Intelligence artificielle. Médecine et patient ont tout à gagner du numérique

Sébastien Nivet est à la tête d’une équipe de 14 personnes, essentiellement des ingénieurs en biologie, ingénierie et optique. Tous travaillent à mettre le numérique et l’intelligence artificielle en général, au service de la médecine. Le directeur de la jeune start-up rennaise, VitaDX, a présenté, mardi, devant la centaine de professionnels de santé et d’acteurs du numérique bretons réunis à la cité de la voile de Lorient, « l’enjeu sociétal » que représente le numérique appliqué au milieu médical.

Où en est-on de l’utilisation du numérique aujourd’hui ?

On n’en est qu’aux prémices. Il y a peu d’outils qui utilisent toutes les informations liées aux patients que ce soit dans l’approche diagnostique ou thérapeutique. Elles sont aujourd’hui massives mais non disponibles car elles restent concentrées dans les établissements de santé. Quand on est hospitalisé, leurs services collectent tout un tas d’éléments sociaux, démographiques, épidémiologiques, cliniques (résultats d’examens ou de biologie, imageries, traitements médicamenteux ou chirurgicaux). Toutes ces informations sont là mais ne sont pas à disposition au regard des contraintes liées au respect des données personnelles. Or, il n’y a aucun risque de transgression car on n’a pas besoin de l’identité du patient pour les utiliser et tout doit rester confidentiel.

Quels bénéfices pour la santé ?

C’est maintenant que doit s’opérer le virage du numérique car l’enjeu est, en cernant bien le parcours de santé de chacun, d’avoir une meilleure prise en charge de la population au travers la prédiction d’une maladie pour mieux l’anticiper et de son diagnostic, permettant ainsi de mieux la traiter. En utilisant les données relatives à différents patients répondant à un même profil, l’intelligence artificielle se nourrit des retours d’expérience et offre une stratégie thérapeutique plus ciblée au patient. Ce sont des milliards de données, à l’échelle française, qui sont actuellement inexploitées faute d’être accessibles par des organismes académiques (laboratoires de recherche) et partenaires industriels (industries pharmaceutiques et du dispositif médical) et d’être centralisées par un organisme de santé publique.

 

Quels secteurs ont le plus à gagner ?

S’agissant de notre spécialité qui est le cancer de la vessie, sont surtout concernés les urologues qui pourront prendre en charge plus précocement leurs patients en choisissant la meilleure option thérapeutique car plus on est diagnostiqué tôt, plus l’arsenal des protocoles est large et les anatomopathologistes. Cela permettra de les accompagner dans leur prise de décision pour qu’elle soit la plus juste possible et qu’ils la prennent en toute confiance. Toutes les spécialités sont concernées car l’enjeu est de passer d’une médecine curative à une médecine préventive. Il est aujourd’hui plus facile d’accéder à des données sur des pathologies qui font l’objet de campagnes de prévention massives comme les cancers du côlon, col de l’utérus, sein, mélanomes car il y a un cumul d’informations qui s’est fait au fil des ans, permettant d’avoir une expertise médicale forte. À l’inverse, pour les maladies rares, la mise en place de l’outil numérique sera beaucoup plus difficile car on n’aura pas le même recul faute de données.

Source : Intelligence artificielle. Médecine et patient ont tout à gagner du numérique

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