Insuffisance cardiaque : première implantation en France d’un dispositif de resynchronisation cardiaque sans fil, à Grenoble

La première implantation française d’un dispositif de stimulation endocardique sans fil pour le traitement de resynchronisation cardiaque, indiqué en cas d’insuffisance cardiaque, a été réalisée au CHU de Grenoble-Alpes (Chuga), selon un communiqué diffusé par l’établissement de santé mardi.

A l’heure actuelle, le traitement de resynchronisation cardiaque pour les patients souffrant d’insuffisance cardiaque repose sur la stimulation biventriculaire. Il peut exister des échecs de cette technique, en raison notamment de la variabilité du sinus coronaire d’un patient à l’autre, souligne Pascal Defaye. Entre 30% et 40% des patients qui reçoivent un dispositif de resynchronisation cardiaque conventionnel ne répondent pas au traitement ou subissent des échecs liés à la dérivation (ou fil) du dispositif, souligne l’établissement.

L’implantation réalisée au Chuga rentre dans le cadre d’un projet de recherche international commun à la France, l’Allemagne, l’Italie et le Royaume-Uni. Un total de 150 patients ont été inclus pour la première étape de « validation de la technique », qui se poursuit jusqu’à fin 2018, a expliqué mardi à APMnews le responsable du service de rythmologie et stimulation cardiaque du pôle thorax et vaisseaux du Chuga, le Pr Pascal Defaye, qui a procédé à cette première implantation en France. Les implantations ont débuté il y a 3-4 mois dans les 3 autres pays, a-t-il précisé.

Ce nouveau dispositif, conçu par la start-up californienne EBR System, repose sur une stimulation à distance: une petite électrode de 6 mm est implantée dans le ventricule gauche tandis qu’une batterie, disposée sous la peau au niveau pectoral, lui « transmet l’énergie à distance », ce qui permet d’éviter l’utilisation de fil, a expliqué le cardiologue. Pour ce faire, la batterie est reliée à un transmetteur qui est localisé au niveau de l’espace intercostal. Ce transmetteur envoie des ultrasons qui sont transformés en énergie électrique par l’électrode cardiaque.

« La batterie peut être changée très facilement et l’électrode a une longévité infinie », a noté Pascal Defaye. Un autre avantage, a-t-il expliqué, est que l’électrode finit par être encapsulée par le tissu cardiaque. De fait, elle « ne gêne pas le fonctionnement du coeur« .

L’intervention s’est déroulée en deux étapes, avec l’implantation du dispositif à ultrasons et de la batterie dans un premier temps, puis, quelques jours plus tard, de l’électrode de stimulation dans le ventricule gauche, sous sédation.

Pascal Defaye a précisé qu’une étude randomisée internationale (SOLVE-CRT) serait débutée en 2018 afin de déterminer, sur 350 patients souffrant d’insuffisance cardiaque, l’efficacité du dispositif de stimulation endocardique sans fil par rapport à la stimulation biventriculaire standard.

Le coût de ce dispositif devrait être équivalent à celui des méthodes actuellement employées, a estimé le cardiologue.

Source : Insuffisance cardiaque : première implantation en France d’un dispositif de resynchronisation cardiaque sans fil, à Grenoble

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