Comment BoneTag veut rendre les prothèses de genou « intelligentes »

@bonetag : La start-up perpignanaise BoneTag développe avec l’Institut d’Electronique et des Systèmes de l’université de Montpellier un dispositif médical implantable, utilisant des capteurs et la technologie RFID passive, pour identifier les prothèses de genou, assurer la traçabilité et le monitoring. Au CES 2018 de Las Vegas, BoneTag recherche notoriété et investisseurs. La jeune pousse souhaiterait lever 5 millions dans un an.

Comment BoneTag veut rendre les prothèses de genou intelligentes
Comment BoneTag veut rendre les prothèses de genou « intelligentes »© BoneTag

2,5 millions de prothèses de genou sont implantées chaque année dans le monde, dont 800 000 en Europe et 100 000 en France. Mais une fois en place, comment évoluent les implants ? Pour assurer l’identification, la traçabilité et le monitoring de ces prothèses, la start-up BoneTag, fondée en mars 2014 par Stéphane Naudi, chirurgien orthopédiste à Cabestany (Pyrénées-Orientales), propose un dispositif médical implantable.

De la taille d’une carte SIM, le dispositif électronique passif est doté d’une antenne miniaturisée et de capteurs (de température pour détecter une infection, de pression pour déterminer l’adhérence à l’os). Inséré dans un boîtier biocompatible et étanche, le dispositif est placé dans une encoche de la prothèse de genou. Lors d’une consultation, un lecteur-scanner à courte distance interroge le dispositif et récupère les données, lues sur un logiciel de visualisation 3D. Autre avantage du dispositif : pouvoir créer une base de données Internet des prothèses, registre qui n’existe pas à ce jour.
COLLABORATION AVEC L’INSTITUT D’ÉLECTRONIQUE ET DES SYSTÈMES

Si le siège social et l’administratif de BoneTag se situent à Perpignan, le développement a lieu à Montpellier. « Quand j’ai eu l’idée, se souvient Stéphane Naudi, j’ai cherché des compétences et je les ai trouvées à l’IES à Montpellier. » L’innovation a été mise au point avec des chercheurs de l’Institut d’électronique et des systèmes (IES) de l’université de Montpellier, où est incubé BoneTag. Elle bénéficie techniquement de la collaboration avec deux fabricants (le leader français des prothèses pour les articulations des membres inférieurs, Amplitude, et une société australienne) et financièrement, d’un programme de maturation de la SATT AxLR jusqu’à la fin 2018. Plusieurs brevets ont été déposés au niveau international. « Aujourd’hui, nous en sommes à la version finale du prototype », avance l’ingénieur R&D Mélusine Pigeon, du voyage à Las Vegas. Après les phases de pré-séries et tests cliniques, le marquage CE et l’homologation FDA sont espérés fin 2019. La production sera « made in France »: « J’ai trouvé un fabricant près de Montpellier« , indique Stéphane Naudi.

 

A LA RECHERCHE DE FONDS

« Le CES est une très bonne occasion pour l’équipe de pitcher en anglais », lance le président de BoneTag, resté à Perpignan pour des interventions (il est toujours chirurgien, à mi-temps). BoneTag se poste sur l’Eurêka Park en compagnie des jeunes pousses accompagnées par la région Occitanie et l’agence Sud de France Développement. Cette dernière a entraîné en amont à l’exercice de la présentation. « Elle nous a aussi incité à une grande vigilance sur la cyber-sécurité et l’espionnage industriel « , note Mélusine Pigeon.

Au CES 2018, BoneTag cherche à se faire connaître et à trouver des investisseurs. Stéphane Naudi, qui discute d’un prêt avec Bpifrance, indique avoir besoin de « 5 millions d’euros dans un an : 2 iraient au lancement du dispositif pour la prothèse du genou, 3 pour la déclinaison aux prothèses de hanche, d’épaule, et le développement de nouvelles fonctions comme l’imagerie 4D. Nous devrons aussi chercher des locaux, le plus près possible de l’IES. » Cinq recrutements devraient renforcer l’équipe de 5 salariés : un ingénieur qualité supplémentaire, un ingénieur informatique, des assistants techniques et business développeurs.

 

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