PLFSS 2018 : les radiologues attendent la fin de l’examen – Et sont un peu défaitistes

Les sénateurs ont rejeté les articles du PLFSS 2017 permettant au directeur de l’UNCAM de fixer les tarifs d’imagerie sans passer par les négociations conventionnelles. Mais les députés pourraient bien être plus conservateurs et ignorer leurs aînés, au grand regret des radiologues.

Nicolas Revel, le directeur de l’UNCAM, perdra-t-il un peu de son pouvoir sur les radiologues français ? La LFSS de l’année dernière avait été l’occasion de créer un petit article lui donnant la liberté de baisser certains tarifs d’imagerie médicale de manière unilatérale, sans passer par des négociations conventionnelles. Mais en première lecture au Sénat du PLFSS 2018, les parlementaires de la chambre haute ont décidé de les rejeter, un an plus tard.

Deux textes de l’article 99, pour le nommer, sonnent aux oreilles des radiologues comme l’attribution des pleins pouvoirs à l’instance. « L’UNCAM peut prendre des mesures de rétorsion si les radiologues refusent une baisse tarifaire », grogne le Dr Jean-Philippe Masson, président de la Fédération Nationale des Médecins Radiologues (FNMR), contacté par What’s up Doc. « Ces deux articles rompent avec les principes de la négociation conventionnelle et les procédures de fixation des tarifs qui en découlent », explique de son côté Alain Houpert, le sénateur de la Côte-d’Or qui a mené le combat au Parlement pour les radiologues.

La lutte finale à l’Assemblée

L’UNCAM n’avait d’ailleurs pas tardé à faire jouer ses nouvelles prérogatives en imposant une baisse historique des remboursements d’imagerie médicale dès le début de l’année 2017. Une pique qui n’avait pas manqué de faire réagir les radiologues qui, habituellement plutôt discrets, s’étaient cette fois encanaillés en menant une grève massive le 23 mars dernier. Près de 80 % des cabinets de radiologie étaient alors fermés.

La lutte continue donc pour la FNMR, soutenue par la CSMF, et l’amendement des sénateurs pourrait ressembler à une petite victoire. Une victoire de façade seulement, semble penser le Dr Masson, peu optimiste sur l’issue de la guerre. « Je n’y crois pas du tout », confie-t-il à WUD. « L’Assemblée Nationale suit les décisions du gouvernement, et je ne pense pas qu’elle valide la décision du Sénat ».

« Sauvez nos emplois ! »

Environ 9 % des centres d’IRM et 18 % des centres de scanner sont déjà en déficit, d’après le président de la FNMR. Les syndicats craignent une nouvelle offensive du gouvernement l’année prochaine visant à baisser les forfaits techniques. Ce qui mettrait de nombreux centres d’imagerie médicale dans une situation délicate.

S’il n’a pas la foi, le Dr Masson fait contre mauvaise fortune bon cœur. « Je remercie le gouvernement, car il a ressoudé les radiologues dans une action commune. Une grève suivie à 80 %, c’est du jamais vu ! Elle a permis de faire parler de notre profession dans la presse spécialisée et généraliste sous un angle différent de l’habituel radiologue roulant sur l’or ». Les radiologues rejoignent la lutte des classes.

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