Les mardis de la Radiologie: Radiophobie, radioprotection ou radioprécaution

Le Pr Michel Bourguignon et le Pr Hubert Ducou Le Pointe ont fait le point, le 6 mars 2018 lors des « Mardis de la Radiologie », sur les déterminants de la radioprotection en milieu médical. Justification, optimisation et niveaux de références diagnostiques ont ainsi été présentés aux associations de patients et aux journalistes.

Ortus

L’agence de communication Ortus organisait, le 6 mars 2018, « Les mardis de l’imagerie » de la Société Française de Radiologie (SFR).

Faire connaître les risques radiologiques au plus grand nombre

Cette réunion animée par le Pr Hubert Ducoup Le Pointe, Responsable du Comité radioprotection de la SFR et le Pr Michel Bourguignon, de l’Institut de Radioprotection et de Sureté Nucléaire (IRSN) et intitulée est « Radiophobie, radioprotection ou radioprécaution », avait pour objectif de faire le point sur les déterminants actuels de la radioprotection auprès des associations de patients et des journalistes présents. C’est le Pr Jean-François Meder, Président de la SFR, qui a ouvert la session, rappelant qu’il était du devoir de la Société savante de faire connaître les risques inhérents à la pratique radiologique, tant pour les professionnels que pour le grand public.

Des sources médicales bien inférieures aux doses naturelles

Le Pr Bourguignon a ensuite réalisé une présentation générale de l’exposition de la population aux rayonnements ionisants de différentes origines, naturelles, médicales, industrielles ou militaires, annonçant en préambule que l’exposition aux rayonnements médicaux reste de niveau inférieur à l’exposition naturelle, autour de 1,6 millisievert. Il est revenu sur le problème des faibles et très faibles doses dont les effets ne sont pas encore connus avec assez de précision. Le Pr Bourguignon a souligné que la radiologie diagnostique et interventionnelle émettent des doses bien en deçà d’une imputabilité potentielle de cancer mais qu’elles ne sont pas anodines pour les patients et leur environnement, au même titre que les radiations naturelles, ou même que la pollution ou l’alimentation.

La justification et le rapport bénéfice/risque

Le Pr Bourguignon est ensuite revenu sur les deux principes essentiels à respecter pour atteindre une radioprotection satisfaisante: la justification et l’optimisation. Pour le premier, il a expliqué la pertinence du rapport bénéfice/risque que doit prendre en compte le prescripteur et a rappelé l’existence du « guide du bon usage des examens d’imagerie » élaboré par la Conseil National de la Radiologie Française (G4) et qui lui permet, en fonction de la pathologie suspectée de choisir l’examen le plus adapté. Il a également rappelé la possibilité, pour le radiologue, de modifier toute demande d’examen et d’y substituer un examen utilisant les rayons X par une échographie ou une IRM par exemple.

Ne pas passer à côté d’un bon diagnostic par défaut d’irradiation

Le Pr Ducou le Pointe a ainsi remarqué que, « si les courriers adressés au comité Radioprotection de la SFR montrent que la crainte des patients est centrée essentiellement autour du risque de cancer, il ne faut pas empêcher les traitements prodigués dans l’intérêt des patients, sans minimiser les risques. » Son propos rejoignait ainsi les recommandations des promoteurs du AHARA (As High As Reasonably Achievable) en opposition au ALARA (As Low As …). Certaines explorations irradiantes doivent en effet être réalisées pour donner le plus de chances de guérison aux patients.

Le benchmarking des centres de radiologie par les niveaux de référence diagnostiques

Le second principe de radioprotection est donc l’optimisation, qui correspond à l’engagement du radiologue à optimiser les paramètres de ses machines pour diminuer le plus possible les doses de rayonnements ionisants sans compromettre la qualité de l’image en vue d’un bon diagnostic. Le Pr Bourguignon a fait référence ici aux niveaux de référence diagnostiques, le processus de benchmarking national des doses émises par chaque modalité de radiologie qui permet de comparer, à machines égales, les pratiques de chaque service et les irradiations délivrées. Il a enfin évoqué un élément nouveau et très prometteur pour la radioprotection personnalisée des patients. Il s’agit d’une prise de sang permettant d’évaluer la radiosensibilité individuelle des patients liée à la mutation de certains gènes dont on peut être porteur sans en avoir connaissance, comme la mutation BRCA1/2.

Bruno Benque

Source : Les mardis de la Radiologie: Radiophobie, radioprotection ou radioprécaution

Verso accompagne les radiologues pour faire connaître les risques radiologiques au plus grand nombre.

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