sur la méthodologie des études en fonction du contexte. Un accompagnement, mais surtout une anticipation pour la mise en oeuvre d’études cliniques probantes s’impose, devant le développement de la robotique et du numérique par exemple. Des pays comme les États-Unis ont mis en place des groupes de travail sur les données en condition de vie réelle. Les agences d’évaluation constatent que les sources de données cliniques en condition de vie réelle sont nombreuses et variées, les fameuses « big data », qui pourraient être utilisées pour l’évaluation de certaines thérapeutiques.

Mesurer la qualité de vie des patients

Il y a besoin de simplifier l’accès à toutes ces données, sans pour autant remettre en cause le dogme essentiel de la qualité des données. Cependant, pour ces mêmes auteurs, ces données ne remettent pas à cause les études cliniques que nous qualifierons de conventionnelles. Le choix du type d’étude doit être adapté à la problématique de la technologie de santé que l’on souhaite évaluer.

Des groupes de recherche se sont intéressés aux méthodes qui mesurent la qualité de vie des patients, qui est vraisemblablement insuffisamment prise en compte au cours des évaluations des produits de santé. L’e-santé va s’intéresser bien souvent aux parcours de soins des patients atteints de maladies chroniques, et l’évaluation de la qualité de vie devient essentielle, tout comme la préférence des patients. Ce rapide tour d’horizon des nouveaux enjeux montre que les études cliniques seront non seulement utiles mais indispensables. On ne fera pas l’économie des données sur la qualité de vie pour l’évaluation des nouvelles technologies.

La vraie difficulté, ce n’est pas l’étude en elle-même mais l’environnement réglementaire, qui peut décourager de mener à bien une étude clinique. Les nouvelles dispositions réglementaires vont-elles réellement simplifier et faciliter la mise en place des études cliniques?

Autre source de difficultés, la recherche de financements pour mener à bien une étude clinique. Dans notre pays, les sources de financement sont nombreuses mais souvent peu lisibles. Pour les petites entreprises, lever des fonds est un parcours du combattant.

En conclusion, les études cliniques conventionnelles sont toujours nécessaires pour l’évaluation des nouvelles technologies. Les études cliniques ne sont pas un frein au développement des innovations en santé. En revanche, la nécessité de mener une réflexion sur l’accès à des données de qualité doit s’imposer en France, comme c’est le cas dans d’autres pays. Chaque fois que c’est possible, une étude du plus haut niveau de preuve devra être proposée. Enfin, la mesure de la qualité de vie et de la préférence des patients devra faire partie des méthodes d’évaluation des nouvelles technologies impliquées dans des parcours de soins.

Le professeur Alain Bernard est chef de pôle au CHU de Dijon et ancien vice-président de la CNEDIMTS (Commission nationale d’évaluation des dispositifs médicaux et des technologies de santé) à la Haute autorité de santé.

Source : Pr Alain Bernard: « Comment bien évaluer les innovations en matière de santé? »

Verso conseil les professions de santé dans la mise en place de leurs projets en matière d’innovation technologiques

QUELQUES CHIFFRES SUR LES REMBOURSEMENTS DE SOINS DU REGIME GENERAL EN 2017

En 2017, les remboursements de soins du régime général ont progressé de +3,1%, et de +3,2% pour les remboursements de soins de ville. Pour rappel, cette évolution n’est pas le résultat de l’évolution de l’Ondam compte tenu des écarts entre ces deux notions (cf. image dans l’article).

En données brutes, l’évolution annuelle est de 2,7% pour le total des remboursements du régime général et 2,6% pour les remboursements de soins de ville.
En données corrigées des variations calendaires, l’augmentation 2017 des remboursements de soins de ville est de 0,6 point plus rapide qu’en 2016 (+3,2% en 2017 contre +2,6% en 2016 et +2,4% en 2015).

L’année 2017 s’inscrit donc en légère accélération par rapport aux deux dernières années de remboursements de soins. Les remboursements de soins de ville en 2017 sont principalement marqués par :
• Une augmentation des remboursements d’honoraires médicaux et dentaire ;
• Une accélération des remboursements de médicaments qu’ils soient délivrés en officine ou rétrocédés ;
• Une augmentation des remboursements d’indemnités journalières ;
• Des évolutions des soins des auxiliaires médicaux, des dispositifs médicaux et des transports sanitaires qui se maintiennent à des niveaux comparables à 2016 ;

L’analyse plus détaillée des postes de dépenses fait apparaître les évolutions suivantes :

En données corrigées des variations calendaires, les remboursements de soins de médecins et dentistes progressent de +3,6% en 2017 (après +2,7% en 2016 et +2,8% en 2015).
• Les remboursements de médecine générale augmentent de +3,6% (+1,6% en 2016 et +1,3% en 2015). Cette accélération résulte de l’augmentation du tarif de la consultation de 23 à 25 euros à partir de mai 2017.
• L’évolution des remboursements des soins de médecine spécialisée s’établit à +3,6% en 2017, contre +3,1% en 2016 et +3,4% en 2015. Celle-ci est portée par les actes techniques qui représente presque 70% des remboursements de soins des spécialistes et par des mesures tarifaires intervenues sur les consultations des spécialistes dans la convention médicale de 2016.
• Les remboursements de soins dentaires progressent de +2,1% en 2017 (+1,4% en 2016 et +2,7% en 2015).

Au sein des soins d’auxiliaires médicaux, dont les remboursements augmentent de 4,1% en 2017 (+4,2% en 2016 et +4,8% en 2015), les soins infirmiers connaissent l’évolution la plus élevée mais présentent une légère décélération (+4,2% en 2017 contre +4,5% en 2016 et +5,2% en 2015).

A contrario, les remboursements de soins de masso-kinésithérapie progressent de +3,9% en 2017 soit une légère accélération (+3,6% en 2016 et +3,1% en 2015).

Les laboratoires augmentent un peu plus faiblement en 2017 qu’en 2016 avec une évolution de +1,1% mais largement plus rapidement que les années précédentes (+1,9% en 2016, -0,5% en 2015 et -0,6% en  2014). Cette évolution est marquée par une augmentation de l’activité des laboratoires durant l’été 2017 suite à une augmentation des volumes des dosages sanguins de la thyréostimuline (TSH) dans le cadre du changement de conditionnement du Lévothyrox.

Les remboursements de produits de santé, médicaments et produits de la LPP, aboutissent à une progression assez élevée de +2,3% en 2017 après deux années de plus faible croissance (+1,3% en 2016 et +1,2% en 2015). Cette dynamique résulte aussi bien d’une augmentation des remboursements des médicaments délivrés en ville (+0,7% en 2017 contre -0,1% en 2016 et -0,5% en 2015) que de la rétrocession hospitalière (+7,2% en 2017 contre +2,6% en 2016 et +4,7% en 2015).

Les remboursements des autres produits de santé, et en particulier ceux de la liste des produits et prestations restent dans la même dynamique que l’année précédente avec une évolution de +5,1% en 2017 (+5,2% en 2016 et +5,7% en 2015).

Les dépenses de transports sanitaires restent elles aussi sur le même niveau qu’en 2016 avec une évolution de +4,5% en 2017 (+4,3% en 2016 et +3,6% en 2015).

Les remboursements des indemnités journalières présentent une accélération en 2017 (+4,6% en 2017 contre +3,7% en 2016 et +3,1% en 2015).

L’évolution des versements aux établissements de santé est de +1,2% en 2017. Concernant les soins hospitaliers de court séjour (médecine chirurgie et obstétrique) la progression est de +1,2% pour les établissements publics et de +1,4% pour les établissements privées, dont les tarifs ont baissé en mars 2017 comme en 2016 et en 2015. Les dépenses liées aux hospitalisations en psychiatrie et en soins de suite et de réadaptation s’accroissent de +2,3% et de +0,9%.

Les versements aux établissements médico-sociaux progressent de +10,5%, dont les établissements et services pour personnes âgées progressent de +3,4%. La progression rapide du poste médico-social provient en grande partie d’un changement du financement des dotations de fonctionnement des établissements et service d’aide par le travail (ESAT) à l’Assurance Maladie, voté lors de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2016 et effectif au 1er janvier 2017.

Au total, les dépenses du régime général progressent en 2017 de +3,1% en données corrigées des jours ouvrés et des variations saisonnières.

Verso accompagne les professionnels de la santé.

Inauguration du premier centre de santé départemental en France

Première en France, la Saône-et-Loire a inauguré ce jeudi le premier site de son centre de santé départemental.

Trois autres ouvriront dans les semaines à venir, à Autun, Chalon-sur-Saône et Montceau-les-Mines, pour compléter le dispositif de lutte contre la désertification médicale.

Matériel médical, magazines et jouets d’enfants, coin accueil : à l’intérieur du bâtiment jaune aux volets bleus situé en plein centre de Digoin, ville de quelque 8 000 habitants, tout est prêt pour accueillir, à partir du 6 février, patients et professionnels.

Dans ce département qui compte 110 médecins généraliste pour 100 000 habitants, contre 132 en moyenne dans le pays, 10 médecins généralistes ont été embauchés en décembre par le département qui espère en recruter une trentaine en tout d’ici à la fin de 2018. Sous contrats de 35 heures par semaine annualisées, pour une rémunération mensuelle entre 4 500 et 6 000 euros nets, ils seront répartis sur les 4 sites du centre de santé.

Certains d’entre eux sont de jeunes médecins, d’autres sont plus expérimentés, mais fatigués d’exercer en libéral. « Je vais diviser mon temps de travail par deux. Je suis très fier de participer à ce projet novateur », se félicite André Buttner, 61 ans, qui était jusqu’ici médecin rural dans l’Yonne. Quant au généraliste parisien Gérard Delafond, « son souhait est de faire moins de comptabilité et de (se) recentrer sur les soins médicaux »« C’est un vrai signe d’espoir » pour le maire de la ville, Fabien Genet.

Ce centre, dont le budget de départ s’élève à 2 millions d’euros « pour mettre en route la machine », ne vient pas « en concurrence avec la médecine libérale, au contraire. On souhaite la soulager en apportant une offre complémentaire », indique le président du conseil départemental, André Accary.

Source : Inauguration du premier centre de santé départemental en France

Verso accompagne les professionnels de la santé vers le développement des centres de santé.

3 089 établissements, 910 maisons de santé, 20 millions de passages aux urgences… : le système de santé déchiffré par la DGOS

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La Direction générale de l’offre de soins (DGOS, ministère de la Santé) vient de dresser un panorama exhaustif et actualisé du système de santé français dans ses « chiffres clés », publiés cette semaine.

Plus d’hôpitaux, plus de séjours

On recense exactement 3 089 établissements hospitaliers en France : 1 389 sont publics (45 %), 1 009 privés à but lucratif (33 %) et 691 privés d’intérêt collectif (ESPIC, 22 %). Le parc hospitalier dispose de 408 245 lits (dont 253 364 dans le public) et de 72 789 places.

La DGOS comptabilise donc près de 400 hôpitaux de plus que dans son panorama 2015, où elle recensait 2 694 établissements – dont 947 structures publiques (35 %), 1047 cliniques et 700 ESPIC.

Autre nouveauté : le déploiement de 135 groupements hospitaliers de territoire (GHT) regroupant 891 établissements.

L’activité est en augmentation avec 18,6 millions de séjours MCO comptabilisés en 2016 (pour 12,2 millions de patients), soit un demi-million de plus qu’en 2015.

Les 645 services d’urgence ont enregistré 20,3 millions de passages et les services d’aide médicale urgente (SAMU) reçu 28 millions d’appels. Le ministère recense aussi 339 maisons médicales de garde (MMG) et 580 médecins correspondants du SAMU.

Le boom de l’ambulatoire

Depuis 2014 et le croisement des courbes de chirurgies conventionnelle et ambulatoire, la prise en charge en moins de 12 heures poursuit sa progression. Agnès Buzyn a fixé à 70 % le nouvel objectif de taux de recours pour 2022 (56,8 % aujourd’hui).

L’hospitalisation à domicile (HAD) a réalisé 4,9 millions de journées en 2016 pour 110 000 patients avec une moyenne de 27,6 jours d’hospitalisation. Une activité en progression mais encore minoritaire dans le paysage sanitaire français.

Davantage de médecins salariés

Tous modes d’exercice confondus, on recense 223 571 praticiens. Un peu moins d’un sur deux (105 872) travaille exclusivement en ville et 24 134 ont un exercice mixte. Le reste des effectifs se répartit entre 66 596 praticiens hospitaliers (30 % du total) et 26 969 autres salariés (12 %). Le nombre de salariés est en légère augmentation quand le nombre de libéraux stagne. La DGOS comptabilise également 28 737 internes et 42 800 étudiants en médecine.

Les maisons de santé pluridisciplinaires ont connu un essor rapide en cinq ans. En 2017, on dénombre 910 MSP contre seulement 174 en 2012… 1 933 centres de santé sont en fonctionnement.

La tutelle recense 30 plateformes territoriales d’appui (PTA, censées accompagner les professionnels lorsqu’ils se trouvent en difficulté dans la gestion d’une situation complexe) et 65 communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS).

Les aides et dispositifs de lutte contre les déserts médicaux montent en puissance. Depuis le lancement du dispositif en 2013, les jeunes médecins ont signé 2 281 contrats d’engagement de service public (CESP, permettant aux étudiants en médecine et odontologie de percevoir 1 200 euros par mois s’ils s’engagent à s’installer dans une zone sous-dotée pour une durée équivalente). C’est près de 500 de plus qu’en 2016.

Quelque 800 contrats de praticiens territoriaux de médecine générale (PTMG) ont été signés. Le contrat de PTMG vise à apporter une garantie de revenus pendant 2 ans à des jeunes médecins en contrepartie d’une installation dans une zone fragile (6 900 euros brut par mois) et une protection sociale améliorée en cas de maternité ou paternité. Le dispositif a été décliné en contrats de praticien territorial de médecine ambulatoire (PTMA).

2,5 millions de patients ont été pris en charge en télémédecine via les expérimentations ETAPES. Les négociations conventionnelles doivent faire entrer les téléconsultations et la télé-expertise dans le droit commun. 195 projets de télémédecine ont été financés par les agences régionales de santé (ARS), dont 80 % impliquent au moins un établissement et 42 % la médecine de ville.

Source : 3 089 établissements, 910 maisons de santé, 20 millions de passages aux urgences… : le système de santé déchiffré par la DGOS

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Les Français plébiscitent l’intelligence artificielle dans le domaine de la santé

Pour une écrasante majorité des personnes interrogées (85%), cette technologie s’annonce comme une véritable révolution, au même titre qu’internet quelques années auparavant.

L’intelligence artificielle, de plus en plus implantée dans les appareils high-tech à travers l’apprentissage automatique de certaines tâches, n’affole pas les Français pour qui il s’agit même d’une véritable révolution technologique en marche, selon une enquête CSA Research pour France Inter et Libération.

Cette notion d’intelligence artificielle est désormais bien connue des Français qui sont 94% à en avoir déjà entendu parler, même si un peu plus d’un sur deux seulement (54%) pense réellement savoir de quoi il s’agit.

Pour une écrasante majorité des personnes interrogées (85%), cette technologie s’annonce comme une véritable révolution, au même titre qu’internet quelques années auparavant. Parmi eux, 80% estiment que cette « révolution » interviendra rapidement, dans les 10 ans qui viennent. D’une manière générale, les Français éprouvent un sentiment plutôt positif au regard de ces nouvelles technologies : 45% des sondés se disent au premier abord curieux, 9% enthousiastes et 5% carrément passionnés par l’intelligence artificielle. Au contraire, 15% avouent être inquiets, 7% dépassés et même 5% menacés par rapport aux perspectives qu’elle offre à l’avenir.

Loin d’être une notion abstraite, l’intelligence artificielle fait désormais partie du quotidien d’un quart des Français. Pour 55% des personnes interrogées, elle est en train de le devenir, ce qui signifie que 8 Français sur 10 estime que l’intelligence artificielle est ou va bientôt devenir incontournable. Au final, l’intelligence artificielle se fait surtout sentir dans les tâches administratives (59%), dans la voiture (53%), dans les domaines de la santé (34%) et de la gestion de la maison (31%).

Dans l’absolu, les Français estiment que l’intelligence artificielle représente une opportunité pour la recherche scientifique (83%), la santé (72%), la vie quotidienne (54%) ou encore l’enseignement (53%). A l’inverse, ce serait plutôt une menace pour la protection de la vie privée (70%), l’emploi (64%) et les relations entre les gens (62%). Près de la moitié des sondés (48%) estime par ailleurs que leur propre travail pourrait à terme être effectué par une machine. Ils sont même 43% à penser qu’un jour les robots prendront le pouvoir sur les humains !

Source : Les Français plébiscitent l’intelligence artificielle dans le domaine de la santé

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Baromètre santé 360° : L’humain dans la santé

 CHAPITRE I- La place du patient

Beaucoup de points très positifs s’agissant de la place actuelle du patient dans la santé : Plus de 9 patients sur 10 sont satisfaits de leur dernière visite en établissement de santé et on enregistre un très haut niveau de satisfaction détaillée des patients quant à leur relation avec les divers interlocuteurs hospitaliers, surtout s’ils sont soignants (77% à 92%). Surtout l’hôpital est « HUMAIN » : plus de 8 patients sur 10 estiment qu’ils ont été bien traités, écoutés, compris, or l’HUMAIN est justement le facteur clé n°1 de recommandation d’un établissement de santé.

Mais, des points de vigilance émergent s’agissant du dialogue, de la communication et des informations transmises aux patients : Pour les médecins, les informations données lors de l’hospitalisation ne sont ni bien comprises (77%), ni bien retenues et assimilées (80%) par les patients et souvent, le compte-rendu d’hospitalisation n’est pas remis au patient à sa sortie. De même, l’information donnée sur les médicaments administrés est très perfectible : seulement 31% des médecins pensent que leurs patients sont correctement informés. « Trop » de transparence en revanche concernant les discussions sur l’état de santé du patient devant ses proches (parfois sans même le consulter préalablement) : cette pratique est encore trop fréquente. Enfin, la consultation constitue un autre axe d’amélioration : les médecins surestiment la diversité des sujets qui y sont abordés, et nombre de patients et une majorité de médecins critiquent le temps laissé au dialogue et à l’écoute.

CHAPITRE II-La place du médecin

Relation patients-médecins : Plus de 9 Français sur 10 sont satisfaits de leur médecin, une satisfaction stable quel que soit le profil du médecin. Etre soigné par un médecin-homme ou un médecin-femme indiffère totalement les Français : 71% refusent de choisir, et lorsqu’ils ont une préférence, celle-ci s’explique le plus souvent pour des raisons d’intimité de l’examen en question. Cela ne signifie pas que nul problème de laïcité n’existe, 45% des médecins dit avoir déjà vu un patient refuser un soignant en raison de son genre pour des motifs religieux, mais ces problèmes reposent en fait sur un nombre extrêmement limité de patients.

Climat social : 78% des médecins sont satisfaits de leur travail, 68% à 95% sont satisfaits de leurs relations avec leurs collègues, patients ou supérieurs éventuels, et ils sont même plus satisfaits que les Français du contenu de leur travail : leur niveau de satisfaction est exceptionnel sur l’intérêt (94%) et l’utilité (96%) de leur travail. Inversement, ils sont plus critiques que les Français sur la reconnaissance de leur travail (60% de mécontentement) et leurs perspectives d’évolution (61%). Enfin, ils se singularisent par un flagrant manque de temps pour accomplir leur travail (72%) et de pauses (60%) et donc, par un niveau de stress professionnel supérieur à celui des Français.

CHAPITRE III-Avenir de l’humain dans la santé

Le développement des nouvelles technologies est le premier levier permettant de laisser une plus grande place à l’humain dans la santé et au dialogue soignants/patients : à l’exception des robots avec lesquels 6 Français sur 10 ne seraient pas prêts à interagir, la quasi-totalité des outils connectés de santé testés dans l’étude sont perçus par les Français et les patients comme permettant « d’apporter plus d’humanité ». Il reste à en convaincre les médecins qui sont une majorité (55%) à estimer au contraire que les nouvelles technologies détérioreront les relations en limitant encore les contacts humains.

Le second levier pour l’avenir est l’accentuation de la démarche de démocratie sanitaire et le développement des relations avec les associations de patients : La démocratie sanitaire est méconnue par les Français, mais une fois qu’on leur explique de quoi il retourne, 8 Français sur 10 pensent que c’est une démarche qui peut améliorer la qualité de notre système de santé. Réciproquement, les associations de patients gagneraient à se faire davantage connaître du grand public car elles jouissent d’une bonne image tant auprès des Français, que des patients et de leurs proches.

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Source : Baromètre santé 360° : L’humain dans la santé

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